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OpenAI s'en prend ouvertement à son principal concurrent Anthropic : « leur histoire est construite sur la peur, la restriction et l'idée qu'un petit groupe d'élites devrait contrôler l'IA »

Le , par Mathis Lucas

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OpenAI s'en prend ouvertement à son principal concurrent Anthropic : « leur histoire est construite sur la peur, la restriction et l'idée qu'un petit groupe d'élites devrait contrôler l'IA »

OpenAI a vivement critiqué Anthropic dans une note adressée à ses actionnaires. Alors que les deux entreprises se préparent à une introduction en bourse, OpenAI souligne sa supériorité technologique en projetant d'atteindre 30 gigawatts de puissance de calcul d'ici 2030. La note indique qu'Anthropic dispose de capacités de calculs nettement inférieures. Pourtant, le laboratoire semble traverser une crise d'innovation avec une vitesse de consommation de sa trésorerie qui inquiète les investisseurs. De son côté, Anthropic continue de gagner du terrain sur le marché des entreprises grâce à Project Glasswing, une initiative axée sur la cybersécurité.

OpenAI prend sa rivalité avec Anthropic très au sérieux. L'engouement provoqué par ChatGPT depuis son lancement fin 2022 s'essouffle, et OpenAI est en quête d'une nouvelle percée majeure. Mais le laboratoire de San Francisco doit faire face à une concurrence de plus en plus accrue, notamment de la part d'Anthropic. S'adressant à ses actionnaires, OpenAI a cependant estimé que son rival affiche une courbe de croissance nettement inférieure.

OpenAI a récemment transmis un mémo à ses actionnaires pour critiquer ouvertement Anthropic. Cette communication survient alors qu'Anthropic gagne du terrain sur le marché des produits d'IA, poussant OpenAI à souligner ce qu'elle perçoit comme des limitations structurelles chez son concurrent.

Cette rivalité illustre une course à la suprématie technologique où l'accès à l'infrastructure devient l'argument principal pour attirer les investisseurs. OpenAI soutient que son avance en matière d'infrastructure permet de réduire les coûts tout en améliorant l'intelligence de ses grands modèles de langage. En réponse, Anthropic met en avant ses nouveaux partenariats stratégiques pour démontrer sa capacité de croissance malgré les critiques d'OpenAI.

La bataille pour la puissance de calcul et l'infrastructure

La note envoyée aux actionnaires met particulièrement l'accent sur la disparité des capacités de calcul entre les deux entités. OpenAI projette d'atteindre une puissance de 30 gigawatts d'ici à 2030, tandis qu'il estime qu'Anthropic ne disposera que de 7 à 8 gigawatts à la fin de l'année 2027. OpenAI qualifie Anthropic d'entreprise limitée par ses capacités de calcul et souligne que son propre rythme de développement est matériellement plus rapide.


Selon OpenAI, chaque nouvelle génération d'infrastructure permet d'entraîner de grands modèles de langage beaucoup plus performants, augmentant l'intelligence de chaque jeton produit tout en réduisant les coûts unitaires grâce aux progrès algorithmiques et matériels. « Même dans le haut de cette fourchette, notre progression est nettement en avance et s'accentue », a fait valoir OpenAI. Mais la sortie d'OpenAI sur son concurrent est critiquée.

Avec une valeur cumulée de plus de 1 000 milliards de dollars, les deux entreprises se préparent à entrer en bourse bientôt tout, en s'efforçant de convaincre les investisseurs qu'elles disposent de modèles économiques viables, capables de résister à la pression exercée par des entreprises disposant d'importantes réserves de trésorerie, telles que Microsoft. OpenAI a critiqué l'approche prudente d'Anthropic, affirmant que son propre plant est différent.

« Chaque nouvelle génération d’infrastructure nous permet de former des modèles plus performants, rendant chaque token plus intelligent que le précédent », a écrit OpenAI. « Parallèlement, les gains algorithmiques et les améliorations matérielles réduisent le coût de traitement de chaque token, ce qui diminue le coût par unité d’intelligence ». OpenAI dit bénéficier d’un « avantage cumulatif » grâce à une infrastructure et des modèles améliorés.

OpenAI remobilise les troupes autour de ses ambitions

Parallèlement à la lettre adressée par OpenAI aux investisseurs, Denise Dresser, directrice des recettes de l'entreprise, a envoyé au personnel un mémo interne de quatre pages sur l'orientation stratégique de l'entreprise, soulignant la nécessité de fidéliser les utilisateurs et de développer son activité auprès des entreprises. Le mémo de Denise Dresser souligne également à plusieurs reprises l’importance de créer un fossé autour de ses produits d’IA.

D'après Denise Dresser, cela permettre de lutter contre la facilité avec laquelle les utilisateurs peuvent passer d’un modèle à l’autre, selon celui qui arrive en tête des classements un jour ou une semaine donnés. La note de service insiste également sur l’importance de se concentrer sur les clients professionnels.

Cette nouvelle stratégie vise à éviter de se concentrer sur des « activités secondaires » et à miser pleinement sur ses principaux moteurs de revenus. « L'adoption de plusieurs produits nous rend plus difficiles à remplacer. Nous devons cesser de penser comme une entreprise aux gammes de produits distinctes. Nous devons penser comme une entreprise de plateforme disposant de multiples points d'entrée et d'une offre d'entreprise intégrée ».

Cette note va encore plus loin dans l'offensive contre Anthropic : il affirme qu'Anthropic gonfle artificiellement son chiffre d'affaires annualisé de 30 milliards de dollars d'environ 8 milliards, en raison d'un traitement comptable qui grossit les revenus partagés avec Amazon et Google. Elle attaque le positionnement d'Anthropic, affirmant que « leur histoire est construite sur la peur, la restriction, et l'idée qu'un petit groupe d'élites devrait contrôler l'IA ».

Pourtant, OpenAI, qui a été fondée en tant qu'organisation à but non lucratif, a procédé à une restructuration pour fonctionner comme entreprise à but lucratif et attirer davantage de capitaux. OpenAI a cessé de publier ses modèles d'IA en open source, évoquant des secrets commerciaux. De récents rapports décrivent également une entreprise en proie à des troubles internes, avec un PDG décrit comme manipulateur et terriblement imbu de lui-même.

Sam Altman : un personnage très controversé et clivant

Samuel Altman, 40 ans, est un homme d'affaires et entrepreneur américain qui occupe depuis 2019 le poste de PDG du laboratoire de recherche en IA OpenAI. Sam Altman a étudié à Stanford pendant deux ans avant d'abandonner ses études et de cofonder Loopt, un service de réseau géosocial pour smartphones. En 2011, il a rejoint Y Combinator, un accélérateur de startups et une société de capital-risque, dont il a été le président de 2014 à 2019.

Mais Sam Altman est un personnage très controversé. Il a transformé OpenAI, fondée à l'origine comme organisation à but non lucratif, en une entreprise à but lucratif valorisée à des centaines de milliards de dollars, ce que beaucoup voient comme une trahison des idéaux fondateurs.

Il est également une personne clivante. Sam Altman prêche la prudence sur les dangers de l'IA tout en étant celui qui accélère le plus son développement à des fins commerciales. Il est accusé de chercher à contrôler la réglementation sur l'IA. Il fait l'objet d'enquêtes remettant en cause son intégrité, d'accusations d'abus au sein de sa famille et incarne les inquiétudes profondes de la société face aux changements radicaux apportés par la technologie.

Par exemple, dans une récente enquête, le New Yorker a documenté la gouvernance d'OpenAI et du caractère de son PDG. La juxtaposition était saisissante au point d'en être comique : d'un côté, l'homme qui se pose en architecte du futur de l'humanité ; de l'autre, le portrait que dressent de lui des dizaines d'ex-collaborateurs, partenaires et membres de son conseil d'administration, celui d'un dirigeant pathologiquement incapable de dire la vérité.

Des détails du rapport révèlent que certains des collègues de Sam Altman estimaient qu’il manquait d’une expertise technique approfondie en programmation et en apprentissage automatique, bien qu’il dirige l’une des entreprises d’IA les plus influentes au monde. Selon l'article du New Yorker, plusieurs ingénieurs et initiés ayant travaillé avec le PDG ont déclaré qu’il ne disposait pas d’une grande expérience en codage ou en apprentissage automatique.

La bulle de l'IA repose sur un mirage et des mensonges

Edward Zitron estime que « beaucoup de nouvelles technologies intégrant l’IA ne sont que des itérations d’outils déjà existants, habillés de marketing extravagant ». Ces produits sont présentés comme révolutionnaires alors qu’ils ne font rien de fondamentalement nouveau. L’industrie se concentre sur l’image et le battage médiatique plutôt que sur la création de valeur réelle. Il critique le modèle de capital-risque et de l’investissement dans l’IA.

Edward Zitron est auteur, podcasteur et spécialiste des relations publiques anglais. Il est connu pour ses analystes critiques sur le secteur technologique, notamment l'essor de l'IA générative. Il dénonce le battage médiatique intense autour des entreprises spécialisées dans l'IA générative. D'après lui, le secteur de l'IA utilise les médias pour dissimuler une croissance des infrastructures beaucoup plus lente que ce qui est annoncé officiellement.

« Toute la bulle IA repose sur un vague sentiment d'inévitabilité : l'idée que si tout le monde croit suffisamment fort que rien de tout cela ne peut jamais, jamais mal tourner, alors à un moment donné, tous les problèmes évidents finiront par disparaître », a écrit Edward Zitron dans une nouvelle analyse.

Edward Zitron affirme que le marché actuel de l'IA présente des signes inquiétants de surchauffe, rappelant la bulle Internet de la fin des années 1990, mais à une échelle encore plus grande. Les investissements massifs dans des startups souvent dépourvues de modèle économique viable alimentent une spéculation excessive, où la perception de croissance prime sur la création de valeur réelle. Les conséquences à terme pourraient être dévastatrices.

Yann Le Cun critique discours autour de Claude Mythos

Si la fuite de Claude Mythos et les déclarations d'Anthropic ont fait grand bruit sur les réseaux sociaux, Yann Le Cun, ancien directeur scientifique de l'IA chez Meta, a qualifié la panique suscitée par Claude Mythos de « mise en scène exagérée ». Ses commentaires sont intervenus après qu’Anthropic a déclaré que « son outil avait détecté des milliers de vulnérabilités » de gravité élevée sur tous les principaux systèmes d’exploitation et navigateurs Web.

« Le drame autour de Mythos = des conneries issues d’une illusion », a écrit Yann Le Cun sur X, en réponse à un billet de la société de sécurité IA Aisle qui affirmait que des modèles plus petits et moins coûteux pourraient reproduire en grande partie l’analyse de vulnérabilité présentée par Anthropic dans son annonce.

Claude Mythos n'est partagé qu'avec un groupe restreint d'entreprises, dont Apple, Google et Microsoft, dans le cadre d'une initiative de 100 millions de dollars baptisée Project Glasswing. Le scepticisme de Yann Le Cun n'est pas isolé. Gary Marcus, chercheur en IA et critique régulier du secteur, a également déclaré que la menace Claude Mythos était exagérée. « Dans une certaine mesure, j'ai l'impression qu'on s'est fait avoir », a écrit Gary Marcus.

Yann Le Cun, né le 8 juillet 1960, est l'ancien directeur scientifique de l'IA de Meta, et chercheur franco-américain en intelligence artificielle (IA) et vision artificielle (robotique). Il est considéré comme l'un des inventeurs de l'apprentissage profond (deep learning). Il reçoit le prix Turing 2018, le 27 mars 2019, partagé avec Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton, et est souvent surnommé le « parrain de l'IA ». Il est opposé aux discours alarmants sur l'IA.

Conclusion

OpenAI cherche à rassurer ses investisseurs sur sa position dominante dans un secteur en pleine mutation. La société se présente depuis longtemps comme une « IA démocratique » offrant un accès plus large au grand public, laissant entendre souvent qu'Anthropic fait exactement le contraire avec son orientation vers les entreprises. En février, le PDG Sam Altman écrivait : « Anthropic propose un produit coûteux destiné aux personnes fortunées ».

Toutefois, les critiques y voient une campagne de dénigrement. OpenAI a récemment lancé outil de cybersécurité très performant, dont l'accès sera strictement réservé à certains partenaires privilégiés. L'annonce reprend les mêmes éléments de langage utilisés par Anthropic pour décrire son outil Claude Mythos. Cela suggère que l'annonce d'OpenAI est une réponse directe à Anthropic et vise à empêcher son rival d'occuper tout l'espace médiatique.

OpenAI affiche des ambitions financières démesurées avec des prévisions de revenus publicitaires atteignant 102 milliards de dollars d'ici 2030. Cependant, l'IA peine à tenir ses promesses en matière de rentabilité et l'enthousiasme des investisseurs commence à se refroidir après une longue attente.

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Pourquoi l'entreprise de Sam Altman s'attaque-t-elle ouvertement à Anthropic ?
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Avatar de der§en
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 14/04/2026 à 22:32
Question code, honnêtement entre ChatGPT et Claude, il n’y a pas photo, après pleins de tests divers et variés, la seule qui tienne à peux-près la route c’est Claude.

Dernier exemple: le source C de planet Generator: https://hjemmesider.diku.dk/~torbenm/Planet/ seule Claude me l’a converti sans erreur et du premier coup, ChatGPT s’y est repris à plusieurs fois mais à chaque fois il y avait des erreurs, et les autres, se sont révélés encore moins concluants !
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 15/04/2026 à 10:34
Sans vouloir défendre OpenAI, il est vrai que Anthropic est très, trop élitiste et bien plus fermé.

Anthropic ne publie jamais rien publiquement, n'informe pas le grand public, ne partage aucun modèle ouvert (alors qu'on a un GPT-OSS, et un Grok-2) et elle a une approche confiscatoire de l'IA.
Ils ont beau faire cout de comm moralisateur sur la "non coopération sur l'AI militaire", je n'ai pas plus confiance en une entreprise qui ne fait aucun effort d'ouverture envers le grand public.
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Avatar de popo
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 15/04/2026 à 14:20
Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message

La note envoyée aux actionnaires met particulièrement l'accent sur la disparité des capacités de calcul entre les deux entités. OpenAI projette d'atteindre une puissance de 30 gigawatts d'ici à 2030, tandis qu'il estime qu'Anthropic ne disposera que de 7 à 8 gigawatts à la fin de l'année 2027. OpenAI qualifie Anthropic d'entreprise limitée par ses capacités de calcul et souligne que son propre rythme de développement est matériellement plus rapide.
Technique imparable, comparer des chiffres qui sont pas calculés sur la même base pour démontrer une hypothèse du supériorité.

Ils comparent leurs objectif à 2030 avec une estimation du résultat du concurrent en 2027.
Genre, le résultat du concurrent ne va pas évoluer entre 2027 et 2030 !

En plus, ce n'est qu'une projection optimiste de leur futurs résultat.
Ils ne sont pas assurés d'y arriver.
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