Steve Wozniak, cofondateur d'Apple, se dit « très déçu » par l'IA et l'utilise rarement, car les textes générés par l'IA sont « sans saveur » et ne correspondent jamais tout à fait à ce qu'il rechercheSteve Wozniak, cofondateur d'Apple, a déclaré qu'il était « très déçu » par l'intelligence artificielle (IA) et qu'il l'utilisait rarement, évoquant des réponses imprécises et « arides » lors d'une récente interview. Interrogé à l'occasion du 50e anniversaire d'Apple, il a fait valoir que les systèmes actuels manquaient de compréhension humaine et de profondeur émotionnelle. Tout en reconnaissant que l'IA pourrait à terme bouleverser les emplois de bureau, il a souligné que cette technologie n'en était pas encore là. Ces remarques contrastent avec l'optimisme affiché par certains dirigeants du secteur, comme Jensen Huang, le PDG de Nvidia, qui vantent les mérites de l'IA.
Stephen Gary Wozniak, également connu sous le surnom de Woz, est un entrepreneur américain dans le domaine des technologies, ingénieur électricien, programmeur informatique et inventeur. En 1976, il a cofondé Apple Computer avec son premier associé, Steve Jobs. Grâce à son travail chez Apple dans les années 1970 et 1980, il est largement reconnu comme l'un des pionniers les plus éminents de la révolution de l'ordinateur personnel.
Les critiques du cofondateur d'Apple prolongent les réserves qu'il avait exprimées dès l'émergence des outils d'IA générative grand public. En 2023, Steve Wozniak a reconnu l'impressionnante capacité de ChatGPT à comprendre et à répondre en langage naturel. Toutefois, il a tenu à mettre en garde contre le fait que cette IA pouvait commettre de graves erreurs, un point également soulevé par d'autres experts et qui remet en question la fiabilité de ces systèmes.
Aujourd'hui, il semble raisonnable de penser que Steve Wozniak, cofondateur d'Apple et fervent défenseur du droit à la réparation, ne confiera pas de sitôt ses tâches quotidiennes à un agent IA. Dans une récente interview accordée à CNN, il a révélé qu'il n'utilisait pas beaucoup l'IA et que, lorsqu'il le faisait, il était « souvent déçu » par son manque de précision et de compréhension.
Steve Wozniak était interviewé à l'occasion du 50e anniversaire d'Apple et on lui a demandé son avis sur l'IA. « Je pose une question où un mot-clé indique la direction que je souhaite prendre, et l'IA me renvoie tout un tas d'explications claires qui traitent du sujet, mais qui ne correspondent pas vraiment à ce qui m'intéressait », a-t-il déclaré. Il a également estimé que le texte produit était « trop parfait » et « sans saveur ». En fin de compte, il souhaite quelque chose de plus humain, a-t-il ajouté.
« À terme, l'IA pourrait bien remplacer les emplois de bureau », a cependant concédé Steve Wozniak, « mais nous n'en sommes pas encore là. [Nous ne] comprenons pas encore suffisamment le fonctionnement du cerveau pour en arriver à ce stade où l'IA remplacerait l'humain, aurait des émotions, se soucierait des choses, voudrait aider les autres et aspirerait à être une bonne personne. »
En effet, les grands modèles de langage sont souvent décrits comme des moteurs de saisie semi-automatique avancés. Ils sont capables de trouver la meilleure suite possible dans une séquence, mais ils ne « comprennent » pas ce qu’ils disent. Même avec les modèles les plus récents, les hallucinations restent un problème.
Les commentaires de Steve Wozniak interviennent alors que le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a affirmé cette semaine que « nous avons atteint l'AGI », bien que sa définition puisse différer de celle du cofondateur d'Apple. D'autres PDG chantent également les louanges de l'IA, bien qu'ils aient des résultats financiers et des actionnaires à prendre en compte. Wozniak est plus libre de s'exprimer sans détours.
Les critiques formulées par le cofondateur d'Apple trouvent un écho particulier dans les travaux récents qui portent sur les limites fondamentales des modèles d'IA générative. Une étude récente soutient en effet que les hallucinations des modèles de langage ne sont pas de simples défaillances ponctuelles, mais une caractéristique intrinsèque du fonctionnement des LLM. Selon les chercheurs, ces erreurs découlent directement de la structure mathématique et logique des LLM, ce qui rend leur élimination impossible, même avec des améliorations de l'architecture, des données d'entraînement ou des mécanismes de vérification.
Les prises de position de Steve Wozniak s’inscrivent également dans une vision plus large de la technologie et de la réussite. Le cofondateur d’Apple s’est déjà distingué par des déclarations soulignant son détachement vis-à-vis de la richesse et du pouvoir. Dans une intervention remarquée, il a affirmé avoir renoncé à une grande partie de sa fortune, estimant que le bonheur primait sur la réussite matérielle. « La vie n’a jamais été une question de réussite, mais de bonheur », a-t-il déclaré, évoquant une philosophie personnelle forgée dès sa jeunesse. Ce positionnement apporte un éclairage supplémentaire sur sa réserve vis-à-vis de l'intelligence artificielle, dans un secteur où l'innovation est souvent indissociable d'enjeux financiers et industriels majeurs.
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