Un employé de Disney interroge Claude 51 000 fois par jour, mais une utilisation accrue s'accompagne d'une hausse des coûts : des documents internes confidentiels révèlent comment l'IA est utilisée chez DisneyDisney déploie discrètement un tableau de bord sur l'adoption de l'IA auprès de son personnel technique, offrant ainsi aux employés un aperçu de la fréquence à laquelle eux-mêmes et leurs collègues utilisent des outils d'IA tels que Cursor et Claude. Le tableau de bord met en avant les « utilisateurs intensifs » les plus actifs dans ce que certains membres du personnel décrivent comme un classement. Selon le rapport, un employé de Disney aurait invoqué Claude 460 000 fois en neuf jours ouvrés, soit une moyenne de 51 000 requêtes par jour, une utilisation que les initiés attribuent à des agents autonomes.
Pendant des années, l'IA a été présentée comme une révolution en matière de productivité, censée améliorer les performances des travailleurs humains tout en maîtrisant les coûts. Mais une nouvelle réalité se dessine. Pour certaines entreprises, le coût d'exploitation des systèmes d'IA commence à dépasser celui de leurs propres employés. Cette évolution oblige les dirigeants à se poser une question délicate : l'IA est-elle vraiment moins coûteuse que la main-d'œuvre humaine ?
De son côté, Disney déploie discrètement un tableau de bord sur l'adoption de l'IA auprès de son personnel technique, offrant ainsi aux employés un aperçu de la fréquence à laquelle eux-mêmes et leurs collègues utilisent des outils d'IA tels que Cursor et Claude. Selon un rapport de Business Insider, ce tableau de bord suit divers indicateurs tels que le nombre d'utilisateurs actifs, les requêtes effectuées et les jetons consommés.
En outre, il met en avant les « utilisateurs intensifs » les plus actifs dans ce que certains membres du personnel décrivent comme un classement. Le tableau de bord déployé par Disney a donné naissance à une culture du « tokenmaxxing », où les ingénieurs rivalisent pour maximiser leur utilisation de jetons d'IA. Selon le rapport, un employé de Disney aurait invoqué Claude 460 000 fois en neuf jours ouvrés, soit une moyenne de 51 000 requêtes par jour, une utilisation que les initiés attribuent à des agents autonomes.
Alors que les responsables encouragent les employés à s’appuyer sur l’IA, certains membres du personnel font remarquer qu’une utilisation accrue s’accompagne d’une hausse des coûts. « Ils s’en réjouissent pour l’instant, mais nous verrons combien de temps cela durera », a déclaré un employé du secteur du streaming à Business Insider.
L'expérience de Disney fait suite à des initiatives similaires menées par d'autres entreprises. Les employés de Meta avaient mis au point un tableau de bord interne appelé « Caludeonomics » pour suivre l'utilisation des jetons, mais l'ont désactivé au début du mois après sa divulgation publique. Visa, quant à elle, a adopté l’IA en récompensant les utilisateurs intensifs, faisant état de 1 900 milliards de jetons utilisés par mois en mars.
Le président de la technologie chez Visa, Rajat Taneja, a déclaré que l’entreprise ne se concentrait pas sur le nombre brut de jetons, mais sur des résultats mesurables. « Ce qui compte, c’est l’ampleur de l’impact », a-t-il déclaré, soulignant que Visa a commencé à récompenser les équipes qui utilisent l’IA pour travailler plus rapidement. L’entreprise a également mis en place des prix internes liés à l’IA, et une équipe a été réorganisée pour avoir utilisé le modèle Claude Sonnet d’Anthropic afin de déployer une nouvelle API en moins de six jours. Les lauréats peuvent choisir des récompenses allant de points internes à des articles tels que des machines à café.
Chez Disney, ce tableau de bord est antérieur à la nomination de Josh D’Amaro au poste de PDG en mars, mais il arrive à un moment charnière. Le partenariat très médiatisé de Disney avec OpenAI a pris fin plus tôt cette année, laissant planer des doutes sur sa feuille de route en matière d’IA. Pourtant, selon des sources internes, l’IA reste une « priorité absolue » pour l’entreprise, les employés utilisant déjà des outils tels que Claude, Cursor et un chatbot interne appelé « DisneyGPT ».
L'épisode OpenAI n'est pas isolé dans l'histoire récente de Disney. Il s'inscrit dans un cycle récurrent de paris technologiques très médiatisés, suivis d'abandons discrets, notamment la débâcle silencieuse du métavers et les graves difficultés de son partenaire stratégique Epic Games. Les observateurs proches de la marque relèvent que Disney enchaîne ainsi les initiatives technologiques (métavers, NFT, IA, jeux vidéo) à un rythme soutenu mais sans jamais parvenir à les transformer en produits pérennes. Pourtant, dans sa note d'introduction aux équipes, le nouveau PDG de Disney Josh D'Amaro a évoqué sa volonté d'utiliser la technologie pour créer des « expériences plus immersives, interactives et personnalisées », bien sûr sans mentionner explicitement l'IA générative.
Sources : Disney, Business Insider
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