IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Le PDG de Proton est en pleine psychose de l'IA : il impose en interne une transition ultra-agressive vers le développement logiciel assisté par IA et annonce l'arrêt de l'embauche de développeurs traditionnels

Le , par Patrick Ruiz

48PARTAGES

9  0 
L’intelligence artificielle est en train d’être intégrée à la quasi totalité des sphères d’activité et cet état de choses soulève de multiples questions. Comment les métiers seront-ils affectés ? Qu’adviendra-t-il des humains qui exercent dans les domaines concernés ? Les responsables d’entreprises prennent position. Le PDG de Proton affiche des réserves en public mais pousse en interne pour une transition ultra-agressive vers le développement logiciel assisté par intelligence artificielle. Il annonce même que 2026 est la dernière année où il recrutera les développeurs dits traditionnels (par opposition à ceux qui savent manier cette technologie).

À partir de 2027, l'entreprise prévoit de recruter en exclusivité des profils de chefs de produit chargés de piloter l'intelligence artificielle pour générer les applications. Selon la direction de Proton, le rôle du développeur ne consiste plus à écrire du code à la main, mais à rédiger des spécifications et des invites (prompts) pour que des modèles comme Claude d'Anthropic fassent le travail. En octobre 2026, le directeur technique de l'entreprise a d'ailleurs affirmé que 90 % du code de Proton était déjà généré par l'intelligence artificielle.

Chez Proton, ce sera désormais la priorité à la vitesse. Andy Yen rejette avec fermeté les méthodes d'ingénierie traditionnelles qui ralentissent la production. Lorsqu'un employé de la sécurité a suggéré de prendre quelques jours pour tester (pentester) un code généré par l'IA avant sa mise en ligne, Yen a qualifié cette approche de "conneries et de mentalité de loser", affirmant qu'il faut se concentrer sur la rapidité.

Pour appliquer cette vision, la direction de Proton a installé des logiciels de suivi pour mesurer la quantité de code générée par IA par chaque employé. De plus, l'entreprise organise des ré-entretiens avec ses équipes pour évaluer leur maîtrise de l'IA, en avertissant explicitement que les résultats influeront sur leur maintien à leur poste.

Cette posture tranche radicalement avec l'image publique de Proton, axée sur la protection de la vie privée et la sécurité informatique, provoquant de fortes inquiétudes en interne quant à la sécurité future des logiciels de l'entreprise.

Ces mesures ne sont pas sans générer des controverses

En effet, l’une des polémiques concerne le compromis entre la vitesse de déploiement et la sécurité du code. Andy Yen a intimé à ses équipes d'arrêter de « façonner amoureusement tout le code à la main » pour se concentrer uniquement sur la vitesse. Pour les professionnels du logiciel, court-circuiter les revues de sécurité humaines sur du code généré par IA est considéré comme une hérésie technique majeure étant donné que les utilisateurs de Proton accordent une grande importance à la sécurité et à la confidentialité.

De plus, Proton s'est historiquement positionné comme l'alternative éthique aux géants de la filière technologique (Google, Microsoft, etc.). Pourtant, sa nouvelle stratégie logicielle repose massivement sur des grands modèles de langage propriétaires tiers, notamment Claude d'Anthropic. Des développeurs et clients pointent du doigt cette contradiction, estimant que Proton transfère sa valeur technologique et sa souveraineté technique vers les infrastructures des Big Tech qu'elle combat publiquement. En d’autres termes, Proton rend le développement de logiciels en son sein dépendant des solutions des grandes enseignes technologiques américaines.

En fait, le développement de logiciels assisté par l'IA met en évidence un paradoxe majeur : si l'IA accélère la vitesse de frappe du code, elle entraîne de graves crises de qualité technique, de sécurité et de maintenance chez de nombreuses entreprises de la Tech.

Une analyse à grande échelle menée par GitClear sur plus de 211 millions de lignes de code (incluant des dépôts d'entreprises comme Google, Microsoft ou Meta) a révélé une dégradation historique de la structure du code depuis la généralisation des assistants IA. Le taux de duplication de blocs de code a été multiplié par 4, selon cette publication. Pour la première fois, le code copié et collé a dépassé le code déplacé ou réutilisé. De plus, on a une explosion du pourcentage de code supprimé ou réécrit moins de deux semaines après avoir soumission. En effet, les IA comme GitHub Copilot génèrent du code de manière locale et immédiate. Elles ont tendance à recréer des fonctions existantes au lieu de chercher et de réutiliser les modules ou abstractions déjà présents dans l'architecture globale. Cela crée une dérive architecturale massive, augmentant la dette technique invisible et rendant le code de plus en plus difficile à maintenir.

De plus, des études académiques confirment que des entreprises ayant poussé leurs équipes à maximiser le volume de Pull Requests via l'IA ont vu leurs barrières de sécurité s'effondrer. Une étude de cas sur l'ingénierie sécurisée a révélé que 87 % des Pull Requests générées par IA contenaient au moins une vulnérabilité exploitable. Les chercheurs ont identifié des failles majeures de type injection SQL, XSS, débordements de tampon et l'exposition d'identifiants codés en dur. Et pour cause : l'IA ne pense pas sécurité par défaut. Elle ne fait que reproduire les motifs statistiques de son jeu d'entraînement souvent truffé de vieux codes non sécurisés. Par exemple, en demandant à une IA d'écrire un script de connexion rapide, elle omettra souvent la validation des entrées ou les contrôles d'accès profonds, générant un code fonctionnel en apparence, mais creux sur le plan de la sécurité.

Andy Yen pour sa part soutient qu’intelligence artificielle et sécurité peuvent coexister en matière de développement de logiciels.

Il aime à cet effet citer l’assistant IA de Proton dénommé Lumo. Malgré les tensions internes sur la vitesse de déploiement, le modèle d'architecture de Lumo a été pensé pour pallier les défauts de confidentialité des outils comme ChatGPT ou Claude.

À l'origine, Lumo ne protégeait pas les conversationsde manière chiffrée de bout en bout durant l'exécution. Proton promettait simplement de ne pas enregistrer les logs. Pour répondre aux limites de cette promesse, Andy Yen a annoncé une transition vers un modèle d'enclave sécurisée sur les serveurs de Proton. L'objectif est d'isoler l'exécution du grand modèle de langage dans un environnement chiffré matériellement, empêchant techniquement Proton d'intercepter les données en cours de traitement.

En gros, l'approche de Proton consiste à utiliser l'IA de manière quasi-obligatoire en interne pour coder ses outils de demain à une vitesse record, tout en s'appuyant sur son architecture cloud sécurisée européenne pour garantir que les interactions des utilisateurs avec Lumo restent mathématiquement privées.

Et vous ?

Que pensez-vous du développement de logiciels assisté par l’IA ? Partagez vos expériences.

Voir aussi :

L'IA peut-elle remplacer des développeurs professionnels ? Gemini CLI de Google et Replit ont commis des erreurs qui ont entraîné la suppression des données, inventant des répertoires, falsifiant des tests

http://="L'IA n'est pas prête à remp...s à des outils

Les assistants d'IA de codage font-ils vraiment gagner du temps aux développeurs ? Une étude suggère que ces outils n'augmentent pas la vitesse de codage, mais augmentent significativement le taux de bogues
Vous avez lu gratuitement 8 219 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-nous-la !

Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 30/10/2026 à 18:22
Le PDG de Proton est en pleine psychose de l’IA
Ce n'est pas la première "psychose" du CEO de Proton!

Il nous a déjà fait un "caca nerveux" en exigeant des autorités suisses qu'elles n'appliquent pas une nouvelle loi sur la sécurité des données en menaçant de quitter la Suisse.

La loi est entrée en vigueur et on attend toujours que le "coco" et sa société Proton quitte la Suisse!

Alors bon, sa nouvelle psychose ne va pas nous empêcher de dormir...
4  0 
Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 31/10/2026 à 12:39
Citation Envoyé par Jean Bodin
Il n'est de richesses que d'hommes
Je connais une personne assez forte (polytech + docteur en math + informaticienne). Sa direction lui demande de tout faire en IA (remplacement de leur logiciel de modélisation + remplacement des humains clients par une interface pour IA. Comme ça l'entreprise cliente n'a même plus besoin d'humains).

Du coup elle quitte la boîte car son métier ne l’intéresse plus. S'ils veulent faire partir les bons profils...
1  0