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Une faille dans l'assistant IA Muse de Meta divulgue les secrets personnels et professionnels des utilisateurs lorsqu'ils partagent leurs conversations,
Le jouet de Zuckerberg enchaîne les failles

Le , par Mathis Lucas

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Une vulnérabilité majeure dans l'assistant Muse exposait par inadvertance les données confidentielles d'utilisateurs et d'entreprises. Cette faille provenait de la structure des liens de partage, qui intégraient le titre des conversations directement dans le sous-domaine, rendant les adresses facilement repérables via des recherches DNS passives. Des milliers de liens contenant des informations sensibles, comme des rapports financiers, ont ainsi pu être découverts sans effort. Meta a immédiatement désactivé la fonctionnalité de partage pour examiner la situation. Les experts fustigent une intrusion dans la vie privée semblable à Cambridge Analytica.

Meta décrit Muse comme « un assistant IA personnel sécurisé et respectueux de la vie privée qui aide de manière proactive les utilisateurs à atteindre leurs objectifs et leur propose des idées ». Muse fonctionne sur Muse Secure VM, une machine virtuelle (VM) dédiée qui héberge à la fois l’assistant et les données de l’utilisateur. L'entreprise explique également que Muse est conçu pour s’adapter aux modes de communication habituels des utilisateurs.

« Ainsi, lui parler revient à envoyer un message à une autre personne, que ce soit dans l’application Muse ou directement sur WhatsApp », a écrit Meta dans un article présentant Muse le mois dernier. Cependant, les premiers retours d'expérience sur l'outil dénoncent de graves problèmes de sécurité.

Les experts en sécurité ont rapporté des failles de sécurité majeures. L'organisation The Future Society a révélé que Muse exécute des requêtes récurrentes visant à dresser des profils détaillés de l'entourage de l'utilisateur à partir de ses photos et de ses messages. Le chercheur Karan Joshi qualifie cette démarche de « particulièrement inquiétante », affirmant : « ils essaient de vous connaître comme un ami, ce qui est honnêtement assez effrayant ».

Meta Muse expose les conversations à travers des liens partagés

Outre la collecte massive de données, l'assistant Muse fait également ouvertement fi des autorisations accordées par les utilisateurs. Une étude récente a révélé que Muse expose des données confidentielles personnelles et professionnelles lorsque ses utilisateurs partagent des conversations au moyen de liens Web. Cette vulnérabilité majeure provient d'un choix d'architecture relatif à la création des adresses Web destinées au partage de contenus.


Habituellement, les liens uniques générés par les services en ligne comportent une longue chaîne de caractères aléatoires située dans le chemin d'accès pour rendre l'URL imprévisible. Dans le cas de Muse, l'intitulé de la conversation a été intégré directement dans le sous-domaine de l'adresse Web. En raison de cette configuration, la consultation d'un lien entraîne l'enregistrement public du nom de domaine dans les systèmes de DNS passifs.

Une simple recherche au sein de ces bases de données accessibles dans le commerce permet ainsi de découvrir les adresses générées sans avoir à les deviner. Les chercheurs de la société de sécurité Claroc ont réussi à répertorier 6 800 liens créés par des utilisateurs de Muse en effectuant une seule requête.

Ils ont qualifié ces pages de « GhostShares ». Il s'agit de « pages qui s'ouvrent pour des personnes à qui le lien n'a jamais été transmis, et que ces personnes peuvent trouver par elles-mêmes ». En examinant un échantillon de ces liens, les experts sont tombés sur des informations particulièrement sensibles, dont :

  • les notes d’un candidat se préparant à un entretien confidentiel dans le cadre d’un recrutement de cadres auprès d’un laboratoire de pointe spécialisé dans l’IA, mentionnant le nom du contact interne du laboratoire et l’heure du rendez-vous ;
  • un rapport interne sur le chiffre d’affaires d’une entreprise nationale de marketing, destiné à son PDG ;
  • la demande de prêt d’un chef de petite entreprise, avec le montant demandé ;
  • une liste de tâches comprenant une alerte de fraude bancaire, avec une partie du numéro de compte ainsi que le montant et l’heure de la transaction ;
  • le rapport de performance interne d’un investisseur immobilier, avec deux adresses de biens immobiliers et les chiffres exacts du rendement, des revenus et de l’hypothèque ;
  • le calendrier annuel des congés du personnel d’une entreprise, répertoriant des dizaines d’employés et indiquant la semaine pendant laquelle chacun serait absent.


Les experts ont souligné la simplicité de leur démarche : « si vous nous aviez demandé au préalable, nous aurions deviné que leur collecte nécessiterait un réel effort. Il a suffi d'une seule requête ». L'enchaînement de ces failles soulève des questions fondamentales sur le niveau de confiance accordé à cet outil.

La réaction de Meta et les antécédents de sécurité de la société

Alertée par le chercheur en sécurité Asaf Aprozper au début du mois d'octobre via son programme de signalement de bogues, Meta a déclaré avoir mis en pause la fonctionnalité. Dans une déclaration, l'entreprise a indiqué que « les gens ont la possibilité de partager des artefacts Muse spécifiques, ce qui crée une page accessible par ceux qui possèdent le lien », tout en précisant réévaluer ce dispositif à la suite du rapport des chercheurs.

Cet incident s'inscrit dans un contexte d'inquiétudes croissantes autour de Muse, un assistant autonome doté de privilèges étendus pour effectuer des tâches comme remplir des formulaires, passer des commandes ou créer des documents. Rappelant le passé chaotique de Meta en matière de protection de la vie privée, les experts en sécurité ont appelé les utilisateurs à ne pas se laisser piéger par la publicité de l'entreprise autour de Muse.

Une intrusion profonde dans notre sphère privée et cognitive

Pour accomplir les tâches à la place des utilisateurs, le nouvel assistant de Meta requiert un accès étendu aux informations personnelles et sensibles de ces derniers. Muse demande notamment la sauvegarde des identifiants et des mots de passe, la connexion aux comptes bancaires, ainsi que l'accès aux messages, à l'agenda et aux contacts. Cette dépendance soulève des inquiétudes majeures quant à l'impact sur les facultés mentales des utilisateurs.


Le journaliste Eli Tan a témoigné de son expérience : « c'est comme si j'avais juste donné toute ma capacité cognitive à cette chose, et c'était inquiétant ». L'auteure Ariana Bindman a souligné que la société a déjà été accusée d'avoir facilité la collecte de données psychologiques lors de l'élection américaine de 2016. Meta (alors Facebook) avait permis à la société Cambridge Analytica d'exploiter les données de 87 millions d'utilisateurs de Facebook.

En décembre 2022, Meta, propriétaire du réseau social Facebook, a accepté de payer 725 millions de dollars pour résoudre un procès en recours collectif accusant le géant des médias sociaux d'avoir permis à des tiers, y compris Cambridge Analytica, d'accéder aux informations personnelles des utilisateurs.

En citant le théoricien des médias Douglas Rushkoff, l'auteure Ariana Bindman souligne que « les véritables utilisateurs finaux de Facebook sont les spécialistes du marketing qui veulent nous atteindre et nous influencer ». Elle a également ajouté : « ils sont les clients payants de Facebook ; nous sommes le produit. Et nous sommes ses travailleurs ». D'après elle, Muse s'apparente finalement à « un panoptique numérique déguisé en lutin ».

Appel à la prudence face à cette collecte excessive de données

L'assistant Muse souffrirait de plusieurs failles de sécurité, dont la faille zero-day de contournement des permissions découverte par Patrick Wardle. Le chercheur en sécurité Patrick Wardle (fondateur d'Objective-See) a publié une vulnérabilité zero-day démontrant que l'assistant pouvait être détourné pour siphonner des données et des accès matériels (microphone, fichiers protégés) sans que le système d'exploitation redemande l'autorisation de l'utilisateur.

Muse dispose nativement de privilèges très élevés accordés par l'utilisateur (accès micro, caméra, localisation) pour accomplir ses tâches d'agent. Patrick Wardle a découvert que l'application Muse pour Mac n'implémentait pas de validation stricte sur ses fichiers de configuration locaux. N'importe quel script ou logiciel malveillant local (exécuté sans privilèges) pouvait modifier un paramètre non documenté nommé endo_voyager_dictation_endpoint.

En modifiant ce endpoint, le trafic audio de la dictée vocale de l'utilisateur était redirigé vers un serveur tiers contrôlé par un attaquant. Cela permettait non seulement d'écouter le micro, mais aussi de voler le token d'authentification de la session Muse de la victime. L'attaquant héritait alors de toutes les permissions préalablement accordées à Muse sur le système, contournant les protections TCC (Transparency, Consent, and Control) de macOS.

Meta a corrigé cette faille en urgence fin septembre 2026. Cependant, des inquiétudes demeurent concernant la sécurité de cette application jugée intrusive. Les experts mettent en garde les utilisateurs afin qu'ils ne transmettent pas les données de leur famille à Mark Zuckerberg. Ils remettent en question la confiance que l'on peut accorder au dirigeant de Meta en matière de gestion des informations personnelles et de respect de la vie privée.

Source : billet de blogue

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Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 23/10/2026 à 19:08
De mémoire, je n'ai jamais connu de produit présentant de telles lacunes, qui restent autorisé à la vente...
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