Les Big Tech américains traversent une phase de transformation financière radicale en raison de leurs investissements massifs dans l'IA. Ils injectent des sommes colossales dans l'infrastructure nécessaire, avec un recours préoccupant à la dette. Ces investissements sont tels que Google, Amazon, Microsoft, Meta et Oracle devraient enregistrer des pertes importantes au cours de l'année à venir. Le secteur de l'IA est devenu un gouffre financier qui menace la rentabilité immédiate des géants de la Silicon Valley. La frénésie des dépenses pourrait également laisser Wall Street avec un marché de la dette de 7 000 milliards de dollars sur les bras d'ici à 2029.Les inquiétudes concernant une bulle de l'IA persistent. Mais le problème le plus grave pourrait bien être l'ampleur des déficits qui se cachent derrière l'engouement des entreprises pour l'IA. La course à l'IA est devenue si coûteuse qu'elle ne s'apparente plus à un cycle de produits classique. La phase actuelle de développement de l'IA nécessite des dépenses colossales dans les centres de données, les GPU, le réseau, l'énergie ou le refroidissement.
Les données révèlent que l'investissement massif dans l'IA est en train de consumer les réserves financières des Big Tech américains. Pour ces géants, la technologie est rapidement devenue « un gouffre financier ». Des entreprises comme Google, Amazon, Microsoft, Meta et Oracle injectent des sommes si colossales dans le développement et le déploiement de l'IA qu'ils s'attendent à accuser de lourdes pertes financières au cours de l'année à venir.
Récemment, ces dépenses ont d'ailleurs conduit Amazon et Google vers un « jalon ignominieux » : ils ont perdu plus de trésoreries sur les trois derniers mois que n'importe quelle autre grande entreprise américaine. De plus, les analystes prévoient que SpaceX d'Elon Musk affichera des pertes de liquidités encore plus graves en raison de ses propres investissements massifs dans l'IA. Pourtant, personne ne dispose d'un plan fiable vers la rentabilité.
Une baisse drastique des flux de trésorerie disponible
Cette course technologique pèse lourdement sur la santé financière globale de Google, Amazon, Microsoft, Meta et Oracle. Le flux de trésorerie disponible combiné de ces cinq acteurs majeurs, qui correspond aux liquidités restantes après paiement des dépenses opérationnelles et d'infrastructure, devrait s'effondrer pour devenir presque inexistant en 2026. Pour l'année suivante, les prévisions s'avèrent beaucoup plus sombres pour ces entreprises.
Selon une analyse récente du Washington Post, basée sur les données compilées par S&P Global Market Intelligence, la baisse attendue devrait atteindre un solde négatif de 125 milliards de dollars en 2027. Les chiffres se sont d'ailleurs détériorés récemment après qu'Amazon a revu à la hausse ses plans de dépenses pour ses centres de données équipés de matériel informatique de pointe dédié à l'IA. Ces dépenses inquiètent les investisseurs.
Ce pari extrêmement coûteux ne se limite pas aux seuls bilans comptables des Big Tech. Bien que ces dépenses stimulent l'économie générale, elles provoquent en parallèle une hausse des prix de l'électricité ainsi que du matériel électronique grand public. Enfin, l'épargne-retraite des Américains se retrouve affectée par ce phénomène, car elle est étroitement indexée à des marchés boursiers aujourd'hui inquiets à l'idée que la bulle de l'IA éclate.
Les montants projetés pour construire l'infrastructure mondiale de l'IA sont vertigineux, bien que les différentes prévisions n'incluent pas toujours exactement les mêmes paramètres d'analyse. Le financement par emprunt dans le domaine deviendra un marché du crédit de plusieurs milliers de milliards de dollars, avec un encours de dette qui dépasse les 7 000 milliards de dollars d’ici 2029, une évolution qui inquiète de nombreux experts financiers.
L'IA donne naissance à un marché massif de la dette
Le secteur de l'IA recourt désormais massivement à la dette. Les estimations ci-dessus proviennent du cabinet d'analyse SemiAnalysis. D'autres grandes institutions confirment cette ampleur : Goldman Sachs prévoit 7 600 milliards de dollars d'investissements mondiaux de 2026 à 2031, et McKinsey anticipe un besoin d'environ 5 200 milliards de dollars d'ici 2030 uniquement pour la partie des centres de données dédiée aux charges de travail liées à l'IA.
La nature même de ces investissements crée un énorme décalage financier : les coûts initiaux pour créer des clusters d'IA sont colossaux, tandis que les revenus ne rentrent que très lentement par le biais des abonnements aux produits de productivité pour les particuliers et les entreprises, de l'utilisation d'API ou de la location de GPU. Par conséquent, l'industrie va dépendre de plus en plus des prêteurs, du crédit privé et des investisseurs en infrastructures.
Les institutions financières tirent la sonnette d'alarme sur les risques. Cette dépendance engendre un véritable casse-tête de financement, car chaque acteur exige des garanties de la part des autres avant de s'engager : les prêteurs veulent des contrats à long terme, les clients réclament la certitude d'obtenir le matériel, et les opérateurs de centres de données attendent d'avoir des financements et une demande avérée avant de bloquer leurs capacités.
Avec des investissements cumulés estimés à environ 11 100 milliards de dollars entre 2024 et 2029, ce marché de la dette est voué à devenir le deuxième plus grand marché d'actifs adossés, juste derrière celui des prêts hypothécaires américains qui est actuellement évalué à un peu plus de 13 000 milliards de dollars.
Absence criante de perspectives de rendement claires
Oracle a progressivement abandonné son modèle traditionnel de vente de licences logicielles, qui offrait des marges brutes confortables d'environ 70 % et des coûts marginaux quasi nuls. À la place, le géant du logiciel de Santa Clara a décidé de devenir un grand propriétaire immobilier dans le secteur technologique, empruntant massivement pour acheter des processeurs graphiques et construire de grands centres de données qu'il loue ensuite.
Cette orientation l'a fait passer d'une machine à générer des liquidités à haut rendement à une entreprise d'exploitation locative à très faible marge. En conséquence, Oracle a accumulé plus de 150 milliards de dollars de dettes, et sa note de crédit a récemment été dégradée. Les ambitions d'Oracle de dominer le développement de l'IA se heurtent à un obstacle majeur : « financer un vague de dépenses sans nuire davantage à sa solvabilité ».
Oracle dépense ses liquidités plus vite qu’il ne parvient à générer des revenus, alors qu’il est en pleine expansion de ses centres de données, un projet de 250 milliards de dollars. Cela a conduit S&P Global Ratings à abaisser la notation de crédit la société à BBB-, soit un cran seulement au-dessus du statut « spéculatif ». Moody’s Ratings a émis une perspective négative, ce qui signifie qu’une nouvelle dégradation est possible à moyen terme.
S&P explique avoir constamment sous-estimé le montant qu'Oracle devrait dépenser en amont pour ses investissements dans l'IA. Ces investissements ont conduit l'entreprise à dépenser plus de 20 milliards de dollars au cours des quatre derniers trimestres, après déduction des dépenses d'investissement. Selon les analystes de Wall Street, pour améliorer sa notation, l'entreprise de Larry Ellison doit impérativement démontrer sa solvabilité.
L'activité logicielle historique d'Oracle est menacée
Oracle explore de nouvelles façons de réduire sa consommation de trésorerie, notamment en demandant à certains clients de payer d’avance l'utilisation de sa puissance de calcul. Les dirigeants de l’entreprise se sont aussi engagés à préserver sa solvabilité. Une dégradation de la note à « junk » (catégorie spéculative) par au moins deux agences de notation augmenterait fortement les coûts de la dette d’Oracle. Les enjeux sont considérables.
Oracle risque non seulement de perdre l’accès au marché bien plus vaste des titres de dette de haute qualité, mais la société ne peut pas non plus se permettre de perdre la confiance de ses clients professionnels dans le secteur des bases de données, qui comptent sur sa...
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