Les employés de la division puces électroniques de Samsung recevront une prime moyenne de 340 000 $ grâce à l'explosion des bénéfices liés à l'IA, un accord avec le syndicat évite une grève de 18 joursSamsung Electronics distribuera cette année environ 26,6 milliards $ de primes aux employés de sa division puces après avoir conclu un accord provisoire avec son syndicat. En se basant sur les conditions proposées et les projections des analystes concernant le bénéfice d'exploitation de 2026, le montant moyen de la prime s'élèverait à environ 340 000 $. Cet accord a mis fin à une impasse qui avait nécessité l'intervention du président, du Premier ministre et du ministre du Travail sud-coréens. Une grève qui aurait paralysé la production de puces aurait pu coûter à l'économie jusqu'à 660 millions $ par jour.
Depuis février 2026, l’industrie technologique anticipe un choc majeur lié à la pénurie de mémoire. Le prix de la mémoire a triplé, quadruplé, voire sextuplé selon le type de puce, tout cela parce que les entreprises spécialisées dans l'IA en font la chasse. Ce déficit de l'offre pourrait s’étendre sur une décennie et provoquer la disparition de certains produits, voire d'entreprises entières. Les consommateurs ne sont pas épargnés : le prix du matériel neuf commence à grimper. Cette hausse de prix affectera durablement tout ce qui contient de la mémoire, notamment les ordinateurs, les consoles de jeu, les tracteurs agricoles, les équipements médicaux, etc. Et la situation empire.
Dans ce contexte, des milliers d'employés de Samsung Electronics ont organisé un rassemblement en avril 2026 pour réclamer une part plus importante des bénéfices générés par l'essor des technologies d'IA. Le groupe Samsung est un conglomérat industriel multinational sud-coréen dont le siège social est situé dans le complexe de bureaux Samsung Town à Séoul. Le groupe se compose de nombreuses entreprises affiliées, dont la plupart opèrent sous la marque Samsung, et constitue le plus grand conglomérat familial en Corée du Sud. Parmi les principales filiales de Samsung figurent Samsung Electronics, dans le domaine des technologies informatiques, fabricant d'électronique grand public et de puces électroniques.
L'usine de puces informatiques de la société sud-coréenne à Pyeongtaek a été perturbée par une grève massive au cours de laquelle le personnel a menacé de se mettre en grève si des primes plus élevées ne lui étaient pas accordées. Les organisateurs de la manifestation, menée par le syndicat, ont accusé Samsung de ne pas offrir de rémunération adéquate malgré ses excellents résultats. Ils ont rejeté la proposition de la direction consistant à verser des primes sous forme d'actions restreintes et ont appelé à la suppression des plafonds sur les primes. Samsung, qui produit avec son rival SK Hynix environ les deux tiers des puces mémoire mondiales, a prévu un bénéfice d'exploitation record de 38,6 milliards de dollars pour le premier trimestre.
Selon un rapport récent de Bloomberg, Samsung Electronics distribuera cette année environ 40 000 milliards de wons (26,6 milliards $) de primes aux employés de sa division puces après avoir conclu un accord provisoire avec son syndicat. En se basant sur les conditions proposées et les projections des analystes concernant le bénéfice d'exploitation de 2026, Bloomberg a calculé que le montant moyen de la prime s'élèverait à 513 millions de wons, soit l'équivalent d'environ 340 000 $. La rémunération moyenne totale chez Samsung s'élevait à 158 millions de wons (105 000 $) en 2025, selon un document déposé par l'entreprise.
L'accord, qui doit faire l'objet d'un vote de ratification par le syndicat du 22 au 27 mai, prévoit que Samsung consacre 10,5 % de son bénéfice d'exploitation à des primes en actions, ainsi qu'une composante en espèces distincte de 1,5 %, selon Bloomberg. Le programme s'étend sur 10 ans, sous réserve que l'entreprise atteigne certains seuils de bénéfices. Un tiers des actions attribuées pourra être liquidé immédiatement, le reste étant versé par tranches au cours des deux années suivantes, a rapporté Bloomberg. Le premier versement est prévu début 2027.
Tous les employés ne seront pas traités de la même manière. À titre d'illustration, Reuters a cité une source syndicale estimant qu'un employé de la division des puces mémoire gagnant un salaire de base de 80 millions de wons (52 000 $) pourrait toucher environ 626 millions de wons (415 000 $) de primes au total cette année. En comparaison, les employés de SK Hynix pourraient percevoir jusqu’à 700 millions de wons si leur employeur enregistrait un bénéfice annuel de 250 000 milliards de wons (165 millards $), selon les calculs de Reuters. Contrairement à Samsung, les employés de SK Hynix ne sont pas limités aux versements en actions et peuvent opter pour une rémunération en espèces, a rapporté Reuters.
Cet accord a mis fin à une impasse qui avait nécessité l'intervention du président, du Premier ministre et du ministre du Travail sud-coréens. Une grève qui aurait paralysé la production de puces aurait pu coûter à l'économie jusqu'à 1 000 milliards de wons par jour (660 millions $), les pertes pouvant atteindre 100 000 milliards de wons (66 milliards) si les plaquettes de semi-conducteurs en cours de fabrication avaient été rendues inutilisables. Les expéditions de Samsung représentent près d'un quart de l'ensemble des exportations sud-coréennes.
Les travailleurs avaient réclamé des primes directement liées aux résultats d'exploitation et la suppression d'un plafond qui limitait les versements à la moitié du salaire annuel. La revendication initiale du syndicat portait sur une enveloppe de primes équivalente à 15 % du bénéfice d'exploitation. Le taux convenu de 10,5 % était suffisant, selon les estimations de JPMorgan, pour porter la rémunération totale liée à la performance de Samsung à environ 12 % du bénéfice d'exploitation de l'année, a rapporté Reuters. L'action Samsung a progressé de plus de 6 % à la suite de cette annonce, soutenue en partie par les bons résultats de Nvidia.
Si la situation des fabricants de puce semblent bonne, celle des entreprises suscitent des doutes et des craintes. Le PDG de Phison Electronics l'a dit sans détour dans une interview : la crise mondiale de la mémoire va provoquer des faillites en cascade dans l'électronique grand public d'ici la fin de l'année. Ce n'est plus une alerte de circonstance. C'est le constat brutal d'un acteur central de la chaîne d'approvisionnement mondiale des semi-conducteurs, qui voit depuis son poste d'observation privilégié comment l'IA aspire littéralement toute la production mondiale de DRAM et de NAND flash, laissant les fabricants de smartphones, de PC et de téléviseurs à court de composants, de trésorerie, et bientôt peut-être d'avenir.
Sources : Samsung, Bloomberg, Reuters
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