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Meta enregistre sa plus forte croissance depuis 2021 mais accuse son premier recul trimestriel d'utilisateurs : son action diminue de 9 % tandis que Meta revoit son budget IA à la hausse de 10 Mds $

Le , par Stéphane le calme

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Meta enregistre sa plus forte croissance depuis 2021 mais accuse son premier recul trimestriel d'utilisateurs :
son action diminue de 9 % tandis que Meta revoit son budget IA à la hausse de 10 milliards de dollars pour 2026

Pour la première fois de son histoire, Meta a enregistré au premier trimestre 2026 un recul trimestriel de ses utilisateurs actifs quotidiens sur l'ensemble de sa famille d'applications. Pendant que Zuckerberg annonce 145 milliards de dollars de dépenses d'infrastructure pour l'année, les marchés dévissent de 9 %. Derrière les chiffres records se joue une transformation radicale du modèle économique du groupe : de la plateforme sociale à la fabrique de superintelligence personnelle.

Le 29 avril 2026, Meta a publié ses résultats du premier trimestre et la contradiction est saisissante : l'entreprise affiche sa plus forte croissance trimestrielle depuis 2021, avec un chiffre d'affaires de 56,31 milliards de dollars, soit une progression de 33 % en un an. Le bénéfice net a bondi de 61 % à 26,8 milliards. Et pourtant, l'action a chuté de près de 9 % en séance étendue le soir de la publication.

La raison de cette sanction boursière malgré des résultats éclatants ? Meta a enregistré une légère baisse de ses utilisateurs actifs quotidiens à 3,56 milliards au premier trimestre 2026, marquant la toute première baisse jamais observée, malgré le lancement de nouvelles applications. Pour une entreprise dont la valorisation repose en grande partie sur la croissance de son audience, c'est un signal que Wall Street ne pouvait pas ignorer.

Cette légère baisse représente néanmoins une hausse de 4 % en glissement annuel par rapport au premier trimestre 2025, mais le recul trimestriel que Meta attribue aux perturbations d'internet en Iran durant les manifestations de janvier 2026, aux restrictions d'accès à WhatsApp en Russie, et potentiellement aux pertes d'utilisateurs en Australie liées aux nouvelles réglementations sur les réseaux sociaux pour les adolescents.

L'entreprise a pris soin de souligner que sans ces événements géopolitiques et réglementaires, la croissance trimestrielle du nombre d'utilisateurs aurait été positive. Mais la nuance a peu convaincu les investisseurs, qui ont surtout retenu qu'une plateforme utilisée par plus d'un tiers de l'humanité venait d'enregistrer, pour la première fois, un recul trimestriel de son audience consolidée.

Pour mémoire, « audience consolidée » désigne ici le total d'utilisateurs actifs quotidiens calculé sur l'ensemble des applications du groupe (Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger, Threads) en dédupliquant les personnes qui utilisent plusieurs de ces apps dans la même journée. C'est la métrique que Meta appelle officiellement DAP (Daily Active People), distincte des DAU (Daily Active Users) qui mesuraient autrefois Facebook seul.


La machine publicitaire, toujours vaillante

Derrière la métrique des utilisateurs, les fondamentaux du cœur de métier de Meta restent exceptionnellement solides. La croissance du chiffre d'affaires a été portée par une hausse de 19 % des impressions publicitaires et une augmentation de 12 % du prix moyen par publicité.

Le revenu moyen par utilisateur a progressé à 15,66 dollars, contre 12,36 dollars au même trimestre l'année précédente, soit une hausse de 27 %, ce qui démontre que Meta monétise chaque utilisateur de façon de plus en plus efficace, même si leur nombre stagne. Les revenus de WhatsApp via la messagerie payante et les abonnements ont progressé de 74 %, atteignant 885 millions de dollars. Les Business AIs, des agents conversationnels permettant aux entreprises d'interagir avec leurs clients via WhatsApp et Messenger, ont vu leurs conversations hebdomadaires multipliées par dix depuis le début de l'année, pour atteindre plus de 10 millions par semaine.

Ces performances sont en grande partie attribuables à l'IA déployée dans les systèmes publicitaires de l'entreprise. Les améliorations apportées à l'architecture Lattice et au modèle GEM ont permis une hausse de plus de 6 % du taux de conversion pour les publicités orientées vers les pages de destination. Le déploiement d'un nouveau modèle de recommandation publicitaire, capable d'exploiter des modèles d'IA de très grande taille pour identifier les placements les plus susceptibles de convertir, a entraîné une amélioration supplémentaire de 1,6 % des taux de conversion sur Facebook et Instagram.


145 milliards de dollars : le pari de l'infrastructure

Si la baisse des utilisateurs a retenu l'attention, c'est surtout la révision en hausse des dépenses d'investissement qui a provoqué la réaction des marchés. Meta a indiqué que ses dépenses d'investissement pour l'année entière se situeraient entre 125 et 145 milliards de dollars, en hausse par rapport à une fourchette précédente de 115 à 135 milliards.

La CFO Susan Li a justifié cette hausse principalement par l'augmentation du prix des composants, en particulier les mémoires, et, dans une moindre mesure, par des coûts supplémentaires liés aux centres de données. Elle a également révélé que les engagements contractuels de l'entreprise en infrastructure ont bondi de 107 milliards de dollars au cours du seul premier trimestre, à travers des contrats d'achat de composants et des accords de cloud pluriannuels couvrant jusqu'en 2027.

Ce chiffre donne la mesure de l'engagement de Meta : l'entreprise ne se contente pas de dépenser, elle s'engage contractuellement sur le long terme, pariant que sa capacité de calcul sera le facteur déterminant de sa compétitivité future. La société prévoit de réduire la taille de ses effectifs en mai, dans l'idée qu'un modèle opérationnel plus léger lui permettra d'avancer plus vite tout en compensant partiellement les investissements massifs consentis.

Cette logique, investir massivement dans l'infrastructure tout en taillant dans les effectifs, illustre une mutation profonde du secteur technologique : les grandes plateformes parient que demain, des équipes réduites équipées d'agents IA pourront produire ce que des centaines d'ingénieurs accomplissaient auparavant. Zuckerberg lui-même a évoqué en appel des résultats des cas concrets où une ou deux personnes construisent en une semaine ce qui aurait nécessité des dizaines de personnes pendant des mois.

Meta Superintelligence Labs et le modèle Muse Spark

La grande nouveauté de ce trimestre, c'est le lancement de Muse Spark, le premier modèle issu des Meta Superintelligence Labs (MSL), l'entité de recherche interne fondée il y a moins d'un an. Depuis le déploiement de ce modèle, les sessions par utilisateur de Meta AI ont enregistré des hausses à deux chiffres en pourcentage, et l'application Meta AI s'est régulièrement classée parmi les premières dans les stores d'applications.

Muse Spark propulse désormais l'assistant Meta AI sur l'ensemble des applications du groupe (Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger) ainsi que l'application et le site Meta AI standalone. Zuckerberg a décrit ce modèle comme celui qui place Meta AI parmi les assistants de niveau mondial, particulièrement performant sur la compréhension visuelle, la santé, le shopping, les contenus sociaux et la géolocalisation.

La vision du fondateur de Meta est délibérément distincte du discours dominant dans l'industrie. Là où d'autres entreprises présentent l'IA comme un outil de remplacement des travailleurs ou un moteur de productivité centralisée, Zuckerberg défend l'idée d'une IA comme amplificateur des aspirations individuelles. Il parle de « superintelligence personnelle », un agent qui comprend vos objectifs et travaille pour vous aider à les atteindre, qu'il s'agisse de votre santé, de votre apprentissage, de votre carrière ou de vos achats du quotidien.

Cette rhétorique n'est pas anodine : elle positionne Meta non pas comme un concurrent d'OpenAI ou d'Anthropic sur le terrain des outils pour développeurs et entreprises, mais comme le candidat naturel à la démocratisation de l'IA pour les milliards d'utilisateurs qui font déjà partie de son écosystème.


La guerre en Iran, variable inattendue dans l'équation

L'un des aspects les plus inattendus des résultats du trimestre est le rôle joué par le contexte géopolitique. Meta a indiqué que la guerre en Iran et « une restriction sur l'accès à WhatsApp en Russie » ont pesé sur la croissance des utilisateurs. Le groupe fait partie des quatre hyperscalers (avec Alphabet, Amazon et Microsoft) qui ont publié leurs résultats le même jour, soit la première mise à jour aux investisseurs depuis que les États-Unis ont lancé des opérations militaires en Iran fin février.

La guerre en Iran a des répercussions bien au-delà des perturbations d'internet pour les utilisateurs iraniens. Wall Street surveille de près les répercussions de la flambée des prix du pétrole et des disruptions dans les chaînes d'approvisionnement liées au conflit, susceptibles de faire grimper les coûts de l'infrastructure IA et de la construction de centres de données. Pour une entreprise qui vient de relever son enveloppe d'investissement à 145 milliards de dollars, la hausse des prix des composants liée à l'instabilité géopolitique est un risque concret.

Les lunettes IA et Reality Labs : le pari du hardware

Sur le front matériel, les lunettes IA Ray-Ban Meta ont vu leur nombre d'utilisateurs quotidiens tripler d'une année sur l'autre, et de nouvelles lunettes Ray-Ban MetaOptics ont été lancées ce trimestre pour un usage quotidien prolongé plutôt qu'exclusivement comme lunettes de soleil.

Reality Labs, la division qui regroupe les efforts de réalité virtuelle et augmentée, a généré 402 millions de dollars de revenus, en légère baisse de 2 % sur un an, en raison de ventes inférieures de casques Quest. Zuckerberg a réaffirmé que Meta reste le plus grand investisseur au monde dans l'espace VR, tout en précisant que le groupe se concentre désormais sur la rentabilité de cette activité à mesure qu'il déplace ses ressources vers l'IA et les lunettes connectées.

Les risques réglementaires : un nuage persistant

Meta ne manque pas de rappeler à ses investisseurs les vents contraires réglementaires. La Commission européenne a préliminairement conclu que Facebook et Instagram étaient en infraction avec le Digital Services Act pour avoir insuffisamment évalué et atténué les risques d'accès à leurs services par des mineurs de moins de 13 ans. Aux États-Unis, de nouveaux procès sont prévus en 2026 liés aux questions de protection des jeunes, et deux procès ont déjà été perdus en mars 2026, impliquant des allégations selon lesquelles l'entreprise aurait induit des consommateurs en erreur sur les effets négatifs de ses produits.

La CFO Susan Li a indiqué que ces procédures pourraient « in fine entraîner une perte significative », sans en préciser l'ampleur. La combinaison des pressions réglementaires en Europe et aux États-Unis représente un risque systémique pour un groupe dont l'essentiel du revenu dépend de la publicité ciblée et de l'engagement des utilisateurs.

Sources : Meta, transcript de l'appel avec les investisseurs

Et vous ?

La baisse du nombre d'utilisateurs actifs de Meta, présentée comme conjoncturelle (Iran, Russie, Australie), masque-t-elle une saturation structurelle des marchés matures, ou s'agit-il réellement d'un accident de parcours géopolitique ?

Le pari de Zuckerberg sur la « superintelligence personnelle » est-il crédible face à OpenAI, Google DeepMind et Anthropic, ou Meta arrive-t-il trop tard sur un marché déjà structuré par d'autres acteurs ?

Avec 145 milliards de dollars de dépenses d'infrastructure prévues en 2026 et des réductions d'effectifs simultanées, Meta est-il en train de construire le modèle du futur, ou de reproduire les erreurs du métavers avec l'IA ?

Les lunettes Ray-Ban Meta, dont l'usage quotidien a triplé en un an, sont-elles le vrai cheval de Troie de Meta dans la guerre du hardware, là où Zuckerberg a échoué avec les casques VR ?

Voir aussi :

« Model Capability Initiative » : Meta installe un mouchard sur les postes de ses employés pour analyser leurs activités et entraîner ses IA, tandis qu'elle prépare la suppression de 8 000 postes en mai

Yann Le Cun, l'un des meilleurs chercheurs en IA de Meta et l'un des plus grands scientifiques mondiaux dans ce domaine, quitte l'entreprise, estimant que les grands modèles de langage (LLM) sont une impasse
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