Lorsque vous dites un simple « Bonjour » à ChatGPT, cela semble anodin. Mais derrière cette réponse instantanée se cache un réseau mondial de serveurs tournant à plein régime, consommant des quantités d'énergie colossales. La facilité de la conversation cache une infrastructure gigantesque qui alimente chaque jour des milliards d'interactions avec l'IA. Bien qu'OpenAI ne divulgue pas la consommation d'énergie de son chatbot, des estimations suggèrent que les 2,5 milliards de requêtes traitées quotidiennement par ChatGPT consommeraient jusqu'à 850 mégawattheures, soit suffisamment pour recharger des milliers de véhicules électriques chaque jour.L'IA générative repose sur une énorme infrastructure matérielle et énergétique. Toutefois, un rapport publié par SambaNova en janvier 2025 révèle que les entreprises ignorent la consommation d'énergie des systèmes d'IA qu'elles déploient. Seulement 13 % des entreprises surveillent la consommation d'énergie de leurs systèmes, même si 49,8 % d'entre elles se disent préoccupées par l'appétit énergétique et les problèmes d'efficacité posés par l'IA.
OpenAI ne divulgue que peu d'informations sur ses activités, mais les sorties du PDG Sam Altman et les billets de blogues de l'entreprise permettent de glaner quelques informations sur la consommation énergétique de ChatGPT. Sam Altman a laissé entendre qu'une requête moyenne consomme 0,34 Wh.
La puissance énergétique derrière une requête
OpenAI affirme que ChatGPT compte 700 millions d'utilisateurs hebdomadaires et traite plus de 2,5 milliards de requêtes par jours. Si une requête moyenne consomme 0,34 Wh, cela représente 850 mégawattheures. Cela équivaut à peu près à recharger des milliers de véhicules électriques ou à éclairer une petite ville. Certains chercheurs affirment que les modèles les plus intelligents peuvent consommer plus de 20 Wh lorsqu'il s'agit d'une requête complexe.
Avec 2,5 milliards de requêtes par jour, cela représente près de 1 000 milliards de requêtes par an, et ChatGPT pourrait facilement dépasser ce chiffre en 2025 si sa base d'utilisateurs continue de croître rapidement. À l'échelle annuelle, l'activité de ChatGPT avoisine 310 gigawattheures ; c'est autant d'énergie pour alimenter 29 000 foyers américains pendant une année entière, soit presque autant que la population de Jonesboro, dans l'Arkansas.
Bien que massif, ChatGPT n'est qu'une partie de l'IA générative. De nombreuses entreprises utilisent les modèles d'OpenAI via l'API, et des rivaux tels que Gemini de Google et Claude d'Anthropic se développent. En bref, l'IA n'est pas seulement gourmande en calcul, elle est également très coûteuse en énergie.
Les futurs centres de données Stargate d'OpenAI
Le projet Stargate a été annoncé le 22 janvier 2025 par le président Donald Trump. Selon son annonce, OpenAI, Softbank et Oracle vont investir jusqu'à 500 milliards de dollars pour créer une coentreprise appelée Stargate. Cette dernière construira l'infrastructure physique et virtuelle qui alimentera la prochaine génération d'IA, y compris des centres de données dans tout le pays. Le projet vise à permettre aux États-Unis de dominer le secteur de l'IA.
Dans le cadre du projet Stargate, OpenAI et ses partenaires vont construire des centres de données « de classe Stargate » d'une puissance de 1 gigawatt, les plus grandes installations d'IA jamais imaginées. Chacun de ces mégacentres pourrait consommer 8,76 térawattheures par an, d'un réacteur nucléaire entier.
La demande mondiale en infrastructures d'IA est si importante que les experts estiment que nous aurons besoin de 38 centres de données de ce type d'ici 2030 rien que pour répondre à l'utilisation prévue. Cette expansion rapide souligne une vérité plus large : l'IA n'est pas seulement une révolution logicielle, c'est aussi une révolution physique, fondée sur l'acier, le silicium et d'énormes flux d'énergie. Certains mettent toutefois en garde contre une bulle.
Selon un rapport de la Schneider Electric Sustainability Research Institute, en 2025, l'IA générative dans son ensemble devrait consommer 15 térawattheures d'électricité par an. Mais d'ici à 2030, ce chiffre pourrait passer à 347 térawattheures, soit une multiplication par 23. Cela équivaut à la production annuelle de 44 réacteurs nucléaires.
Augmentation de la demande en matière d'IA
La Schneider Electric Sustainability Research Institute s'attend à ce que le nombre moyen de requêtes quotidiennes augmente considérablement au cours des cinq prochaines années. Selon une estimation de l'organisation concernant la consommation énergétique globale à l'horizon 2030, le monde pourrait alors enregistrer jusqu'à 329 milliards de requêtes par jour, soit environ 38 requêtes par jour et par personne vivant sur la planète Terre.
Cela représente au total environ 120 000 milliards de requêtes par an. (Ce chiffre repose sur l'hypothèse d'une population mondiale de 8,6 milliards d'individus en 2030, selon les dernières estimations des Nations Unies.) Aussi irréaliste que cela puisse paraître, cette prévision est rendue plausible par les...
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