Des centaines d'utilisateurs de Google AI Ultra, qui paient jusqu'à 249 dollars par mois, se sont retrouvés bannis sans avertissement préalable pour avoir connecté leur compte à OpenClaw, un assistant IA open source. L'affaire, qui a explosé sur les forums de développeurs de Google, soulève des questions fondamentales sur la relation entre les grandes plateformes d'IA, leurs abonnés et les outils tiers. Entre tolérance zéro, opacité contractuelle et dépendance numérique, le débat dépasse largement la simple querelle de conditions d'utilisation.OpenClaw est un assistant IA open source développé par Peter Steinberger. Son principe est simple et séduisant : connecter plusieurs modèles d'IA — Gemini, Claude, et d'autres — pour automatiser des tâches complexes comme la gestion d'emails, l'enregistrement de vols ou la rédaction de code, sans exiger de l'utilisateur une expertise technique poussée. L'outil avait rapidement séduit une partie de la communauté des développeurs, désireux de tirer le meilleur parti de leurs abonnements coûteux aux services premium d'IA.
Le fonctionnement technique qui pose problème est précis : OpenClaw utilisait l'authentification OAuth des comptes Google AI Ultra et Google Antigravity pour accéder aux modèles Gemini, contournant ainsi les API payantes au profit des quotas inclus dans les abonnements à tarif fixe. Pour les utilisateurs, la logique semblait implacable : j'ai un abonnement, j'y ai accès, je l'utilise. Pour Google, la logique était tout autre.
Des bannissements soudains, sans avertissement ni recours
Le 12 février 2026, un premier utilisateur, Aminreza Khoshbahar, publie sur le Google AI Developers Forum un message d'alarme : son compte Google AI Ultra, qu'il paye 249 dollars par mois, venait d'être restreint sans notification préalable, trois jours après avoir connecté Gemini via OpenClaw OAuth. Il précise qu'il a tenté de contacter le support mais n'a reçu aucune réponse, et que l'accès au support avancé (GCC) requiert un surcoût supplémentaire — une aberration pour quelqu'un déjà abonné à un plan premium. La situation kafkaïenne est résumée en quelques mots : il est déconnecté de son compte et ne peut même plus accéder à l'application pour signaler le problème depuis l'intérieur.
« Je sollicite votre aide concernant une restriction soudaine de mon compte Google AI Ultra qui persiste depuis trois jours. Je n'ai reçu aucun avertissement ni notification préalable concernant une éventuelle infraction. Le seul changement récent dans mon flux de travail a été la connexion de modèles Gemini via OpenClaw OAuth. Si le problème vient d'intégrations tierces, je m'attendrais à ce que la plateforme bloque l'intégration plutôt que de restreindre un compte payant (249 $/mois) sans communication préalable.
« J'ai déjà contacté le support par e-mail, mais je n'ai pas encore reçu de réponse. De plus, j'ai constaté que l'accès au support GCC nécessite des frais supplémentaires, ce qui me semble injustifié compte tenu du prix de l'abonnement. Je souhaite vivement que ce problème soit résolu*! »
Il n'est pas le seul. Sur Hacker News, où la discussion a rapidement cumulé plus de 200 points et 160 commentaires, d'autres utilisateurs rapportent des situations similaires. Certains avaient utilisé non pas OpenClaw directement mais OpenCode, un autre outil similaire s'appuyant sur des mécanismes d'authentification analogues. La réponse officielle reçue par l'un des bannis, reproduite intégralement dans le fil HN, est sans ambiguïté : l'utilisation des identifiants pour alimenter un outil tiers comme OpenClaw — et non l'EDI Antigravity de Google — constitue une violation des conditions d'utilisation, soumise à une politique de tolérance zéro. Suspension irrévocable.
La position de Google : des motifs économiques et sécuritaires
Varun Mohan, responsable de Google Antigravity, a pris la parole pour tenter d'expliquer la décision. Selon lui, les serveurs backend avaient connu une montée en puissance d'activités malveillantes affectant la qualité de service pour l'ensemble des utilisateurs légitimes. La restriction rapide de ces comptes constituait une mesure d'urgence nécessaire, avec la possibilité théorique pour les utilisateurs de bonne foi de récupérer l'accès ultérieurement — même si cette voie de recours s'est révélée quasi-inexistante dans les faits. Mohan a reconnu que certains utilisateurs n'avaient probablement pas conscience de violer les conditions d'utilisation, tout en soulignant les capacités limitées de Google à traiter les exceptions de manière équitable.
La dimension économique est plus structurelle. Les abonnements Google AI Ultra ou Antigravity sont des offres à tarif...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.


La politique