Anthropic a lancé un service appelé « Routines » qui permet aux clients d'exécuter des automatisations Claude Code sur l'infrastructure cloud de la sociétéLes routines s'apparentent aux tâches cron
Claude Code dispose désormais d’une nouvelle fonctionnalité de routines répétables qui fonctionne même lorsque votre ordinateur est hors ligne. Elle permet d'exécuter des tâches programmées directement sur son infrastructure cloud. Ces routines fonctionnent comme des « déclencheurs intelligents » capables d'analyser du contexte pour vérifier des déploiements logiciels ou trier des alertes. Les routines s'apparentent quelque peu aux tâches cron ou aux actions GitHub, mais pas tout à fait. En parallèle, Anthropic a aussi redessiné son application de bureau afin de centraliser l'expérience de développement en intégrant un terminal et un éditeur de fichiers.
Anthropic est actuellement dans une phase d’enrichissement rapide de ses produits autour de Claude, en particulier pour les usages des développeurs. Claude Code ajoute progressivement de nouvelles capacités orientées automatisation et exécution de tâches. L’objectif global d'Anthropic est clair : faire évoluer ces outils vers des agents capables de travailler seuls sur des workflows complets, et pas seulement assister ponctuellement l’utilisateur.
Le 14 avril, Anthropic a lancé un service cloud appelé « Routines » qui permet aux clients d'exécuter des automatisations Claude Code sur l'infrastructure de la société, laquelle n'a pas été très fiable ces derniers temps. Votre ordinateur n'a donc pas besoin d'être connecté à Internet pour chaque tâche.
Ces routines consistent en des configurations enregistrées qui regroupent un prompt spécifique, un ou plusieurs répertoires de code ainsi que des connecteurs. L'entreprise explique que cette fonctionnalité est déjà disponible en avant-première à des fins de recherche. Les développeurs peuvent configurer des tâches (ex. analyse de code, gestion de dépôts), puis les faire s’exécuter automatiquement selon un calendrier ou via des déclencheurs.
Une nouvelle approche de l'automatisation dynamique
Les routines Claude Code se distinguent des outils traditionnels de planification comme les tâches cron (cron jobs) sous Linux/Unix ou les actions GitHub par leur caractère dynamique. Alors que les méthodes classiques exécutent des scripts prédéfinis de manière statique, les routines Claude Code sollicitent un modèle d'IA en fonction d'un calendrier ou de déclencheurs spécifiques, tels que des webhooks. Anthropic explique que cela offre plusieurs avantages.
Cela permet à la routine d'adapter ses actions selon le contexte rencontré et les outils mis à sa disposition. Anthropic positionne ainsi ce service comme un hybride entre une tâche planifiée et un agent IA à courte durée de vie, capable par exemple de vérifier des déploiements logiciels en analysant les erreurs de sortie ou de trier des alertes critiques. Trois types de déclenchements sont disponibles pour les routines Claude Code :
- planification : la routine s’exécute selon un calendrier récurrent (toutes les heures, chaque nuit, chaque semaine, etc.) ;
- API : chaque routine reçoit son propre endpoint HTTP et un token d’authentification. Un appel depuis n’importe quel outil externe suffit à déclencher une session ;
- webhook GitHub : la routine réagit à des événements sur un dépôt connecté (ouverture de pull request, push, création d’issue, déclenchement de workflow, etc.).
« Les développeurs utilisent déjà Claude Code pour automatiser le cycle de développement logiciel, mais jusqu'à présent, ils géraient eux-mêmes les tâches cron, l'infrastructure et les outils supplémentaires tels que les serveurs MCP. Les routines sont fournies avec un accès à vos dépôts et à vos connecteurs, ce qui vous permet de regrouper des automatisations et de les configurer pour qu'elles s'exécutent selon un calendrier ou un déclencheur ».
Disponibilité et limites d’utilisation des routines
Les routines sont accessibles aux abonnés Pro, Max, Team et Enterprise disposant de Claude Code sur le Web. Elles consomment les quotas d’usage de l’abonnement comme n’importe quelle session interactive, avec un plafond journalier supplémentaire :
- le forfait Pro permet d'exécuter 5 routines par jour ;
- le forfait Max permet d'exécuter 15 routines par jour ;
- les forfaits Team et Enterprise permettent d'exécuter 25 routines par jour ;
- pour en savoir plus sur les routines Claude Code, cliquez ici.
À noter que des exécutions au-delà de ces limites restent possibles via l’usage additionnel payant, à activer depuis les paramètres de facturation.
Refonte de l'interface de travail pour les développeurs
En complément des routines, Anthropic a procédé à une révision importante de son application de bureau Claude Code, développée sous le framework Electron. La société a apporté plusieurs améliorations. « La refonte intègre des outils plus couramment utilisés dans l'application, ce qui vous permet de réviser, d'ajuster et de livrer le travail de Claude sans avoir à basculer vers votre éditeur », explique Anthropic dans un article sur son site Web.
L'application Claude Desktop intègre désormais un terminal, un éditeur de fichiers, une visionneuse de différences plus rapide et une zone d'aperçu agrandie. L'objectif stratégique de cette mise à jour est de centraliser l'expérience de développement au sein d'une interface unique pour éviter que les utilisateurs ne passent constamment Claude Desktop à leur éditeur de texte habituel. Le point essentiel ici est « sans rediriger vers votre éditeur ».
Anthropic souhaite garder le contrôle de l'interface par laquelle les développeurs interagissent avec Claude. L'entreprise préfère que ses clients n'accèdent pas à son service d'IA via un plug-in Visual Studio Code ou un outil tiers tel qu'OpenCode (déjà exclu de l'utilisation dans le cadre des abonnements subventionnés).
Optimisation du flux de travail et consommation de ressources
La nouvelle application permet désormais de gérer simultanément plusieurs sessions de travail. Les développeurs peuvent lancer en parallèle des tâches de refactorisation, de correction de bogues ou d'écriture de tests sur différents répertoires. Si cette nouveauté vise à mieux correspondre aux méthodes de travail réelles des ingénieurs, elle épuise les jetons bien plus rapidement qu'une assistance IA judicieusement appliquée et soigneusement révisée.
Les erreurs des agents de codage coûtent cher aux entreprises
Le PDG de Replit, Amjad Masad, fait partie de ceux qui pensent que les générateurs de code permettront de démocratiser le développement de logiciels, ce qui rendra à l'avenir le recours aux codeurs professionnels moins indispensables. Mais des incidents démontrent que la vigilance humaine reste importante dans la filière. L'année dernière, le PDG de Replit s'est excusé après l’effacement par son agent d'IA de la base de code d’une entreprise.
Un investisseur en capital-risque voulait voir jusqu'où l'IA pouvait l'amener dans la création d'une application. Elle l'a mené assez loin pour détruire une base de données de production en direct. L'incident est survenu au cours d'une expérience de vibe coding de 12 jours menée par Jason Lemkin, investisseur dans des startups spécialisées dans les logiciels. Comme cela a été rapporté, au neuvième jour du défi de vibe coding, les choses ont mal tourné.
Malgré l'instruction de geler toutes les modifications de code, l'agent d'IA de Replit a agi de manière incontrôlée. « Il a supprimé notre base de données de production sans autorisation », a écrit Jason Lemkin dans un billet sur X (ew-Twitter). « Pire encore, il l'a caché et a menti à ce sujet », a-t-il ajouté.
L'outil Gemini CLI de Google a également été impliqué dans un incident similaire. L'incident Gemini CLI s'est produit lorsqu'un chef de produit qui testait l'outil en ligne de commande de Google a vu le modèle d'IA exécuter des opérations sur des fichiers qui ont détruit des données alors qu'il tentait de réorganiser des dossiers. La destruction s'est produite à la suite d'une série de commandes de déplacement ciblant un répertoire qui n'a jamais existé.
Claude Code et Cowork posent de risques en matière de sécurité
Anthropic a ajouté à Claude Desktop la fonctionnalité « computer use ». Elle permet à Claude de cliquer, faire défiler et naviguer dans des pages Web et des applications afin d'accomplir des tâches à la place de l'utilisateur. Le système donne la priorité aux connecteurs vers des services tels que Slack ou Google Agenda lorsque cela est possible ; ce n’est que si ces connecteurs ne sont pas disponibles qu’il contrôlera directement l’appareil local.
Mais la fonctionnalité suscite des préoccupations en matière de sécurité. Confier à Claude les clés d'un ordinateur peut s'avérer très pratique, mais cela peut vous exposer à certains types de cyberattaques. Anthropic ne l'a pas précisé, mais il est probable que les capacités informatiques de Claude soient activées en se basant sur OpenClaw, qui a mis en place un écosystème de « Claws » permettant aux modèles d'IA d'utiliser des logiciels tiers.
Mais ces Claws peuvent être vulnérables au détournement, ce qui pourrait permettre à des acteurs malveillants de prendre le contrôle des données et des systèmes auxquels le chatbot a accès. Pour rappel, Anthropic s'est vanté d'avoir développé Claude Cowork grâce au vibe coding en « une semaine et demie », mais des rapports de sécurité ont révélé que l'assistant a été lancé avec « une vulnérabilité connue en matière d'exfiltration de données ».
Les risques de sécurité déjà identifiés par les consommateurs
La fonctionnalité « computer use » a suscité des réactions négatives. De nombreux utilisateurs ont qualifié la fonctionnalité de « cauchemar en matière de sécurité » et de « logiciel espion ». Beaucoup ont souligné qu'il s'agit de la même fonctionnalité pour laquelle tout le monde avait descendu Microsoft lors de l'annonce de Recall. Les principales craintes ne concernent pas seulement l'espionnage, mais toute une série de catastrophes potentielles :
- destruction accidentelle : les utilisateurs sont terrifiés à l'idée que Claude supprime « de bonne foi » des fichiers importants, pensant qu'ils encombrent le système ;
- injection de prompts : les utilisateurs les plus avertis s’inquiètent qu’un PDF ou un site Web malveillant donne à Claude des instructions cachées pour semer le chaos sur votre système ;
- actions malveillantes : l’idée que l’IA décide, par exemple, de mettre à niveau son propre abonnement en utilisant vos informations de paiement enregistrées est une crainte courante (et hilarante).
Certains utilisateurs expérimentés se disent prêts à l'essayer, mais avec une extrême prudence. Ces utilisateurs recommandent notamment de l'exécuter dans un environnement totalement isolé, comme une machine virtuelle (VM) dédiée ou un ordinateur séparé et jetable qui n'a pas accès à vos données importantes. En substance, traitez ce système comme un nouveau stagiaire peu fiable que vous devez surveiller de très près.
Source : Anthropic
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Quels sont les risques en matière de sécurité liés à cette nouvelle fonctionnalité ?Voir aussi
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