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Les économistes commencent à se rallier à l'idée que l'IA détruit bel et bien des emplois, avec une nouvelle déclaration signée par 16 lauréats du prix Nobel concernant le danger réel que représente l'IA

Le , par Eliora

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Plus de 200 économistes et chercheurs, dont 16 lauréats du prix Nobel, ont récemment publié une déclaration commune dans laquelle ils avertissent que l'intelligence artificielle (IA) pourrait transformer l'économie à une vitesse et à une échelle dépassant celles de la révolution industrielle. Intitulée « Nous devons agir maintenant », cette déclaration met en garde contre le fait que l’IA « pourrait entraîner des risques, notamment des suppressions d’emplois à grande échelle, mais aussi offrir des opportunités, telles qu’une amélioration significative du niveau de vie ». Ils appellent les décideurs politiques et les responsables du secteur technologique à commencer à mettre en place des politiques et des institutions pour faire face à ces bouleversements.

Une étude de Goldman Sachs en janvier 2026 a relancé le débat sur l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur l’emploi en estimant que 25 % de l’ensemble des heures de travail pourraient être automatisées par l’IA. S'appuyant sur des données du département américain du Travail, les analystes Joseph Briggs et Sarah Dong anticipent un déplacement significatif de la main-d'œuvre, sans pour autant évoquer un effondrement du marché de l'emploi. Leur analyse prévoit une hausse d'un million du nombre de chômeurs, tout en soulignant que l’IA n’affectera pas tous les secteurs de manière uniforme. Ils rappellent toutefois que les précédents changements technologiques ont créé de nouvelles professions à grande échelle, tempérant ainsi l'idée d'un remplacement massif et irréversible du travail humain.

Dans ce contexte, plus de 200 économistes et chercheurs, dont 16 lauréats du prix Nobel, ont récemment publié une déclaration commune dans laquelle ils avertissent que l'intelligence artificielle (IA) pourrait transformer l'économie à une vitesse et à une échelle dépassant celles de la révolution industrielle, et appellent les décideurs politiques et les responsables du secteur technologique à commencer à mettre en place des politiques et des institutions pour faire face à ces bouleversements.

Intitulée « Nous devons agir maintenant », cette déclaration met en garde contre le fait que l’IA « pourrait entraîner des risques, notamment des suppressions d’emplois à grande échelle, mais aussi offrir des opportunités, telles qu’une amélioration significative du niveau de vie ». Parmi ses principales revendications, la déclaration exhorte les économistes, les décideurs politiques et les responsables du secteur technologique à approfondir leur compréhension de la manière dont l’IA remodèle l’économie et à mettre en place des garde-fous garantissant que cette technologie vienne compléter le travail humain plutôt que de le remplacer.


L'importance de cette déclaration tient en partie aux signataires. Erik Brynjolfsson, économiste à Stanford qui a contribué à l'organisation de cette initiative, a déclaré qu'il y avait eu « un changement notable au sein de la profession ». La communauté des économistes a longtemps rejeté les avertissements concernant une substitution rapide des emplois par l’IA, la plupart des chercheurs affirmant que le calendrier des bouleversements technologiques est systématiquement surestimé. Parmi les signataires du document figurent Daron Acemoglu et Simon Johnson — tous deux professeurs au MIT et lauréats du prix Nobel d’économie 2024 — dont le scepticisme public antérieur quant au potentiel disruptif de l’IA rend leur participation particulièrement frappante.

« Si l’on considère ce que les robots ont accompli dans le secteur manufacturier, le fait que l’IA réalise quelque chose d’équivalent dans un laps de temps plus court serait véritablement disruptif et aurait des conséquences très lourdes sur les moyens de subsistance des gens », a déclaré Daron Acemoglu. Dans le même temps, Acemoglu a précisé qu’il n’avait pas renoncé à ses doutes quant à la capacité de l’IA à évoluer aussi rapidement que l’affirment les voix les plus optimistes du secteur, même si une série de percées récentes a renforcé ses craintes concernant la perte d’emplois pour les travailleurs.

Anton Korinek, professeur à l’université de Virginie actuellement en poste chez Anthropic, a replacé cette urgence dans un contexte historique : « La vapeur, l’électricité et les ordinateurs ont chacun donné aux sociétés des décennies pour s’adapter ; l’IA ne nous laissera peut-être que quelques années. » Korinek a coorganisé cette initiative avec Erik Brynjolfsson de Stanford, Ajay Agrawal de l’université de Toronto et Tom Cunningham, chercheur au METR.

La présence de représentants du secteur sur la liste des signataires est notable : on y trouve notamment Sarah Friar, directrice financière d’OpenAI, Jeff Dean de Google DeepMind, et Jack Clark, l’un des fondateurs d’Anthropic. La déclaration ne contient pas de recommandations politiques spécifiques.

Obtenir une vision statistique plus claire de la manière dont l’IA se répand dans l’économie figure parmi les tâches les plus urgentes auxquelles ce domaine est confronté, a déclaré Brynjolfsson, soulignant que des années de mesures contradictoires ont empêché les chercheurs d’évaluer avec précision qui est le plus menacé. « Je constate encore un écart important à ce sujet, un décalage considérable, et je crains un peu que nous ne soyons pas prêts à affronter le tsunami qui s’annonce », a-t-il déclaré.

Cette déclaration intervient alors que les effectifs des cols blancs sont en baisse depuis des dizaines de mois consécutifs, une période qu’Aaron Terrazas, ancien économiste en chef chez Glassdoor, a qualifiée d’inédite en dehors d’une période de récession. Le taux de chômage officiel est resté stable, mais les chercheurs spécialisés dans le marché du travail ont constaté que le ralentissement se traduisait par du sous-emploi et des départs de la population active plutôt que par du chômage officiel.

Selon un rapport d'octobre 2025, les licenciements massifs qui touchaient hier les ouvriers et les caissiers gagnent désormais les tours vitrées des grandes entreprises. Après des années d’automatisation industrielle, c’est au tour des emplois « cols blancs » de subir le choc de l’intelligence artificielle. Banques, cabinets de conseil, services juridiques, assurances, médias : des dizaines de milliers de postes disparaissent silencieusement. Ce n’est plus un fantasme technologique, mais une réalité économique.

Voici la déclaration des chercheurs :

Nous devons agir dès maintenant : Déclaration sur la transformation de l’économie par l’IA

1. L’IA pourrait devenir radicalement plus puissante au cours des dix prochaines années.

2. Cela pourrait entraîner une transformation sans précédent de notre économie, plus importante que la révolution industrielle, mais se déroulant sur une période nettement plus courte. Elle pourrait comporter des risques, notamment des suppressions d’emplois à grande échelle, mais aussi offrir des opportunités telles qu’une amélioration significative du niveau de vie.

3. Les économistes, les décideurs politiques et les leaders du secteur technologique doivent agir dès maintenant pour comprendre les enjeux économiques de l’IA transformatrice et mettre en place les incitations, les garde-fous et les institutions nécessaires pour orienter l’IA dans une direction qui complète les capacités humaines et profite à la société.

Source : Déclaration des chercheurs

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