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L'IA en entreprise court à la catastrophe : code défaillant, hallucinations facturées au prix fort. Comment les entreprises mesurent tout sauf ce qui compte vraiment

Le , par Stéphane le calme

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L'IA en entreprise court à la catastrophe : code défaillant, hallucinations facturées au prix fort.
Comment les entreprises mesurent tout sauf ce qui compte vraiment

Entre métriques trompeuses, code défaillant et rapports truffés d'hallucinations, les professionnels de l'IA commencent à décrire l'écart béant entre la promesse de la technologie et son déploiement réel. Un secteur entier, de la grande consultation aux équipes d'ingénierie, s'apprête à affronter une facture que personne ne veut encore regarder en face.

Dorian Smiley et Connor Deeks sont co-fondateurs de Codestrap, une société de conseil spécialisée en stratégie d'intelligence artificielle. Tous deux ont fait leurs armes chez PwC, l'un des quatre grands cabinets d'audit mondiaux. Leur verdict, formulé dans une interview accordée à The Register en mars 2026, est sans appel : personne ne sait vraiment comment intégrer l'IA dans son organisation. « Personne ne connaît les bonnes architectures de référence ou les bons cas d'usage pour son institution », reconnaît Smiley. « Beaucoup font semblant de le savoir. Mais il n'existe pas de guide à suivre. »

Cette absence de méthode n'est pas anodine. Elle traduit une réalité que le secteur peine à formuler : l'enthousiasme affiché par les directions est souvent de la mise en scène, une réponse à la pression des marchés financiers et des conseils d'administration, davantage qu'une transformation réelle des processus métier. Selon Deeks, si on construisait un système d'IA en repartant de zéro, il ressemblerait bien peu à ce qui est proposé aujourd'hui. Tout le discours sur la disparition des métiers d'ingénierie ou du travail de bureau, dit-il, « nous n'y souscrivons pas ».

Ce constat rejoint les données du terrain. D'après une étude de Lucidworks portant sur plus de 1 600 responsables IA et 1 100 entreprises, plus de sept organisations sur dix ont introduit l'IA générative dans leurs opérations. Pourtant, seulement 6 % ont pleinement déployé l'IA agentique, qui représente la prochaine étape de l'automatisation intelligente. L'adoption de surface est massive ; la transformation profonde, rarissime.

Des métriques qui mesurent tout sauf ce qui compte

Le problème fondamental que soulèvent Smiley et Deeks tient à la manière dont les organisations évaluent le succès de leurs déploiements d'IA. Dans le domaine du développement logiciel, les entreprises se félicitent d'une augmentation du nombre de lignes de code produites ou du volume de demandes de fusion (pull requests) traitées. Ce sont précisément les mauvaises métriques.

« Le code peut sembler correct, passer tous les tests unitaires, et être néanmoins défaillant », explique Smiley. « La façon de mesurer cela passe par des tests de performance. Beaucoup d'entreprises n'ont pas encore mis en place la boucle de retour nécessaire pour évaluer l'impact réel de la programmation assistée par IA sur les résultats qui leur importent. Les lignes de code, le nombre de demandes de fusion : ce sont des passifs, pas des indicateurs d'excellence technique. »

Les véritables métriques du génie logiciel sont d'un autre ordre : fréquence de déploiement en production, délai entre la conception et la mise en service, taux d'échec des modifications, temps moyen de rétablissement après incident. Smiley insiste : il nous faut un nouvel ensemble d'indicateurs pour mesurer l'impact de l'IA sur la performance des équipes d'ingénierie. « Nous ne savons pas encore quels sont ces indicateurs. »

Les chiffres disponibles renforcent son inquiétude. Selon une analyse de 2026 portant sur des systèmes en production, le code généré par IA introduit 1,7 fois plus de problèmes que le code écrit par des humains. Les erreurs de maintenabilité sont 1,64 fois plus fréquentes, les erreurs logiques 1,75 fois plus répandues, et les failles de sécurité augmentent d'un facteur 1,57 dans les bases de code où l'IA est fortement sollicitée. Le sentiment positif à l'égard des outils de programmation assistée par IA est d'ailleurs passé sous la barre des 60 % en 2025, contre plus de 70 % les années précédentes.

SQLite réécrit en Rust : un cas d'école dévastateur

Pour illustrer concrètement les dérives de cette mécanique, Smiley cite l'exemple d'une tentative de réécriture de SQLite en langage Rust, entièrement pilotée par une IA. Le résultat ? Un code 3,7 fois plus volumineux que l'original, affichant des performances 2 000 fois inférieures. « Pour une base de données, des performances 2 000 fois inférieures, c'est un produit non viable. On jette tout ça à la poubelle. Tout l'argent investi ne vaut rien. »

Ce cas illustre l'un des angles morts les plus préoccupants de l'IA appliquée à l'ingénierie logicielle : les modèles de langage n'ont pas la capacité d'évaluer eux-mêmes la qualité de leur production. « Un modèle ne peut pas relire son propre travail. Il ne sait pas si la réponse qu'il vous a donnée est juste. Ce sont des problèmes fondamentaux que personne n'a résolus dans la technologie des grands modèles de langage (LLM). Et vous voulez me dire que ça ne va pas se manifester dans des problèmes de qualité du code ? Bien sûr que ça va se manifester. »

À cela s'ajoute la non-déterminisme des modèles de raisonnement : la passe en avant à travers les réseaux de neurones produit des résultats différents à chaque exécution, en particulier pour les modèles qui mobilisent un monologue interne pour augmenter l'efficacité de la prédiction du prochain token. Autrement dit, demander deux fois la même chose à un modèle de raisonnement peut donner deux réponses différentes — sans que le système en soit conscient.


La grande consultation face à ses propres hallucinations

Si ces problèmes concernent en premier lieu les équipes techniques, les firmes de conseil ne sont pas épargnées. L'affaire Deloitte Australie, révélée à l'été 2025, reste à ce jour l'exemple le plus documenté de l'échec à grande échelle de la supervision humaine dans les processus de production assistée par IA.

Deloitte Australie a partiellement remboursé les 440 000 dollars australiens versés par le gouvernement pour un rapport de 237 pages truffé d'erreurs : une citation fabriquée à partir d'un jugement d'un tribunal fédéral, des références à des articles de recherche universitaires inexistants. C'est le chercheur australien Chris Rudge, de l'Université de Sydney, qui a donné l'alerte, relevant une vingtaine d'anomalies et soupçonnant les hallucinations typiques d'un modèle de langage. L'enquête interne a confirmé que le cabinet avait utilisé Azure OpenAI GPT-4o pour rédiger ce document d'audit censé évaluer la conformité juridique du système informatique automatisant les sanctions du régime d'aide sociale.

L'ironie de la situation n'a échappé à personne : le même jour où il était contraint au remboursement partiel, Deloitte signait un partenariat avec Anthropic pour déployer le modèle Claude auprès de l'ensemble de ses 450 000 employés dans le monde. Un pied dans le scandale, l'autre dans le prochain contrat IA.

Deeks, chez Codestrap, voit dans cet épisode le signe d'une tendance systémique. « Les grands cabinets de conseil adoptent désormais l'IA à grande échelle pour rédiger leurs présentations et leurs analyses. Ça va se traduire par des procès retentissants et des pertes financières importantes, parce que la qualité n'est tout simplement pas surveillée. Tout le monde a cru à la fable que c'était déjà parfait. »


Des incitations structurellement incompatibles avec la qualité

Pourquoi les organisations ne corrigent-elles pas d'elles-mêmes ces dérives ? La réponse de Smiley tient à l'alignement des incitations à l'intérieur des grandes structures professionnelles. Dans les grands cabinets comme PwC, l'associé veut davantage de chiffre d'affaires et de marges plus élevées. Donner accès à l'IA sans imposer une relecture systématique des sorties n'est pas une décision irrationnelle : c'est la rationalité économique qui l'emporte sur la rigueur. Le directeur cessera de consulter les analystes pour confier leur travail à l'IA. L'analyste, lui, cherchera à boucler la tâche plus vite pour s'accorder du temps libre. « Ces incitations ne s'alignent pas d'une façon qui rende l'IA complémentaire à l'activité et génératrice de valeur. »

Cette tension entre incitations économiques et exigences de qualité se retrouve dans les données sectorielles. En 2025, les entreprises mondiales ont investi 684 milliards de dollars dans des initiatives d'IA. À la fin de l'année, plus de 547 milliards, soit plus de 80 % de cette somme, n'avaient pas produit la valeur escomptée. Parmi les obstacles à l'adoption identifiés dans une vaste enquête sectorielle, 73 % des projets échouent faute d'indicateurs de performance clairs, et 68 % souffrent d'un sous-investissement dans les fondations techniques.


L'assurance : le signal d'alarme que personne n'entend

L'un des points les plus significatifs de l'analyse de Codestrap concerne un acteur rarement évoqué dans les débats sur l'IA : les compagnies d'assurance. Des souscripteurs de grands assureurs cherchent activement à exclure de leurs polices les sinistres liés à des flux de travail faisant appel à l'IA, dès lors qu'il n'existe pas de chaîne de responsabilité clairement établie. Si les systèmes d'IA sont vraiment aussi efficaces qu'on le prétend, pourquoi les assureurs déploient-ils tant d'efforts pour refuser de couvrir les risques associés ? Ils sont généralement assez bons pour établir des profils de risque. »

Des lobbyistes sectoriels se déploieraient déjà auprès des régulateurs d'assurance au niveau des États américains pour obtenir des exemptions dans les polices de responsabilité commerciale. Si ces démarches aboutissent, les entreprises qui auront massivement déployé l'IA sans gouvernance sérieuse pourraient se retrouver exposées à des sinistres non couverts au moment même où les premières vagues de défaillances se matérialiseront.

L'échéance : dans huit à neuf mois

La temporalité n'est pas floue dans l'analyse de Codestrap. Smiley anticipe des « problèmes liés à la qualité du code qui feront surface dans huit à neuf mois pour les utilisateurs intensifs d'IA ». Deeks, lui, prévoit une multiplication des procédures judiciaires, parce que c'est ce qui arrive invariablement quand de mauvais conseils causent des dégâts.

À plus court terme, une autre pression s'exerce déjà : la déflation tarifaire. Les entreprises commencent à réclamer des remises aux prestataires de services dès lors qu'elles savent que ces derniers utilisent l'IA pour produire leurs livrables. KPMG aurait déjà subi cette pression de la part d'un autre cabinet comptable qui a exigé une baisse de tarif en arguant de l'usage d'outils d'IA.

Ce mouvement est logique et probablement irréversible : si l'IA compresse le temps de production, pourquoi le client paierait-il le même prix qu'auparavant ? La valeur perçue du travail intellectuel se trouve ainsi structurellement menacée, non par l'IA en tant que telle, mais par l'opacité dans laquelle elle est déployée.
La lucidité de Deeks sur ce point mérite d'être citée : ce qu'il réclame n'est pas un moratoire sur l'IA, mais une conversation honnête. « Peut-on réellement en parler ? Est-ce que quelqu'un va évoquer l'opposé de l'intelligence artificielle générale et de son avenir utopique ? » Une question que beaucoup évitent, parce que les capitalisations boursières, les stratégies de communication d'entreprise et les discours de conférences technologiques en dépendent.

L'IA n'est pas en train d'échouer parce qu'elle est mauvaise. Elle est en train d'échouer parce que les organisations la déploient sans métriques, sans supervision et sans chaîne de responsabilité et que les systèmes d'incitations en place les poussent à continuer.

Sources : Lucidworks, Second Talent, Pertama Partners, interview de Dorian Smiley et Connor Deeks, SQLite réécrit en Rust

Et vous ?

Les métriques traditionnelles du génie logiciel (nombre de lignes de code, volume de demandes de fusion) sont-elles structurellement incompatibles avec l'évaluation de la qualité du code généré par IA, ou peut-on les adapter ?

L'affaire Deloitte Australie constitue-t-elle un cas isolé ou le premier symptôme visible d'une épidémie silencieuse de livrables professionnels dégradés par des hallucinations non détectées ?

Si les assureurs refusent de couvrir les risques liés à l'IA, qui portera la responsabilité juridique et financière des défaillances à venir — les éditeurs de modèles, les intégrateurs ou les entreprises clientes ?

La pression tarifaire exercée par les clients qui savent que leurs prestataires utilisent l'IA va-t-elle accélérer une course vers le bas en matière de qualité, ou au contraire forcer le secteur à formaliser des standards de gouvernance ?

Dans quelle mesure le discours dominant sur l'IA, porté par des entreprises dont la valorisation boursière dépend de l'enthousiasme des marchés, constitue-t-il lui-même un obstacle à une évaluation sérieuse des risques ?
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 16/04/2026 à 12:15
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Si les chatbots IA vont récupérer des informations dans les forums, alors ça finira par poser problème, parce qu'il y a aura moins de messages dans les forums dans le futur.
Ce n'est pas un "Si", bien évidemment que les chatbots récupèrent les données dans les forums comme partout ailleurs...

Et au final, on va avoir quoi avec l'IA? Un serpent qui se mord la queue!

1. Les développeurs n'utilisent plus les forums puisque l'IA leur répond

2. Comme les développeurs n'utilisent plus les forums, les forums finissent par n'avoir plus que des données obsolètes

3. Dès lors les forums ne sont plus une source de données pour les IA

4. Au final, les IA vont fournir quoi comme réponse aux développeurs??? Ben... Des données obsolètes!!!
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Avatar de pyros
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 21/05/2026 à 14:51
Et vous, vous faites quoi concrètement pour “les petites gens de l’Utah, des USA, de l’Inde ou d’ailleurs qui voient leurs ressources en eau et en électricité avalées par des datacenters gigantesques pour l’IA” ? À part sortir des indignations de forum bien confortablement installé derrière votre clavier ?
Je self-host sur un raspberry pi, je vais bossé en vélo élèctrique, j'ai mis des panneau solaire, je continue à chercher mes images au lieu de les générer, je rédige mes textes moi même, quite à ce qu'ils soient bourré de fautes, et je me sert du vaste truc spongieux que j'ai entre mes 2 oreils et qui fait à peu près la même chose qu'un datacenter de 20GW mais en consommant l'energie d'une tartine de nutela.

D'ailleur j'ai la dalle maintenant
9  0 
Avatar de floyer
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 24/03/2026 à 20:31
Sur un exemple simple (page php avec accès base de données), l’IA m’a réussi à oublier de se connecter à la base de données, et me sortir une vulnérabilité SQL-injection. Il faut être attentif.
8  0 
Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 26/03/2026 à 8:18
Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
Sur les 195,7 milliards de dollars de revenus du segment des centres de données de Nvidia en 2026, 135 milliards de dollars concernent le marché américain, mais 44 milliards de dollars de ce matériel restent stockés et non installés. La raison en est que la construction de centres de données est un processus "glacial" comparé à la vitesse des cycles de vente de matériel, avec des projets qui prennent souvent deux à quatre ans pour être finalisés.
Il y a moyen qu'une entreprises de l'IA fasse faillite avant que son centre de données soit construit.

Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
Les centres de données mettent à rude épreuve les réseaux électriques. Les centres de données nécessitent une alimentation électrique 24 heures sur 24 à des niveaux qui rivalisent avec, voire dépassent, les besoins de petites villes. Mais la construction de nouvelles infrastructures de transport et de production nécessite des années de procédures d’autorisation, d’acquisition de terrains, de gestion de la chaîne d’approvisionnement et de travaux.
On va nous soûler avec l'IA pendant encore des années et des années...
En 2032 on en sera probablement au même point, avec les mêmes articles :
- ce que produit l'IA n'est pas terrible
- les entreprises d'IA ne sont pas rentable
- les centres de données consomment trop de ressources
- la bulle de l'IA est bien pire que la bulle Internet
- OpenAI va encore un peu plus mal (si OpenAI est toujours vivant en 2032)

Et les entreprises de l'IA seront toujours en train d'y croire "notre solution va bientôt atteindre un stade qui fera qu'elle révolutionnera le monde".
D'un autre côté, peut-être qu'à force plus personne ne fera attention aux articles concernant l'IA. (je pense qu'il y a des gens qui ont déjà commencé à ignorer les articles en lien avec l'IA)
8  0 
Avatar de kain_tn
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 16/04/2026 à 12:32
Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
Ce n'est pas un "Si", bien évidemment que les chatbots récupèrent les données dans les forums comme partout ailleurs...

Et au final, on va avoir quoi avec l'IA? Un serpent qui se mord la queue!

1. Les développeurs n'utilisent plus les forums puisque l'IA leur répond

2. Comme les développeurs n'utilisent plus les forums, les forums finissent par n'avoir plus que des données obsolètes

3. Dès lors les forums ne sont plus une source de données pour les IA

4. Au final, les IA vont fournir quoi comme réponse aux développeurs??? Ben... Des données obsolètes!!!
Sans compter que sur un forum, si tu fournis une réponse qui n'est pas bonne (problèmes de performances, problèmes de sécurité, problèmes de maintenabilité, etc), tu auras d'autres personnes pour te le dire.
Ce n'est pas le cas avec un chatbot: c'est à toi de savoir que la solution est mauvaise...
8  0 
Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 20/04/2026 à 17:21
à toutes et tous,

Etant de la génération qui a connu les débuts de la révolution informatique, je vois également un // avec la révolution IA.

Le soucis du pourquoi l'informatique n'a pas tenu les immenses attentent qu'on en attendait, c'est étrangement, me semble-t-il parce qu'on l'a trop souvent utilisée, que l'on a ajouté des couches informatiques sur d'autres couches informatique, au lieu d'utiliser cette dernière comme un outil de simplification. Au lieu de "remanier" des procédures (à tout niveau), inutilement "complexes", on a utilisé l'informatique pour ne pas "toucher" à ces "procédures".

Et comme il est "facile" de "générer" du papier ou des "documents" via l'informatique, on se retrouve avec 24 pages A4 pour expliquer ci "une facturation", ci "une inscription", etc alors qu'une fiche en carton et et un crayon est juste ce dont on aurait besoin si la "procédure" avait été analysée et "modifiée". Avant d'informatiser, il aurait fallu mieux définir et simplifier nombre de ces "procédures" AVANT d'éventuellement les "informatiser". L'informatique a été mal utilisée bien souvent pour ne rien remettre en cause dans tout un fatras de domaines.

Un exemple. Pourquoi "informatiser" une petite bibliothèque d'un "petit village" ? Au lieu d'un bon bibliothécaire, on se retrouve face à une "personne" qui est "derrière" son écran, et la fiche "papier" de mon "enfance" est maintenant un réseaux d'ordinateurs qu'il faut acheter, installer, maintenir, etc... Il n'y a là aucune simplification, mais bien une complexification inutile.

Alors, entre ce qui a été complexifié et ce qui n'a pas été simplifié, il n'est pas étonnant que le ressenti d'une "amélioration" quelconque, à quel niveau que ce soit.

Et il me semble que c'est un peu pareil avec l'IA. On l'utilise pour faire ce qu'on faisant avant "autrement", mais sans remettre en cause le "pourquoi" ces choses étaient faites ainsi. On a jamais utilisé autant de "papier" que depuis les débuts de l'informatiques, ni autant d'électricité que depuis les débuts de l'IA...

BàV et Peace & Love.
9  1 
Avatar de pyros
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 21/04/2026 à 11:12
Ensuite pour le code, on fait du TDD, je lui donne une série de tests et la nuit elle doit réaliser la tache avec comme but d'avoir tous les tests aux vert et toute la ci/cd au vert aussi.
Une fois que c'est fait, elle génère une merge request et je la revoit le matin.
Il y a 15 ans, on faisait pareil avec des Indiens. On écrivait les tests d'acceptance, on envoyait tout ça en Inde et ils nous renvoyait le code avec tous les tests vert. Ceux qui ont connu cette époque savent très bien comment ça s'est fini...
9  1 
Avatar de xmornard
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 21/05/2026 à 12:33
Comme l'avait fait remarqué un auteur apocryphe du 19ème siècle, « Pendant la ruée vers l’or, ce n’est pas les chercheurs d’or qui se sont le plus enrichis, mais les vendeurs de pelles et de pioches…. »
8  0 
Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 26/03/2026 à 10:15
Quand dans le nom lui-même ("Intelligence Artificielle" qui n'a rien d'intelligent) il y a tromperie comment pourrait-il en être autrement?

A noter que tous le concept respire le mensonge et la malversation:

1. Les IA ont volé les données en ne respectant pas les droits d'auteur

2. Les IA trompent les clients en offrant des services pour un coût qui ne couvrent pas leur usage (si tu dis "on vous propose un voyage sur la lune pour un billet de 100 euro", il y aura plein de candidats. Maintenant si tu dis "on vous propose un voyage sur la lune mais il faut payer le coût réel de plusieurs milliards d'euro", il n'y a plus personne!)

3. Le succès économique des promoteurs de l'IA est lui-même basé sur une escroquerie nommée "valorisation circulaire": "Je te donne 1 milliard, tu me donnes 1 milliard? On est tous les 2 riches de 1 milliard et on se dit valorisé à hauteur de 100, 1000 ou 100 000 milliards!

4. Les réponses de l'IA se basent sur la tromperie: Ne jamais dire "je sais pas" (quand l'IA n'a pas de réponse, elle invente une réponse!), les algorithmes sont optimisés pour que l'IA réponde à l'humain comme un humain (45% des utilisateurs actuels de l'IA l'utilise comme un support émotionnel, un ami, un conseiller, un psychiatre, un être vivant à qui on peut parler de ses peines et obtenir des conseils de vie), etc...

5. L'IA, c'est un système qui fonctionne mal (entre 10 et 30% d'hallucination)... Question: Qui accepterait que sa voiture ne démarre pas dans 10% des cas?
7  0 
Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 21/05/2026 à 16:16
re calvaire,

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
1) je ne sais pas ce que promettent les acteurs ia, je m'en moque. L'important c'est que leurs outils m'apporte une valeur ajouté, c'est le cas. J'ai connu un grand boom technologique en fin d'année avec les nouveaux modelé (opus 4.6, gemini 4 pro...), il est très probable que ces modèles continue de s'améliorer et augmente la productivité.
Il y'a les ia orienté cybersécurité qui arrivent qui vont pouvoir je l’espère d'ici cette année compléter notre ci/cd sécurité (sonarqube, CheckMarx, DEFECTDOJO) et nous remonter plus de bug/problème de sécurité.
Mais tu as bien raison de t'en moquer, cette remarque était "juste" pour enfin entendre que l'IA n'apporte pas les promesses données. Et que tout calcul de productivité (faut-il, faut-il pas utiliser l'IA), doit tenir compte de la réalité. Si on investi et que l'on espère 120% de ROI, ça change la donne si ce ROI est de 30%. Je suppose que tu es d'accord avec ça ?

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
2) la productivité est mesuré par rapport aux taches jira et bugs remonté. L'ia nous a permis de faire plus de taches, plus vite et de réduire les bugs.
Ok, mais cette productivité accrue de 30% dans ton cas, elle a aussi un coût pour l'entreprise. L'IA n'est pas gratuite, et les coûts ne vont faire que de monter, car pour le moment, les boîtes derrière l'IA, elle perdent 3$ pour 1$ de rentrée, ça ne peut pas tenir sur le long terme. As-tu conscience de cela ? Tu vas me dire que tu as pû virer des membres, mais cela compense-t-il le coût de l'IA ?

Je ne parle pas de la grosse majorités des autres cas où le déploiement de l'IA où le ROI est quasi nul, si pas une perte.

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
3) je sais pas, ma boite m'a augmenté cette année et ca compense largement l'inflation... qui est resté assez faible à Singapour en plus. Le prix de l'eau, de l’électricité et mes billets d'avions restent très abordable. J'aimerais bien aller skier a Aspen en fin d'année, regardant les prix des billets sur un long courrier je suis passé de 700€ le billet d'avion à 740 pour se trajet...c'est rien du tous. Pour l'eau ou l’électricité on manque de rien, malgré la forte industrie lourde qu'a Singapour dans les semi conducteur par exemple. Le gouvernement à su construire les infrastructures nécessaire du monde moderne et pas rester dans la misère.
Que l'Europe est mal dirigée, c'est une certitude. Tu ne ressens pas l'inflation, tant mieux pour toi. On verra dans qlq temps comment cette histoire va finir.

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
4) je ne sais pas de quoi tu parles, j'utilise l'ia car elle m'apporte de la valeur ajouté, je paye une entreprise qui crée et déploie son modèle. C'est un service que ma boite paye car on est tous satisfait de ce service. Tous le monde est content dans l'histoire. C'est comme payer des licences Windows, office, ou une base de donné managé comme mongo atlas.
Je suis étonné que tu ignore cela. Un exemple, lors de la crise de 2008, c'est l'état qui a "trinqué" pour "sauver" des banques. Et l'Etat, c'est "nous". Donc qd elles gagnent du pognon, on en voit pas la couleur, mais lorsqu'elles en perdent, c'est à "nous" de les "sauver".

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
5) la dette technique est bien surveillé de notre coté, l'ia ne l'a pas fait augmenté (ni réduire)
Je te crois sur parole. L'avenir, personne ne sais le deviner. Mais si la boîte dont tu utilise les outils disparaît, là il y aura certainement une dette technique invisible actuellement.

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Et vous, vous faites quoi concrètement pour “les petites gens de l’Utah, des USA, de l’Inde ou d’ailleurs qui voient leurs ressources en eau et en électricité avalées par des datacenters gigantesques pour l’IA” ? À part sortir des indignations de forum bien confortablement installé derrière votre clavier ?
Nous, on ne sais rien y faire, tout comme toi. Cela relève de la politique, donc du court terme. Il faut bien promettre la lune pour avoir des électeurs.

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Le monde change. Certaines industries disparaissent, d’autres émergent. Des régions se développent, d’autres déclinent. Ça s’appelle l’évolution économique et technologique. Ils vont devoir s’adapter, comme tout le monde : changer de région, de métier, se former, évoluer… ou rester sur le quai pendant que le train avance.
Oui, le monde change et a toujours changé. Là n'est pas la question. La question c'est "est-ce que l'IA est pèrenne" ? P'têt bien qu'oui, p'têt bien qu'non...

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Et puis votre vision romantique des “pauvres victimes sacrifiées à l’IA” est un peu ridicule. Le numérique, l’industrie, l’énergie, les infrastructures : tout consomme des ressources. Votre confort quotidien aussi. Mais bizarrement, là, ça ne semble pas vous empêcher de dormir. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Et le progrès n’a jamais demandé la permission aux nostalgiques.
On est au courant, on fait avec, on ne l'a pas voulu.

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Je sais très bien que mon smartphone existe en partie grâce à des gamins qui crèvent dans des mines au Congo pour extraire le cobalt de la batterie, que mes fringues sont fabriquées dans des ateliers sordides au Bangladesh, que mes colis “livrés en 24h” reposent sur des types sous-payés qui se flinguent la santé dans des entrepôts, et que même les énergies “vertes” nécessitent des métaux rares extraits dans des conditions souvent dégueulasses.
Tu vois "eux" n'ont pas la "possibilité" de déménager, de "changer" de métier. Tout le monde ne part pas avec les même "chances" dans la vie. Tu as "TOI" eu cette possibilité, tu en a profiter pour toi et ta famille, tu as raison, mais moins de mépris pour ceux qui n'ont pas eu cette chance, ça tu peux le faire, non ? "TES" solutions yaka/foucon sont inadaptées au 90% pour lesquelles tu affiche un méprit qui n'est peut-être pas nécessaire, ne trouve-tu pas ?

Si on épuise les méteaux rares, on sera dans la m.... lorsqu'on en aura besoin pour des choses plus importante que de changer de smartphone tout les 2 ans. PS: je n'ai pas de smartphone, et ne suis sur aucun "réseau sociaux", non pas pour "sauver la planète", mais parce que se sont des "outils" qui font des ravages également. A cause d'eux, l'instantané est devenu la règle, et il faut du recul pour prendre de bonnes décisions. Mais ce n'est que mon avis.

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
J'ai appris à n'en avoir plus rien a foutre car le systeme économique mondial fonctionne ainsi, je ne pourrais pas changer le systeme, je peux juste me débrouiller pour l'exploiter, en profiter moi et en faire profiter ma femme et mes enfants. Il y'a même des camps de pauvres à Singapour parqué comme des animaux et ne devant pas côtoyer les gens comme moi, je m'en fou, je vais pas les aider, je ne suis pas Jésus à tendre l'autre joue et contrairement à lui je ne vais pas ressusciter si l'état ou je suis me condamne à mort.
Oui, la "mondialisation" est un carnage pour beaucoup, une chance pour certains (peu), et ni toi ni moi ne pouvons rien y faire. Tout le monde fait passer sa famille en premier, tu as bien raison, mais au lieu de dire que "tu t'en fout", tu pourrait dire "c'est triste pour eux, mais je ne peut rien y faire". Si tu réussi si bien, les aider c'est pas donner ta maison, mais faire un peu de philanthropie. Y'a pas que le fric dans la vie.

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
La grande force du monde moderne c'est qu'il est très facile d’être dans sa propre bulle et de ne pas voir d’autres perspectives dans nos interactions quotidiennes. Ca évite de voir toutes ces choses malheureuse et de vivre en les ignorant et en profitant de notre belle vie. Je vais vous choquer mais de la même manière que beaucoup d'habitants des villes ne savent même pas que les étoiles existent, beaucoup ne réalisent même pas que les sans-abri existent
Si, la majorité sait cela (mais ne peut rien y faire), certains compatissent, d'autres "chient" sur eux (inutilement, sauf a se réjouir du malheur des autres, mais ce n'est pas ton cas je suppose), mais la minorité qui se partage le gros du gâteau (qui eux pourraient changer ce "système") fait semblant de ne pas le voir, ou plutôt ferment les yeux, touche leur pot de vin, leur famille d'abord...

Bref, je pense que tu es assez malin pour te rendre compte que tes propos sont parfois "déplacé" et que rien que les modérer un peu rendrait les discussions plus constructives, en s'attaquant plus au fond qu'à la forme. Si, si, tu le sais ;-)

BàT, à ta famille, à ton avenir. Et Peace & Love.
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