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L'administration Trump s'apprête à prendre le contrôle des décisions concernant les entreprises et entités autorisées à accéder aux modèles d'IA les plus puissants d'Anthropic et d'OpenAI

Le , par Alex

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L'administration Trump s'apprête à prendre le contrôle des décisions concernant les entreprises et entités autorisées à accéder aux modèles d'intelligence artificielle les plus puissants d'Anthropic et d'OpenAI. Dans le cadre de ce nouveau dispositif, les entreprises devraient obtenir l’accord de Washington avant d’associer des partenaires au lancement d’un modèle, un changement qui remet en question la viabilité d’initiatives existantes telles que le projet Glasswing d’Anthropic et le consortium Daybreak d’OpenAI. Un responsable de la Maison Blanche a déclaré que l’administration n’accordait pas d’autorisations pour les lancements de modèles d’IA par des entreprises privées, et que toute collaboration du gouvernement avec des laboratoires était volontaire.

La Maison-Blanche a publié le 20 mars 2026 son cadre législatif national sur l'intelligence artificielle (IA), un document de quatre pages qui entend fixer les règles du jeu pour les années à venir en effaçant celles que les États avaient commencé à construire. Derrière les six objectifs affichés se dessine une logique claire : laisser les mains libres à l'industrie, bloquer toute tentative de régulation décentralisée, et confier à la course technologique avec la Chine le soin de légitimer l'absence de garde-fous.

Récemment, CNBC révèle que l'administration Trump s'apprête à prendre le contrôle des décisions concernant les entreprises et entités autorisées à accéder aux modèles d'intelligence artificielle les plus puissants d'Anthropic et d'OpenAI. Selon CNBC, qui cite une source proche du dossier, le programme « Gold Eagle » récemment lancé créerait un organisme gouvernemental centralisé habilité à déterminer quels partenaires auront accès aux nouveaux déploiements de modèles d’IA. Dans le cadre de ce nouveau dispositif, les entreprises devraient obtenir l’accord de Washington avant d’associer des partenaires au lancement d’un modèle, un changement qui remet en question la viabilité d’initiatives existantes telles que le projet Glasswing d’Anthropic et le consortium Daybreak d’OpenAI.

Auparavant, Anthropic et OpenAI décidaient de manière indépendante qui pouvait utiliser leurs modèles les plus performants, les grandes entreprises figurant parmi les bénéficiaires les plus courants. Anthropic avait conçu le projet Glasswing comme un déploiement sélectif de son modèle Mythos auprès d’un groupe restreint de partenaires spécialisés dans la cybersécurité. OpenAI avait mis en place un consortium similaire, baptisé Daybreak, pour son propre modèle de cybersécurité, et avait limité la récente mise à disposition de son GPT-5.6 à un groupe de partenaires approuvés par le gouvernement, après que l’administration lui eut demandé de restreindre ce lancement.

Un responsable de la Maison Blanche a déclaré que l’administration n’accordait pas d’autorisations pour les lancements de modèles d’IA par des entreprises privées, et que toute collaboration du gouvernement avec des laboratoires était volontaire. « Les décisions concernant le calendrier et la portée des lancements relèvent entièrement des entreprises », a-t-il précisé.

Les mesures prises par l’administration vont bien au-delà du cadre volontaire établi par le président Donald Trump dans un décret de juin, qui demandait aux entreprises de soumettre leurs nouveaux modèles à l’examen du gouvernement avant leur lancement. Le cas du GPT-5.6, en particulier, est allé plus loin, aboutissant à une liste d’accès établie par l’État à laquelle OpenAI n’a donné son accord qu’après que des responsables fédéraux l’ont contrainte à retarder sa mise à disposition.

L’intervention de l’administration concernant l’accès aux modèles d’IA trouve son précédent le plus direct dans l’affaire Anthropic qui s’est déroulée le mois dernier. Un arrêté du ministère du Commerce relatif au contrôle des exportations a contraint Anthropic à retirer Fable 5 et Mythos 5 de l’ensemble des utilisateurs à l’échelle mondiale, en raison de préoccupations de sécurité nationale concernant les mécanismes de sécurité intégrés à ces modèles. Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a par la suite rétabli l’accès à Mythos 5 pour une centaine d’organisations agréées, tandis que l’accès à Fable 5 reste restreint.

L’administration doit jongler avec des pressions contradictoires en matière de politique d’IA. Moonshot AI, une start-up chinoise, a lancé la semaine dernière son modèle Kimi K3, dont les résultats montrent qu’il se rapproche de Fable 5 et de GPT-5.6, et qu’il les surpasse tous deux sur au moins un benchmark indépendant. David Sacks, fondateur de Craft Ventures et ancien « tsar de l’IA » de l’administration, a qualifié les performances de Kimi K3 de « préoccupantes », écrivant : « C’est ainsi qu’on perd la course à l’IA. »

Dans le sens de cette initiative, Demis Hassabis, le PDG de Google DeepMind, avait récemment averti que l’intelligence artificielle générale (AGI) pourrait voir le jour d’ici quelques années. Il appelle à ce que les modèles d’intelligence artificielle (IA) les plus puissants au monde soient soumis à des tests de sécurité indépendants avant d'être mis à la disposition du public. Dans un essai publié, le dirigeant propose la création d'un organisme américain chargé d'évaluer les systèmes d'IA de pointe, en commençant par des contrôles volontaires avant leur lancement, lesquels pourraient ensuite devenir obligatoires. Selon lui, l'impact potentiel de l'AGI serait comparable à celui de l'électricité et du feu, tout en mettant en garde contre les risques émergents en matière de cybersécurité, de biologie et de nucléaire qu'elle pourrait engendrer.

Source : CNBC

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