L'essor de l'IA suscite une vague d'hostilité violente sans précédent et certains contestataires s'apprêtent même à guerroyer contre elle. Des entreprises telles qu'OpenAI et Anthropic font face à des menaces physiques, des tentatives d'attentat et un harcèlement numérique motivés par la peur du chômage de masse et des bouleversements sociétaux. Pour se protéger, les dirigeants et les cadres investissent des millions de dollars dans des gardes armés et adoptent la discrétion comme nouvelle stratégie de survie. Les autorités commencent à prendre ces revendications au sérieux ; New York a gelé la construction de centres de données à l'échelle de l'État.L'industrie de l'IA fait face à une recrudescence de menaces violentes et d'incidents de sécurité visant les personnes et les biens matériels. Des entreprises majeures comme Anthropic et OpenAI sont particulièrement ciblées par ces attaques. À titre d'exemple, un individu a réussi à s'infiltrer dans le hall d'Anthropic pour avertir un agent de sécurité qu'un cadre de l'entreprise « allait être tué ». Les dirigeants et les investisseurs sentent la pression montée.
En avril, le PDG d'OpenAI, Sam Altman, a été victime d'une tentative d'incendie criminel à son domicile. Sam Altman avait été la cible d'un homme ayant rédigé un manifeste prônant le meurtre d'investisseurs et de dirigeants du secteur de l'IA. Son domicile a été visé par deux attaques violentes successives en l'espace de deux jours. Il a lié ces actes de violence aux récits médiatiques hostiles et aux préoccupations croissantes du public concernant l'IA.
Le nombre d'incidents violents et de menaces de mort augmente
Des militants se mobilisent en vue d'une guerre contre l'IA motivée par la crainte de bouleversements sociétaux comme les pertes d'emplois en masse et celle de l'extinction de l'humanité. Les données disponibles indiquent que le volume des menaces numériques ciblant les dirigeants et les centres de données a été multiplié par sept entre la fin du mois de février et le mois de mai. Les menaces prennent parfois une tournure particulièrement sinistre.
Anthropic a également signalé plusieurs autres incidents de sécurité cette année. Selon des rapports de police cités par le Wall Street Journal, dans un cas, un homme qui avait postulé à un emploi sous une fausse identité aurait menacé d’écorcher vifs les enfants des employés de l’entreprise, en raison de ce qu’il prétendait être le vol de son travail. La police a qualifié cette affaire de menace terroriste, bien qu’aucune arrestation n’ait été effectuée.
L’homme a déclaré par la suite qu’il n’avait « aucune intention réelle de faire du mal physiquement à qui que ce soit ». Lors d'un autre incident survenu en juin, un homme de l'Oklahoma aurait menacé de se rendre dans les bureaux d'Anthropic armé d'un pistolet, tout en exigeant un remboursement après avoir été incapable de joindre un conseiller du service client en chair et en os. Il semblait avoir été exaspéré par les conversations avec les robots.
« Puisque vous refusez de me mettre en contact avec une vraie personne pour me rembourser, je viendrai à vos bureaux avec mon pistolet et là, on aura une putain de discussion à propos de mon argent », aurait écrit cet homme, selon les rapports de police. Ces incidents ont mis en alerte les entreprises.
Les entreprises d'IA renforcent la protection de leurs dirigeants
Parmi les entreprises les plus controversées figurent OpenAI, Anthropic, Palantir Technologies, etc. Face à ce climat tendu, les cadres de la technologie revoient considérablement leurs dispositifs de sécurité personnelle. Selon une analyse récente d'Equilar et citée par le Wall Street Journal, 38,1 % des entreprises technologiques du S&P 500 ont déclaré avoir engagé des dépenses liées à la sécurité de leurs dirigeants en 2025, contre 26,8 % en 2021.
Parmi les entreprises ayant enregistré des hausses significatives, on trouve Palantir, Oracle et Salesforce. Les dépenses de Palantir en matière de protection de ses dirigeants ont augmenté de 150 % pour atteindre près de 3 millions de dollars en 2025, tandis qu’Oracle a augmenté ces dépenses de 85,5 % pour atteindre 5,6 millions de dollars. Les coûts liés à la sécurité des dirigeants de Salesforce ont également atteint environ 4 millions de dollars.
Anthropic a déclaré maintenir une sécurité 24 heures sur 24 depuis 2024 et informer régulièrement ses employés des menaces émergentes. En parallèle, les entreprises déconseillent à leurs employés de porter des logos d'entreprise en public afin d'éviter qu'ils ne soient pris pour cibles. S'exprimant lors d'une conférence sur l'IA et l'emploi, Alex Karp, PDG de Palantir, a averti que les craintes liées aux pertes d'emploi attisaient la colère du public.
« Quand on leur dit “votre emploi va disparaître”, les gens sortent les fourches », a déclaré Alex Karp lors de la conférence qui s'est tenue au début de l'année. Une enquête réalisée en mars par l’université de Quinnipiac a révélé que « les Américains inquiets face à l’IA étaient plus de quatre fois plus nombreux que ceux qui ne l’étaient pas », tandis que 55 % des personnes interrogées estimaient que cette technologie faisait plus de mal que de bien.
Inquiétudes du public et inquiétudes face au chômage de masse
Cette hostilité grandissante s'enracine dans les craintes profondes de la population face aux bouleversements économiques et sociétaux engendrés par cette nouvelle technologie. L'angoisse liée à la perte d'emploi est un moteur majeur de cette colère. Les licenciements massifs exacerbent la situation et provoquent des appels à la violence en ligne, notamment contre le yacht de Mark Zuckerberg après l'annonce de suppressions de postes chez Meta.
Daniel Green, consultant à Kansas City, dans le Missouri, spécialisé dans la formation à l’IA et l’adoption des technologies par les entreprises, a déclaré que les gens ont intériorisé le discours des dirigeants selon lequel cette technologie détruit des emplois et le fait que son utilisation revient à former un remplaçant. « Les gens parlent de l’IA dans le contexte de la Révolution industrielle, et les luddites étaient en réalité très violents », a déclaré Daniel Green.
Bonnie Kate Wolf, designer chez Pinterest, a été licenciée alors que l’entreprise intégrait l’IA dans ses opérations. Avant que ses comptes ne soient désactivés, elle a publié un message sur un canal Slack interne : « S’IL VOUS PLAÎT, N’OUBLIEZ PAS TOUS CEUX D’ENTRE NOUS QUI SONT LAISSÉS POUR COMPTE ET REMPLACÉS PAR L’IA. RÉSISTEZ ». Des centaines d'employés ont répondu par des emojis représentant des cœurs ou des poings levés.
Bonnie Kate Wolf, 34 ans, originaire de Seattle, a déclaré qu’il semble que les dirigeants acceptent que ces suppressions d’emplois soient justifiées, car le potentiel de rentabilité de l’IA est énorme. « C’est pour ça que les gens mettent le feu à des entrepôts. On ne peut pas revenir au servage. On a vraiment l’impression que ceux qui détiennent le pouvoir veulent être des rois. Historiquement, ça ne finit jamais bien pour les rois », a-t-elle déclaré.
Un ressentiment croissant des travailleurs envers la technologie
Selon un récent sondage, une majorité de salariés américains sont favorables à l'idée de responsabiliser les grandes entreprises d'IA par le biais d'un fonds souverain public. Ce soutien massif intervient dans un contexte de mécontentement face aux vagues de licenciements incessantes dans le secteur technologique, malgré la hausse globale des bénéfices de nombreuses entreprises. Désormais, les travailleurs se sentent de plus en plus démunis.
L'enquête, réalisée en juin par le cabinet d’études Verasight auprès de 1 690 adultes, a été publiée au début du mois de juillet. Elle révèle que 69 % des Américains sont désormais favorables à l'idée d'obliger les entreprises spécialisées dans l'IA à céder 50 % de leurs actions à un fonds souverain public.
« Aux yeux du grand public, les fonds souverains dédiés à l’IA sont perçus comme un outil permettant de redistribuer les bénéfices générés par le secteur de l’IA à l’ensemble de la société », a déclaré Benjamin Leff, directeur général de Verasight. Dire que les Américains sont divisés sur la question de l’IA serait un euphémisme. Les sondages montrent que jamais autant de personnes n’ont eu une opinion négative face à une nouvelle technologie.
Et les raisons de cette hostilité croissant ne manquent pas. Elle s'explique par de multiples facteurs, dont la crainte que l'IA ne détruise des emplois, ne nuise à l'environnement, ne fasse grimper les factures d'énergie, n'utilise des œuvres...
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