IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Des documents financiers divulgués révèlent qu'OpenAI perd des milliards de dollars par an. La croissance du chiffre d'affaires est largement éclipsée par les dépenses de R&D et autres coûts

Le , par Mathis Lucas

74PARTAGES

7  0 
Des documents financiers divulgués révèlent qu’OpenAI perd des milliards de dollars par an. La croissance du chiffre d’affaires est largement éclipsée par les dépenses de R&D et autres coûts

OpenAI traverse une période de croissance fulgurante de ses revenus qui reste toutefois éclipsée par des pertes colossales. Bien que son chiffre d'affaires ait atteint des milliards, les dépenses massives dans la recherche et le développement pour l'entraînement des modèles et les frais d'infrastructure dépassent largement ses gains. OpenAI affiche un déficit opérationnel croissant, malgré une amélioration relative de ses marges proportionnelles à ses revenus. Pour rassurer les investisseurs avant une prochaine éventuelle introduction en bourse, la direction tente de réduire les dépenses superflues et de se concentrer sur la rentabilité de ses services de base.

OpenAI dépose des documents auprès de la SEC en vue d’une introduction en bourse attendue. Il s'agit d'une ambition partagée par de nombreux acteurs de la course, comme Anthropic, ce qui a d'ailleurs poussé OpenAI à se restructurer l'année dernière. Cette restructuration lui permet désormais d'opérer en tant qu'entreprise à but lucratif, sous la forme d'une société d'intérêt public tout en conservant le contrôle via sa fondation à but non lucratif.

Cependant, le laboratoire de San Francisco reste largement déficitaire, malgré la diversification de ses services payants. Les documents financiers récemment divulgués révèlent une entreprise avec des revenus en forte croissance, mais actuellement dépassés par des dépenses encore plus importantes.

Les états financiers audités, obtenus par le journaliste indépendant Edward Zitron, montrent que le chiffre d’affaires déclaré d’OpenAI est passé de 3,7 milliards de dollars en 2024 à 13,07 milliards de dollars en 2025. Le Financial Times, qui a examiné ces mêmes documents, indique que son chiffre d’affaires mensuel avait atteint près de 2 milliards de dollars fin 2025, ce qui suggère que son rythme de croissance s’est maintenu tout au long de l’année.

Des dépenses massives creusant le déficit d'exploitation

La croissance d'OpenAI s'appuie sur une base d'utilisateurs massive, le laboratoire revendiquant plus de 900 millions d'utilisateurs actifs hebdomadaires sur ChatGPT, parmi lesquels on compte environ 50 millions d'abonnés payants. Malgré cette croissance fulgurante, les revenus de l'entreprise sont largement éclipsés par des dépenses faramineuses, en particulier dans le domaine de la recherche et du développement (R&D) et du cloud computing.


Les coûts de R&D sont passés de 7,81 milliards en 2024 à 19,18 milliards en 2025, dont 10,59 milliards versés uniquement à Microsoft. À cela s'ajoutent les coûts de production et de distribution, qui ont grimpé de 2,65 milliards à 7,5 milliards de dollars sur la même période, reflétant l'augmentation de la puissance de calcul requise. Les dépenses de vente et de marketing ont également explosé, passant de 1,11 milliard à environ 6 milliards de dollars.

Par conséquent, la perte d'exploitation a considérablement augmenté, passant de 8,78 milliards en 2024 à 20,92 milliards de dollars en 2025. Au niveau global, les documents indiquent que la perte nette annoncée pour 2025 a atteint près de 39 milliards de dollars, contre un peu plus de 5 milliards en 2024.

Toutefois, ce chiffre colossal comprend une charge comptable non récurrente d'environ 30 milliards de dollars liée à des ajustements de valorisation à la suite du passage d'OpenAI à une structure à but lucratif. Sans cela, la perte nette s'élève à un montant plus raisonnable d'environ 8 milliards de dollars. Parallèlement, l'entreprise continue de séduire les investisseurs : une levée de fonds réalisée en mars lui a permis de récolter 122 milliards de dollars.

La domination de ChatGPT s'effrite face à la concurrence

Selon un récent rapport de Sensor Tower, ChatGPT commence à montrer des signes de recul face à une concurrence accrue dans le secteur. Sa part de marché est tombée pour la première fois sous la barre symbolique des 50 %. Bien que ChatGPT demeure le chatbot d'IA le plus populaire sur le marché avec plus de 1,1 milliard d'utilisateurs mensuels, sa part de marché a largement reculé pour s'établir à 46,4 % à la fin du mois de mai 2026.

Cette baisse s'explique par la croissance rapide des rivaux, notamment Gemini de Google, qui capte 27,7 % du marché grâce à son intégration aux outils de l'entreprise, et Claude d'Anthropic, qui détient 10,3 % des parts et se distingue dans les tâches de productivité. Les utilisateurs sont de plus en plus enclins à changer de plateforme, une tendance parfois accélérée par plusieurs événements précis, comme la perte de confiance envers OpenAI.

Le marché des outils d'IA passe d'une logique de croissance pure à une stratégie de rentabilité. Au premier semestre 2026, les utilisateurs ont dépensé plus de 4,2 milliards de dollars sur ces applications, une hausse significative par rapport à l'année précédente, pour près de 2,3 milliards de téléchargements. En matière de revenus, l'Amérique du Nord et l'Europe dominent, tandis que l'Asie a enregistré une légère baisse de ses téléchargements.

Claude se démarque particulièrement aux États-Unis avec un taux de conversion record, 13 % de ses utilisateurs payant pour un abonnement. Parallèlement, l'engagement des utilisateurs a doublé, atteignant près de 36 milliards d'heures passées sur les applications d'IA au premier semestre 2026.

Rentabilité : les acteurs de l'IA se tournent vers la publicité

Pour diversifier ses revenus au-delà des abonnements à ses services, OpenAI a commencé à intégrer progressivement des publicités dans ChatGPT depuis février. En mai, 17 % des utilisateurs quotidiens y étaient exposés, les annonceurs principaux venant des secteurs des logiciels, du shopping, des médias et de la restauration. De plus, ChatGPT renvoie de plus en plus de trafic vers de gros détaillants en ligne comme Target, Costco et Walmart.


Amazon, en revanche, a choisi de bloquer les robots de ChatGPT, ce qui profite à l'assistant de Walmart, Spark, en pleine croissance. Malgré une croissance stagnante de son propre assistant IA Rufus, Amazon a tout de même constaté que celui-ci augmentait considérablement le temps passé sur son application et les taux de conversion des acheteurs qui l'utilisent. (Il est important de souligner qu'Amazon a massivement investi dans Anthropic.)

Selon un rapport publié par The Information en avril, OpenAI prévoit une baisse de 80 % du nombre d'abonnements à ChatGPT Plus, qui passerait de 44 millions en 2025 à 9 millions en 2026. Pour compenser ce recul spectaculaire, le laboratoire de San Francisco a mis en place un plan. Il envisagerait de développer son offre ChatGPT Go, moins coûteuse et financée par la publicité, avec pour objectif d'atteindre 112 millions d'abonnés en 2026.

OpenAI est soumis à la pression des investisseurs pour devenir rentable. Mais cette réorientation ambitieuse soulève toutefois des questions quant à la viabilité d'une telle croissance, d'autant qu'il a été révélé qu'OpenAI n'avait pas atteint ses objectifs en matière de nouveaux utilisateurs et de chiffre d'affaires.

OpenAI forcé de démontrer une voie crédible vers la rentabilité

Le financement du service gratuit provient de plusieurs canaux payants. Les abonnements premium constituent une source directe de revenus récurrents. Les entreprises et développeurs paient aussi pour l’accès aux API, ce qui constitue une part importante de la monétisation. À cela s’ajoute l’écosystème de modèles personnalisés via une place de marché dédiée. Ces flux compensent partiellement le coût de l’accès gratuit accordé au grand public.

À la mi-2025, l'offre ChatGPT Plus comptait environ 10 millions d'utilisateurs. OpenAI comptait 3 millions d'utilisateurs professionnels payants dans les catégories Entreprise, Équipe et Éducation. Le nombre total d'abonnés payants était estimé à environ 50 millions. Et le taux de conversion des utilisateurs gratuits en utilisateurs payants était d'environ 5 à 6 %. Ces revenus sont encore loin de couvrir les dépenses d'exploitation colossales d'OpenAI.

La société a déclaré un chiffre d'affaires annuel de plus de 2 milliards de dollars en 2023. Depuis lors, sa croissance s'est considérablement accélérée. OpenAI a déclaré en 2025 que son chiffre d'affaires annualisé dépassait les 20 milliards de dollars, soit une augmentation de 233 % par rapport à 2024, où le chiffre d'affaires était passé de 2 milliards de dollars en 2023 à 6 milliards de dollars en 2024. Cependant, les pertes continuent à augmenter.

Malgré cette croissance historique, le fabricant de ChatGPT dépenserait plus de 17 milliards de dollars par an. Rien qu'au premier semestre 2025, OpenAI a brûlé environ 13,5 milliards de dollars, contre des revenus modestes de 4,3 milliards de dollars, mais la startup vaut désormais 850 milliards de dollars.

Derrière l’image d’une entreprise toute-puissante, portée par le succès planétaire de ChatGPT, se dessine un modèle de financement sous tension, marqué par des pertes colossales anticipées et une dépendance accrue à des partenariats géopolitiques et industriels. Entre projections internes alarmantes et tournées diplomatiques de son patron, OpenAI incarne aujourd’hui les paradoxes d’une IA devenue incontournable, mais très loin d’être rentable.

Instabilité de la direction et des défis juridiques croissants

La structure dirigeante subit des remaniements profonds avec le départ ou la mise en congé médical de plusieurs membres clés de la direction, tels que la responsable du déploiement de l'AGI, la directrice du marketing et le directeur de l'exploitation. Ces mouvements interviennent dans un climat de méfiance, alimenté par des rapports de presse suggérant que « le PDG Sam Altman aurait pu induire en erreur son conseil d'administration par le passé ».


Sam Altman est un personnage très controversé. Il a transformé OpenAI, fondée à l'origine comme organisation à but non lucratif, en une entreprise à but lucratif, ce que certains voient comme une trahison des idéaux fondateurs. Certains de ces collègues ont confié au New Yorker qu’il manque d’une expertise technique approfondie en programmation et en apprentissage automatique, bien qu’il dirige l’une des entreprises d’IA les plus influentes au monde.

« En réfléchissant à l’avenir de la communication chez OpenAI, une chose m’est apparue clairement : les codes de communication habituels ne s’appliquent tout simplement pas à nous », avait déclaré la responsable du déploiement de l’AGI chez OpenAI, Fidji Simo, qui était auparavant la directrice des applications.

OpenAI est vulnérable, en particulier à l’approche de son introduction en bourse potentielle. Alors que les investisseurs injectent des milliards de dollars, tous les regards sont tournés vers son bilan. La directrice financière Sarah Friar aurait exprimé ses inquiétudes quant au fait que l’entreprise ne soit pas prête à entrer en bourse aussi vite que le PDG Sam Altman le souhaite. En effet, la pression pour générer des revenus n’a jamais été aussi forte.

La bulle IA repose sur un mirage soigneusement entretenu

Edward Zitron estime que « beaucoup de nouvelles technologies intégrant l’IA ne sont que des itérations d’outils déjà existants, habillés de marketing extravagant ». Ces produits sont présentés comme révolutionnaires alors qu’ils ne font rien de fondamentalement nouveau. L’industrie se concentre sur l’image et le battage médiatique plutôt que sur la création de valeur réelle. Il critique le modèle de capital-risque et de l’investissement dans l’IA.

Edward Zitron est auteur, podcasteur et spécialiste des relations publiques anglais. Il est connu pour ses analystes critiques sur le secteur technologique, notamment l'essor de l'IA générative. Il dénonce le battage médiatique intense autour des entreprises spécialisées dans l'IA générative. D'après lui, le secteur de l'IA utilise les médias pour dissimuler une croissance des infrastructures beaucoup plus lente que ce qui est annoncé officiellement.

« Toute la bulle IA repose sur un vague sentiment d'inévitabilité : l'idée que si tout le monde croit suffisamment fort que rien de tout cela ne peut jamais, jamais mal tourner, alors à un moment donné, tous les problèmes évidents finiront par disparaître », a écrit Edward Zitron dans une nouvelle analyse.

Edward Zitron affirme que le marché actuel de l'IA présente des signes inquiétants de surchauffe, rappelant la bulle Internet de la fin des années 1990, mais à une échelle encore plus grande. Les investissements massifs dans des startups souvent dépourvues de modèle économique viable alimentent une spéculation excessive, où la perception de croissance prime sur la création de valeur réelle. Les conséquences à terme pourraient être dévastatrices.

L'IA est trop chère pour qu'un laboratoire puisse la rentabiliser

Anthropic et OpenAI brûlent leurs réserves de liquidités sans aucun plan viable pour arrêter cette hémorragie financière. Edward Zitron estime que les deux entreprises doivent générer ou lever plus de 1,25 billion de dollars au cours des quatre prochaines années. L'analyste soutient aussi que « les prévisions selon lesquelles ces laboratoires deviendraient rentables d'ici 2027 ou 2028 sont purement fantaisistes et destinées à tromper les investisseurs ».


À en croire son analyse, la réalité montre que les marges brutes de ces entreprises se détériorent, car ces dernières sont contraintes d'acheter des capacités de calcul en urgence et au prix fort pour répondre à une demande difficile à anticiper. Ed Zitron estime qu'Anthropic semble ainsi dépenser trois dollars pour chaque dollar gagné, tout en accumulant des centaines de milliards de dollars d'engagements financiers envers les fournisseurs de cloud.

Les centres de données ont besoin d’électricité pour fonctionner, et ceux dédiés à l’IA, en particulier, en consomment énormément. Il faut aussi du personnel pour s’occuper de la maintenance, des réparations et de l’exploitation. À cela s’ajoutent les impôts, les assurances et les autres frais courants qui, une fois additionnés, donnent un chiffre colossal et effrayant. Pour que tout ceci soit rentable à l'avenir, ces quatre conditions doivent être remplies :

  • les revenus liés à l'IA doivent exploser ;
  • il faut cesser d’investir en dépenses d’investissement ;
  • les GPU doivent générer une marge positive, en tenant compte à la fois de leur coût et de la dette liée à leur mise en service ;
  • les revenus de l’IA doivent rester stables avant et après l’arrêt de ces dépenses d’investissement.


Si les dépenses d'investissement ne cessent jamais, il faut que les revenus explosent de manière spectaculaire, à hauteur de presque le double de l'ensemble des activités de Microsoft, Meta et Google, et le triple du chiffre d'affaires annuel d'AWS (128 milliards de dollars). Par ailleurs, il faut que ces revenus soient aussi rentables, car sinon, d'autres activités saines pourraient finir par ralentir, laissant l'IA creuser un trou dans les marges globales.

Conclusion : défis futurs et recentrage stratégique

OpenAI se retrouve dans une situation délicate. Pour espérer atteindre la rentabilité d'ici 2030, OpenAI devra impérativement maîtriser ses coûts, tout particulièrement ceux liés à l'entraînement de ses nouveaux modèles. La société doit faire face à une clientèle professionnelle exigeant un retour sur investissement mesurable et à la pression de son concurrent Anthropic, ce qui pourrait l'obliger à baisser ses prix et aggraver temporairement ses pertes.

En réponse, la direction d'OpenAI a décidé de réduire ses projets annexes pour se concentrer sur ses utilisateurs principaux dans le domaine de la programmation et des affaires. Ce recentrage s'est notamment traduit par la fermeture en mars dernier de son modèle de génération de vidéos, Sora.

Le milliardaire Mark Cuban a critiqué les investissements massifs du secteur de l'IA et a déclaré qu'OpenAI ne sera jamais en mesure de rentabiliser ses investissements massifs de 1 000 milliards dans l'IA : « ils sont en train de dilapider cet argent à une échelle vertigineuse ». Il critique également les stratégies de communication de dirigeants comme Sam Altman, estimant que leurs discours servent principalement à lever des capitaux.

La fragilité financière d'OpenAI alimente un débat plus large sur la solidité des acteurs de l'IA et leur capacité à s'inscrire durablement dans le paysage économique. Selon certains experts, « OpenAI n'est pas trop grande pour faire faillite », malgré sa position centrale dans l'écosystème de l'IA. Selon eux, la domination technologique ne garantit ni la rentabilité ni la résilience à long terme, en particulier dans un marché encore en phase de structuration.

Sources : Sensor Tower, billet de blogue

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous de la fragilité financière d'OpenAI ?
Selon vous, OpenAI pourra-t-il survivre longtemps ainsi ? Pourquoi ?
OpenAI vise la rentabilité d'ici 2030. Cette prévision peut-elle se concrétiser ?
L'ensemble du secteur de l'IA n'est pas rentable. Cette tendance va-t-elle s'inverser à l'avenir ?


Voir aussi

Les documents internes d'OpenAI prévoient une perte de 14 milliards de $ en 2026 : « OpenAI est en train de s'effondrer. Aucune start-up dans l'histoire n'a jamais fonctionné avec de telles pertes »

OpenAI prévoit une chute de 80 % du nombre d'abonnements à ChatGPT Plus, passant de 44 millions en 2025 à 9 millions en 2026, et espère échapper à ce désastre en augmentant la publicité

OpenAI envisage de baisser considérablement les prix de ses services d'IA, dans le but de détourner les consommateurs de son concurrent Anthropic
Vous avez lu gratuitement 300 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-nous-la !