Un nouveau rapport a récemment révélé que xAI a installé 59 turbines à gaz naturel pour « Colossus 2 » sans permis fédéral de protection de l’air, soit plus du double des 27 qu’elle avait reconnues en janvier. Les calculs environnementaux expliquent pourquoi cette affaire dépasse le simple cadre d’un litige en matière d’autorisations. Une analyse, fondée sur les profils d’émissions des fabricants, a estimé que 30 turbines fonctionnant en continu à 80 % de leur capacité pourraient émettre près de 2 500 tonnes courtes d’oxyde d’azote, 4 000 tonnes courtes de monoxyde de carbone et 22 tonnes courtes de formaldéhyde par an. Il convient toutefois de préciser que les chiffres de pollution avancés proviennent d’un modèle basé sur les profils des fabricants et un cycle de fonctionnement supposé.En juin 2025, le supercalculateur de xAI d'Elon Musk, Colossus, fait l'objet d'une éventuelle poursuite judiciaire de la part de la NAACP et du Southern Environmental Law Center pour des problèmes de pollution liés à ses turbines à gaz. Les détracteurs affirment que les turbines émettent du smog, du dioxyde de carbone, des oxydes d'azote et du formaldéhyde, aggravant les risques pour la santé dans une région où le taux de cancer est quatre fois supérieur à la moyenne nationale. Cependant, xAI a répondu que "les unités de production d'électricité temporaires fonctionnent en conformité avec toutes les lois applicables."
Depuis, un rapport a révélé que les Big Tech considèrent que la destruction de la planète est un compromis acceptable pour engranger des profits illimités. Les nouveaux projets de construction de centres de données voient le jour malgré leurs impacts sur l'environnement. Leur consommation énergétique menace de provoquer une hausse massive des émissions de gaz à effet de serre. Afin de contourner les délais de raccordement aux réseaux électriques traditionnels, les Big Tech comme Meta et xAI construisent leurs propres centrales au gaz naturel. Mais ces infrastructures pourraient générer une pollution atmosphérique dépassant celle de nations entières.
Un nouveau rapport a récemment révélé que xAI a installé 59 turbines à gaz naturel pour « Colossus 2 » sans permis fédéral de protection de l’air, soit plus du double des 27 qu’elle avait reconnues en janvier. Une analyse estime que 30 turbines à elles seules pourraient émettre environ 2 500 tonnes d’oxyde d’azote par an à proximité de communautés majoritairement noires présentant des taux élevés de maladies pulmonaires.
xAI exploite 59 turbines à gaz non autorisées pour Colossus 2
Le chiffre n’est pas le nombre de paramètres du prochain modèle de xAI, mais le nombre de turbines qui l’alimentent. xAI a installé 59 turbines à gaz naturel pour alimenter son centre de données Colossus 2 sans avoir obtenu les autorisations fédérales requises en matière de qualité de l’air, d’après des communications entre l’entreprise et les autorités de régulation. Ce chiffre représente plus du double des 27 turbines non autorisées que l’entreprise avait elle-même reconnues en janvier, et 57 d’entre elles sont installées hors réseau à Southaven, dans le Mississippi, juste de l’autre côté de la frontière de l’État par rapport au site de Memphis qui héberge le chatbot Grok.
Les calculs environnementaux expliquent pourquoi cette affaire dépasse le simple cadre d’un litige en matière d’autorisations. Une analyse, fondée sur les profils d’émissions des fabricants, a estimé que 30 turbines fonctionnant en continu à 80 % de leur capacité pourraient émettre près de 2 500 tonnes courtes d’oxyde d’azote, 4 000 tonnes courtes de monoxyde de carbone et 22 tonnes courtes de formaldéhyde par an.
Nicholas Mailloux, chercheur postdoctoral à l’université du Wisconsin-Madison, a déclaré que le chiffre relatif aux NOx à lui seul placerait le site « au même niveau que certaines des centrales au gaz naturel les plus polluantes de tout le pays ». Les turbines sont situées à proximité de communautés à majorité noire qui, selon des données gouvernementales, souffriraient déjà de taux disproportionnellement élevés de maladies pulmonaires.
La politique a déjà rattrapé la technologie. Le ministère américain de la Justice a déposé le 15 juin un mémoire faisant valoir que restreindre l’exploitation des turbines pourrait menacer les intérêts de sécurité nationale, car les systèmes de xAI soutiennent les opérations militaires américaines, y compris celles impliquant l’Iran. Les autorités de régulation du Mississippi, quant à elles, ont délivré en mars un permis pour 41 turbines à gaz permanentes sur le site, cette autorisation ayant été accordée trois semaines après la seule audience publique organisée par l’État sur le projet.
Il convient toutefois de préciser que les chiffres de pollution avancés proviennent d’un modèle basé sur les profils des fabricants et un cycle de fonctionnement supposé, et non de mesures effectuées sous le vent du site ; de même, le nombre de turbines est issu d’échanges avec les autorités de régulation plutôt que d’un inventaire sur place. Il faut donc considérer ces données comme des informations rapportées, et non comme des faits établis. Le reportage ne précise pas non plus quelle part de la charge réelle de Colossus 2 provient aujourd’hui de ces turbines par rapport au réseau électrique.
Ce qu’il convient de surveiller, c’est à qui cela donne du pouvoir. Les associations locales disposent désormais d’un cas d’espèce fédéral très concret permettant de déterminer si le déploiement d’une infrastructure d’IA peut passer outre la loi sur la qualité de l’air (Clean Air Act), tandis que les opérateurs de centres de données concurrents, dont l’approvisionnement en électricité est autorisé et divulgué, viennent de gagner discrètement un avantage en termes de réputation auprès de tout acheteur professionnel soucieux de l’empreinte environnementale des ressources informatiques qu’il loue.
Pourtant, en mai 2026, Anthropic a annoncé s'étendre sur le centre de données Colossus 2 d'Elon Musk, afin de répondre à la demande croissante pour la plateforme d'IA Claude. L’accord d'infrastructure de plusieurs milliards de dollars fournit à Anthropic la puissance de calcul nécessaire pour éliminer les goulots d'étranglement, lever les limites de débit et étendre ses opérations pour les abonnés Pro et Enterprise. La manœuvre s’effectue dans un contexte de protestations contre les centres de données et la pollution dont ils sont des vecteurs.
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