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L'IA peut désormais coûter plus cher que la main-d'œuvre humaine, car les dépenses IA des entreprises explosent, certaines d'entre elles payant davantage pour la puissance de calcul que pour le travail humain

Le , par Anthony

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L'intelligence artificielle (IA), longtemps présentée comme un outil censé améliorer la productivité tout en maîtrisant les coûts, devient un fardeau financier pour certaines organisations. Les dépenses des entreprises en matière d'IA montent en effet en flèche, certaines d'entre elles payant désormais davantage pour la puissance de calcul que pour la main-d'œuvre humaine. Alors que les coûts augmentent et que les retours sur investissement restent incertains, les dirigeants commencent à se demander si l'essor de l'IA est durable et si cette technologie est vraiment moins coûteuse que la main-d'œuvre humaine.

Ce développement s'inscrit dans un contexte de transformation des modèles économiques de l'IA, marquée par la fin progressive de l'âge d'or du forfait IA illimité. Face à l’essor de l’IA agentique et à l’intensification de la concurrence entre les principaux acteurs du secteur, les fournisseurs réorientent leur stratégie de monétisation autour du token, qui devient l’unité de facturation centrale. Cette évolution s'accompagne de limitations d'usage, de fonctionnalités segmentées et d'une hausse des prix, redéfinissant ainsi les relations entre fournisseurs, entreprises et développeurs.

Pendant des années, l'IA a été présentée comme une révolution en matière de productivité, censée améliorer les performances des travailleurs humains tout en maîtrisant les coûts. Mais une nouvelle réalité se dessine. Pour certaines entreprises, le coût d'exploitation des systèmes d'IA commence à dépasser celui de leurs propres employés. Cette évolution oblige les dirigeants à se poser une question délicate : l'IA est-elle vraiment moins coûteuse que la main-d'œuvre humaine ?


Cette tension se fait déjà sentir au sein de certaines des plus grandes entreprises technologiques. Chez Oracle, une vaste restructuration donne un aperçu de la manière dont les investissements dans l'IA redéfinissent profondément les priorités des entreprises. Au cœur de cette initiative se trouve un accord colossal dans le domaine du cloud computing conclu avec OpenAI, dont la valeur s'élèverait à environ 300 milliards de dollars, visant à construire et à développer des centres de données capables de prendre en charge des charges de travail avancées en matière d'IA, notamment des systèmes similaires à ChatGPT.

Pour y parvenir, Oracle a accéléré l'expansion de son infrastructure à travers les États-Unis. L'ampleur et la rapidité de ce développement ont eu un coût. L'entreprise s'est lourdement endettée, le montant total de ses emprunts ayant, selon les estimations, dépassé les 100 milliards de dollars, tandis que d'importantes dépenses d'investissement ont fait basculer son flux de trésorerie disponible en territoire négatif.

Dans ce contexte, les récents licenciements apparaissent moins comme une mesure isolée que comme un réajustement. Les analystes estiment que ces réductions d'effectifs pourraient permettre d'économiser entre 8 et 10 milliards de dollars, des fonds qui pourraient être réaffectés à ces projets d'IA à forte intensité capitalistique. C'est un exemple révélateur de l'évolution des priorités en matière de dépenses, même si cela implique de réduire les effectifs pour financer les machines.

Quand les machines coûtent plus cher que les humains

L'ampleur des dépenses prend même les professionnels du secteur au dépourvu. Bryan Catanzaro, vice-président chargé de l'apprentissage profond appliqué chez Nvidia, a récemment fait remarquer que les coûts informatiques de son équipe dépassaient désormais largement les dépenses de personnel. Il s'agit là d'un renversement frappant de l'idée reçue selon laquelle l'automatisation permettrait de réduire les coûts d'exploitation, rapporte Axios.

Le problème réside dans les mécanismes de l'IA moderne. L'entraînement et l'exécution de modèles avancés nécessitent une infrastructure informatique colossale, souvent alimentée par des puces et des services cloud coûteux. À cela s'ajoutent les coûts « par jeton », c'est-à-dire les frais liés au traitement des requêtes sur les grands modèles de langage, qui peuvent rapidement monter en flèche à mesure que l'utilisation s'intensifie.

Chez Uber, la pression se fait déjà sentir. Son directeur technique aurait épuisé tout le budget 2026 de l’entreprise consacré à l’IA avant la date prévue, principalement en raison de ces dépenses liées aux jetons. Par ailleurs, Amos Bar-Joseph, PDG de Swan AI, a attiré l’attention après avoir souligné la facture croissante que lui adressait Anthropic, présentant cela comme faisant partie de la mise en place d’une « entreprise autonome ».

Le pari à mille milliards de dollars sur l'IA

Le contexte général met en évidence l'ampleur prise par cette tendance. Le cabinet d'études Gartner estime que les dépenses mondiales en technologies de l'information atteindront 6 310 milliards de dollars en 2026, soit une hausse de 13,5 % par rapport à l'année précédente. Cette croissance est en grande partie alimentée par des investissements soutenus dans les infrastructures d'IA, les logiciels et les services basés sur le cloud.

De la création de modèles à l'abonnement à ceux-ci, les entreprises investissent massivement à tous les niveaux de la pile IA. Pourtant, cet enthousiasme commence à se heurter à une certaine résistance. Les actionnaires exigent de plus en plus la preuve que ces investissements génèrent des retours concrets, que ce soit sous la forme de gains de productivité mesurables ou de réductions de coûts évidentes.

Brad Owens, responsable de la stratégie en matière de main-d'œuvre numérique chez Asymbl, affirme que le débat est déjà en train d'évoluer. Les entreprises se posent désormais une question plus fondamentale concernant la valeur : qu'apporte réellement un travailleur, qu'il soit humain ou numérique ?

Même au sein du secteur de l'IA, la rentabilité devient un enjeu concurrentiel majeur. Un investisseur d'OpenAI a laissé entendre que des outils tels que Codex pourraient se démarquer en utilisant moins de jetons que leurs concurrents, comme Claude d'Anthropic, ce qui permettrait de réduire les coûts globaux. De son côté, Anthropic a revu sa tarification pour faire face à la forte hausse de la demande.

Mais très vite, une préoccupation plus profonde commence à se faire jour. La hausse des coûts n’est pas seulement un problème budgétaire ; elle laisse entrevoir les limites structurelles de la technologie elle-même. Malgré toutes les sommes investies, les gains ne suivent pas toujours le rythme. Les modèles actuels sont certes bien plus puissants que leurs prédécesseurs d’il y a quelques années à peine, mais leurs capacités ne sont pas proportionnellement supérieures. Dans de nombreux cas, ils sont loin d’être dix fois plus « intelligents », alors qu’ils nécessitent des ressources exponentiellement plus importantes.

Ce déséquilibre commence à mettre en évidence les failles du discours sur les progrès sans fin de l'IA. Si le simple fait d'ajouter davantage de données et de puissance de calcul ne permet plus d'obtenir des améliorations spectaculaires, la logique économique qui sous-tend cet essor commence à s'effriter. Ce qui semblait autrefois être un simple jeu d'échelle se transforme en un problème de rendements décroissants.

Il en résulte un changement de perception subtil mais significatif. Les dépenses en IA, autrefois considérées comme un gage d'innovation et de puissance, risquent de devenir un handicap si les coûts continuent d'augmenter sans que la valeur ajoutée ne suive.

Par ailleurs, à mesure que les entreprises intensifient leurs dépenses en IA, un constat plus nuancé émerge quant aux bénéfices réels de cette technologie pour les entreprises. Selon une enquête menée auprès de milliers de PDG, l'IA n'aurait aucun impact sur l'emploi ou la productivité. Si certains bénéfices existent à l'échelle de tâches spécifiques, ils peinent à se traduire en gains globaux pour les entreprises ou l'économie. Cette situation rappelle le paradoxe formulé par l'économiste Robert Solow dans les années 1980 : une technologie peut être omniprésente, mais invisible dans les statistiques de productivité.

Dans ce contexte, les prévisions financières des principaux acteurs du secteur illustrent les tensions économiques entourant l'essor de l'IA. Selon des documents internes consultés par The Information, OpenAI prévoit une perte de 14 milliards de dollars en 2026, avec des déficits cumulés estimés à 44 milliards de dollars jusqu'en 2029. Malgré une croissance rapide de ses revenus et le succès de ses produits, l’entreprise est ainsi confrontée à un modèle économique fortement déficitaire. « OpenAI est en train de s'effondrer. Aucune start-up dans l'histoire n'a jamais fonctionné avec de telles pertes », a déclaré l'investisseur chevronné George Noble.

Sources : Nvidia, Uber, Axios

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de cette situation ?
Selon vous, l'augmentation des dépenses liées à l'IA au-delà des coûts de la main-d'œuvre humaine est-elle cohérente ou pertinente ?

Voir aussi :

IA en entreprise : des milliards investis, mais où sont passés les gains de productivité promis aux dirigeants ? Une enquête indique que la majorité des PDG déclarent ne pas en tirer de bénéfices financiers

L'IA en entreprise court à la catastrophe : code défaillant, hallucinations facturées au prix fort. Comment les entreprises mesurent tout sauf ce qui compte vraiment

Les dépenses en infrastructure IA ont atteint un niveau record de 86 milliards $ au troisième trimestre 2025, les coûts liés aux serveurs représentant près de 98 %, une croissance supérieure à 30 % par an
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 28/04/2026 à 11:13
Citation Envoyé par RenarddeFeu Voir le message
Un LLM et des agents restent cependant beaucoup plus "manageable" que des salariés. Même si ça coûte plus cher en définitive, l'entreprise reste gagnante.
N'importe quoi! Et vous "manager" comment les hallucinations de l'IA?
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 01/06/2026 à 17:05
Une entreprise a dépensé accidentellement 500 millions $ en un mois pour l'IA Claude après avoir omis les limites d'utilisation
La connerie est une réalité avec ou sans IA
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Avatar de kain_tn
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 01/06/2026 à 19:52
Citation Envoyé par Anthony Voir le message
Quel est votre avis sur le sujet ?
Okay, donc ils ont craché 500 millions de dollars.

La question maintenant, c'est qu'est-ce qu'ils ont produit pour ce prix, et est-ce que ça en valait la peine?
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Avatar de Leruas
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 01/06/2026 à 17:15
C'est Microsoft surement, vu les autres news qu'on a eu dernièrement concernant l'usage de Claude Code chez Microsoft...
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Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 31/07/2026 à 13:47
Il y a Frank Denis (libsodium...) qui a crée swival un agent capable de gérer les petits modèles locaux et les grands modèles avec un système de compaction du contexte, qui permettrait d'éviter entre autres ces soucis évoqués dans l'article.
https://00f.net/2026/04/13/swival-ai-agent/

Quelqu'un a essayé ? je crois que ce sera mon prochain agent...
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Avatar de PomFritz
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 29/06/2026 à 11:37
Bon, en même temps, je me rappelle l'époque où on disait qu'il n'y aurait jamais assez de bande passante pour le streaming à grande échelle par internet... on verra.
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Avatar de veilletechnoit
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 29/06/2026 à 12:02
Et cela ne va pas s'arranger. De plus la censure du gouvernement US sur les dernières générations de LLM n'arrange pas les choses. Regardez Claude FAble 5 ou GPT 5.6
Il faut montrer patte blanche, être un américain 'validé' pour pouvoir prétendre utiliser ces moteurs.
on peut espère que l'Europe va réagir et qu'un Mistral (ou autre) pourra percer. N'oublions pas la Chine.
Après, vos data vous les voulez en Chine ou aux USA ?
bref.. aucune réglemntation pour l'heure... cela fait peur
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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 29/07/2026 à 18:50
Les entreprises recherchent des solutions d'IA moins coûteuses alors que le « tokenmaxxing » perd de son attrait en tant que tendance éphémère
L’IA est trop chère et n’est rentable pour personne

Le tokenmaxxing a été institué dans le développement de logiciels comme mesure superficielle de la productivité et signal d'adoption de l'intelligence artificielle, encouragé par des classements internes et l'idée que plus de consommation d'IA équivaut à plus de performance. La tendance qui a pris son envol à l’entame de l’année 2026 n’est plus soutenable par les entreprises sur le long terme. En effet, les rapports se succèdent et font état de ce que « l’intelligence artificielle coûte trop cher et n’est rentable pour personne. »

Plusieurs grands groupes technologiques ont officialisé des restrictions budgétaires face à cette explosion des coûts

Uber Technologies a équipé 5 000 de ses ingénieurs d'assistants de codage dopés à l'IA, entraînant une surconsommation massive de jetons. L’entreprise a ensuite du faire face à une crise financière imprévue après avoir épuisé la totalité de son budget annuel alloué à l'IA en seulement quatre mois. Cela a poussé la direction à à qualifier les coûts de « difficiles à justifier » et à imposer un plafond strict de 1 500 $ par mois et par outil pour chaque employé.

En juin, un tableau de bord interne de Meta Platforms, baptisé « Claudeonomics », a révélé que 85 000 employés ont brûlé plus de 60 000 milliards de jetons en un mois, entraînant une intervention de la direction pour restreindre ces usages non régulés.

Au cours de ce mois qui tire à son terme, des responsables technologiques, à l'instar d'Amazon (via son CTO Werner Vogels), ont confirmé publiquement une transition accélérée des grandes organisations vers des modèles open source ou des alternatives locales moins onéreuses pour échapper à la facturation unitaire agressive des modèles propriétaires.

Gartner prévoit que les coûts liés au codage par IA dépasseront le salaire moyen d'un développeur d'ici 2028

L'intelligence artificielle (IA), longtemps présentée comme un outil censé améliorer la productivité tout en maîtrisant les coûts, devient un fardeau financier pour certaines organisations. Les dépenses des entreprises en matière d'IA montent en effet en flèche, certaines d'entre elles payant désormais davantage pour la puissance de calcul que pour la main-d'œuvre humaine. Alors que les coûts augmentent et que les retours sur investissement restent incertains, les dirigeants commencent à se demander si l'essor de l'IA est durable et si cette technologie est vraiment moins coûteuse que la main-d'œuvre humaine.

Récemment, Gartner, Inc., une société spécialisée dans les analyses commerciales et technologiques, a déclaraé que d’ici 2028, les coûts liés au codage IA dépasseront le salaire moyen d’un développeur en raison de l’augmentation de la consommation de jetons des grands modèles de langage (LLM) et du passage à des modèles de licence basés sur la consommation. Les jetons IA (tokens) sont les unités de données traitées par les modèles d’IA générative. La consommation de jetons a un impact direct sur le coût des outils de codage IA, en particulier dans le cadre de structures tarifaires basées sur la consommation.

« Les entreprises passent rapidement de la phase d’expérimentation au déploiement à grande échelle d’agents de codage IA, mais beaucoup sous-estiment l’impact financier de l’augmentation de la consommation de jetons », a déclaré Nitish Tyagi, analyste principal senior chez Gartner. « La maîtrise de la consommation de jetons ne résultera pas uniquement des choix des développeurs, car ceux-ci ont tendance à privilégier la rapidité et la commodité au détriment de la rentabilité. Sans un modèle opérationnel d’ingénierie bien encadré, les coûts peuvent grimper plus vite que les gains de productivité que ces outils sont censés apporter. »

En gros, l'IA coûte trop cher et n'est rentable pour personne

En mai 2026, l'analyste Edward Zitron étrille à nouveau le modèle économique de l'IA. Dans une analyse critique, il affirme que le secteur traverse actuellement une bulle financière insoutenable en raison de coûts d'infrastructure et d'exploitation démesurés. Les acteurs investissent des milliers de milliards de dollars sans générer de revenus réels capables de justifier de telles dépenses. Anthropic et OpenAI sont critiqués pour leurs pertes massives et l'absence de modèle économique rentable à long terme. L'éclatement de la bulle serait un carnage.

Edward Zitron soutient que « l'IA n'est actuellement viable sur le plan économique pour aucun acteur », à l'exception des constructeurs de centres de données et des fabricants de matériel comme Nvidia. Selon les rapports financiers, les startups du secteur perdent des sommes colossales chaque année, tandis que les géants de la technologie investissent des centaines de milliards de dollars sans aucune perspective de rentabilité à long terme. En fin de compte, des analyses suggèrent que Google pourrait être le seul gagnant, grâce à son importante réserve de liquidités.

C'est cette situation économique qui a conduit la fin de l'ère du forfait illimité. Derrière la guerre des modèles que se livrent les grands laboratoires d'IA se joue une bataille moins visible mais tout aussi décisive : celle de la monétisation. Le token, cette unité atomique de traitement du texte, est en train de redéfinir en profondeur les rapports entre fournisseurs, entreprises clientes et développeurs. Et les stratégies divergentes d'Anthropic et d'OpenAI révèlent deux visions radicalement différentes de ce que devrait être l'économie de l'intelligence artificielle.

Anthropic a choisi la rigueur comptable. La réponse d'Anthropic a été de s'éloigner de la tarification forfaitaire pour les entreprises et d'adopter la facturation à la consommation de tokens, de sorte que les revenus collectés reflètent l'usage réel. La société a également coupé l'accès à certains outils tiers qui étaient de gros consommateurs de tokens. OpenAI, de son côté, a longtemps privilégié la croissance de la consommation à tout prix. Pendant qu'Anthropic opérait ce virage, OpenAI rendait l'IA moins chère et plus facile à consommer à grande échelle. Cependant, même OpenAI a reconnu publiquement lors d'un podcast que « il est possible que dans l'ère actuelle, avoir un plan illimité revienne à avoir un plan d'électricité illimité. Ça n'a tout simplement pas de sens. »

La solution viendra-t-elle de la Chine qui met gratuitement à disposition ses meilleurs modèles d’IA ?

Les grands modèles de langage (LLM) développés par la Chine, comme Kimi K3 de Moonshot, GLM-5.2 de Z.ai ou encore les systèmes de DeepSeek, connaissent une adoption massive et rapide aux États-Unis. Ces technologies chinoises séduisent de plus en plus les développeurs américains et les organisations, qui y voient des solutions particulièrement abordables et efficaces face aux offres locales souvent beaucoup plus chères et moins flexibles.

La performance des modèles d'IA chinois égale désormais celle des systèmes développés par les géants de la Silicon Valley, mais pour une fraction du coût, ce qui a permis à Kimi K3 de générer plus de 930 000 téléchargements dans la semaine suivant son lancement. La demande pour le modèle a explosé peu après son annonce, poussant Moonshot AI à suspendre temporairement les nouveaux abonnements, car ses capacités étaient insuffisantes.

Raffi Krikorian, directeur technique de Mozilla, a d'ailleurs adopté Kimi K3 pour ses tâches quotidiennes. « Il semble tout simplement plus réactif », déclara-t-il en comparant Kimi K3 au modèle Claude Fable d'Anthropic. Cet attrait économique devient d'autant plus stratégique avec l'usage croissant des agents IA autonomes effectuant des tâches complexes en plusieurs étapes. Pour de nombreux développeurs, il s'agit d'une solution plus abordable.

Curt Meinhold, un cadre technologique américain, résume cet avantage compétitif comme suit : « si je peux payer quelques centimes pour un million de tokens de sortie au lieu de 30, 40 ou 50 dollars, alors c'est largement suffisant ». Les performances de Kimi K3 auraient à elles seules suffi à intensifier la rivalité entre les États-Unis et la Chine. À Washington, la montée en puissance chinoise dans l'IA suscite un malaise, ainsi que des inquiétudes.

Même si dans la pratique, il reste à voir si les modèles d'IA de pointe à poids ouverts sont réellement moins coûteux à exploiter, ils ont historiquement constitué une alternative moins onéreuse aux systèmes propriétaires d'OpenAI, de Google et d'Anthrpic. Ils offrent également davantage de liberté aux développeurs, à l’heure où les laboratoires américains restreignent l’accès à leurs derniers modèles d'IA et imposent des contraintes plus strictes.

Et vous ?

La facturation à l'usage est-elle intrinsèquement plus juste que l'abonnement illimité ou favorise-t-elle simplement les grandes entreprises disposant de budgets IT prévisibles au détriment des développeurs indépendants ?

La montée en puissance des modèles open source locaux (DeepSeek, Llama, Mistral) constitue-t-elle une alternative crédible à l'inférence cloud pour les workflows de développement quotidiens en 2026 ?

Cette tendance à la fin des subventions d'inférence marque-t-elle le début d'une consolidation du marché des assistants IA pour développeurs, avec un nombre réduit de gagnants capables de maintenir des prix compétitifs à long terme ?

Voir aussi :

L'âge d'or du forfait IA illimité tire à sa fin : pubs ciblées, limitations d'usage, fonctionnalités verrouillées, prix en hausse. L'IA agentique contraint les fournisseurs à changer leurs modèles économiques

Anthropic bloque l'utilisation par des clients tiers des abonnements à Claude Code : la fin de l'interopérabilité et de l'ouverture des outils de dev ou simple épisode dans la bataille des assistants IA ?

Après qu'Anthropic ait bloqué brutalement Openclaw techniquement et légalement, Sam Altman l'opportuniste en profite pour récupérer le bébé dans le giron d'OpenAI
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 29/06/2026 à 7:05
Oui ! Et alors ?

Si on revient 40 ans en arrière, je suis à peu près sûr que garder les secrétaires, dactylos, archivistes, coursiers et autres, aurait coûté moins cher que de remplacer tout ce beau monde par l'informatique.

L'IA va remplacer les développeurs parce que les décideurs veulent de l'IA et plus de développeurs, peu importe qu'elle soit plus chère et moins efficace.
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 28/04/2026 à 9:31
Un LLM et des agents restent cependant beaucoup plus "manageable" que des salariés. Même si ça coûte plus cher en définitive, l'entreprise reste gagnante.
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