Dans un nouvel essai publié dans le New York Times, Sebastian Mallaby, chercheur senior au think tank non partisan Council on Foreign Relations, prédit que l'entreprise dirigée par Sam Altman pourrait se retrouver à court d'argent « au cours des 18 prochains mois ». Il affirme que les concurrents d'OpenAI, des géants du secteur tels que Google, Microsoft et Meta, pourraient utiliser les fonds générés par leurs activités traditionnelles pour investir des centaines de milliards dans le développement et la mise à l'échelle de leurs modèles d'IA, alors qu'OpenAI n'a pas ce luxe.OpenAI est une entreprise américaine d'intelligence artificielle (IA) fondée en 2015 à San Francisco en Californie. L'entreprise est connue pour ses grands modèles de langage tels que GPT-4o, la série de modèles de génération d'images DALL-E et le modèle de génération de vidéos Sora. Son lancement de ChatGPT en novembre 2022 a déclenché un intérêt mondial pour les agents conversationnels et l'IA générative.
Le partenariat entre Microsoft et OpenAI est au cœur de la stratégie des deux acteurs. Depuis un premier investissement d’un milliard de dollars en 2019, Microsoft a injecté des montants successifs pour soutenir OpenAI, culminant avec un engagement total d’environ 13 milliards de dollars. Au 30 septembre 2025, Microsoft avait déjà financé 11,6 milliards $ de cet engagement, ce qui lui confère désormais environ 27 % du capital d’OpenAI (après la conversion d’OpenAI en société à but lucratif). En échange, Microsoft bénéficie d’un accès privilégié aux technologies d’OpenAI et de leur intégration dans ses produits. L’accord conclu en 2023 a fait de Microsoft Azure le fournisseur cloud exclusif d’OpenAI, hébergeant toutes les charges de travail de l’éditeur de ChatGPT.
Cependant, les comptes de Microsoft ont levé le voile sur une réalité stupéfiante : en trois mois, OpenAI aurait perdu environ 11,5 à 12 milliards de dollars. Microsoft applique en effet la méthode de la mise en équivalence pour sa participation, ce qui implique de comptabiliser dans son propre résultat la quote-part des pertes d’OpenAI. Or, sur le trimestre clos le 30 septembre 2025, Microsoft indique que sa part dans OpenAI a réduit son résultat net de 3,1 milliards de dollars. Si cela représente 27 % des pertes (proportion de capital détenu), le calcul suggère bien un total avoisinant 11,5 milliards $ de pertes pour OpenAI sur le trimestre. Qui plus est, certaines données suggèrent un chiffre encore plus élevé : avant la restructuration capitalistique d’OpenAI, Microsoft en détenait possiblement jusqu’à 32,5 %. Sur cette base, le déficit trimestriel d’OpenAI dépasserait alors 12 milliards de dollars.
Dans tous les cas, le nombre donne le vertige. En décembre 2025, certaines rapports ont révélé qu'OpenAI aurait engagé des discussions avec des investisseurs privés en vue de lever des fonds pour un montant astronomique de 750 milliards de dollars, une initiative qui intervient alors que des rumeurs circulent selon lesquelles le géant de l'IA envisagerait également d'entrer en bourse. La société surtout connue pour avoir créé ChatGPT cherche à lever des dizaines de milliards de dollars lors d'un tour de table, voire jusqu'à 100 milliards de dollars, selon The Information. Les discussions seraient au stade préliminaire et susceptibles d'évoluer. Pourtant, Sam Altman, PDG d'OpenAI a publiquement reconnu l'existence d'une bulle spéculative autour de l'IA.
Ces rapports permettent d'avoir un aperçu de la situation financière d'OpenAI. Récemment, un expert financier affirme qu'OpenAI est sur le point de se retrouver à court d'argent. Les géants technologiques comme Google peuvent utiliser leurs énormes réserves financières pour investir des centaines de milliards dans l'IA, ce qui n'est pas le cas d'OpenAI. Il s'attend à ce qu'OpenAI fasse faillite « au cours des 18 prochains mois ».
Le secteur de l'IA continue d'investir des dizaines de milliards de dollars dans des modèles gourmands en ressources et dans l'infrastructure nécessaire à leur fonctionnement. Face à tout cela, leurs promesses de lancer une révolution technologique qui pourrait un jour être extrêmement rentable restent suffisamment convaincantes pour que les investisseurs soutiennent des valorisations exorbitantes, du moins pour l'instant.
Mais pour la grande majorité...
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