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Le responsable du Pentagone chargé de la politique en matière d'IA militaire a vendu pour plusieurs millions de dollars d'actions Perplexity et xAI,
Soulevant des soupçons de conflit d'intérêts

Le , par Mathis Lucas

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Un haut responsable du Pentagone est au cœur de controverses financières. Emil Michael, chargé de la politique de l'agence en matière d'IA, a réalisé des profits colossaux en vendant ses parts dans des entreprises technologiques comme xAI, Perplexity et Brex tout en occupant ses fonctions officielles. Bien que l'agence affirme que ces ventes respectent les règles d'éthique, des experts soupçonnent de potentiels conflits d'intérêts. La situation est d'autant plus sensible qu'il exerce une influence directe sur la stratégie militaire en matière d'IA. Selon des détracteurs, les initiés tentent de retirer leurs billes avant en prévision à l'éclatement de la bulle de l'IA.

Emil Michael est chargé de la politique du Pentagone en matière d'IA. Ancien directeur du développement des affaires (Chief Business Officer) d'Uber, il est devenu sous-secrétaire à la Défense pour la Recherche et l'Ingénierie (USD R&E), ce qui fait de lui une sorte de directeur technique du Pentagone. À ce titre, Emil Michael supervise notamment la politique du ministère en matière d'IA militaire ainsi que d'autres initiatives liées à la technologie.

Emil Michael a récemment procédé à la vente de ses participations financières dans la startup Perplexity AI. Selon les déclarations financières fédérales américaines consultées par le média The Guardian, le montant de cette transaction se situe dans une fourchette allant de 5 à 25 millions de dollars.

(Les registres financiers fédéraux indiquent des fourchettes de valeurs en dollars plutôt que des chiffres précis.). En outre, les informations indiquent qu'Emil Michael n'en est pas à sa première. Cette transaction fait suite à une autre vente d'actions hautement lucrative réalisée plus tôt dans l'année, liée à la société xAI d'Elon Musk, démontrant les investissements significatifs du cadre fédéral dans « le secteur de l'IA qu'il est chargé de superviser ».

Les documents financiers d'Emil Michael révèlent des liens étroits et antérieurs avec Perplexity, un moteur de recherche propulsé par l'IA qui cherche actuellement à obtenir une valorisation de 30 milliards de dollars. En effet, avant d'entrer au service de l'État fédéral, Emil Michael siégeait au conseil consultatif de Perplexity, poste dont il a démissionné lors de sa prise de fonction. Emil Michael a obtenu un prêt personnel de la part de cette société.

Ses déclarations financières de 2025 indiquent qu'il avait contracté un prêt personnel auprès de Perplexity en 2024, d'un montant compris entre 250 000 et 500 000 dollars, à un taux d'intérêt de 4,57 %. Bien qu'il se soit engagé dans son accord d'éthique à ne réaliser aucun profit sur ses actions non acquises, les déclarations publiques ne permettent pas de distinguer précisément la part d'actions acquises ou non lors de la vente de juin.

Autres transactions lucratives et conflits d'intérêts potentiels

Les gains financiers réalisés par Emil Michael durant son mandat au Pentagone ne se limitent pas à Perplexity. En janvier 2026, il a empoché jusqu'à 24 millions de dollars en revendant ses parts dans xAI, réalisant une plus-value spectaculaire comprise entre 400 % et 4 800 %. En avril, il a vendu ses parts dans Brex LLC, une entreprise de logiciels financiers soutenue par Peter Thiel et rachetée par Capital One, pour un montant d'environ 5 millions.


Cette vente lui a permis de réaliser un gain d'au moins 473 %. Ses déclarations financières montrent que la valeur de ses actifs dans Brex est passée d'un maximum de 750 000 dollars en mars 2025 à plus de 5 millions de dollars lors de sa revente en avril 2026, pendant sa période au gouvernement.

Bien que Brex ne semble pas collaborer directement avec le gouvernement, Emil Michael, qui en était consultant, est apparu en décembre 2025 dans un épisode de podcast sponsorisé par Brex alors qu'il y était encore actionnaire. Durant cette même période, au sein du Pentagone, Emil Michael incarnait la figure de proue de la campagne menée par le département de la Défense contre l'entreprise d'IA concurrente Anthropic, la plaçant sur liste noire.

La chronologie de ces transactions laisse entrevoir une tendance à une accumulation considérable de richesse alors que Emil Michael occupait un poste de supervision de la technologie même à l’origine de ces flambées boursières. « Outre du fait que ces transactions relèvent d'une corruption effroyable, cela devrait l'empêcher de conserver son habilitation de sécurité, puisque la sécurité nationale n'est pas sa priorité », a écrit un utilisateur de Reddit.

Débats éthiques liés à ces transactions et réactions officielles

Ces transactions financières successives au sein d'industries stratégiques ont suscité de vives critiques de la part d'experts en déontologie publique. Richard Painter, ancien avocat en éthique de la Maison-Blanche sous la présidence de George W. Bush, s'est montré particulièrement critique à l'égard de la gestion de ces actifs. D'après lui, « le cadre du Pentagone aurait dû vendre tous ses intérêts dans l'entreprise avant de commencer à travailler ».

« C'est ainsi que nous aurions procédé à l'époque où je travaillais pour le président ». Richard Painter précise que si la détention de telles actions n'est pas illégale en soi, elle pose un problème majeur d'apparence de conflit d'intérêts, notant que la plupart des administrations auraient exigé de se débarrasser de ces actions avant de prendre ce poste ». Face aux critiques, les autorités militaires ont défendu la régularité de la situation de leur cadre.

Un porte-parole du Pentagone a vigoureusement réfuté tout manquement aux règles éthiques, ajoutant qu'Emil Michael et les autres responsables de la défense sont en totale conformité avec les lois et règlements sur l'éthique. « Toute affirmation contraire est fausse ». Le ministère de la Défense a rappelé qu'il s'appuyait sur un cadre éthique rigoureux et multicouche pour garantir l'intégrité de ses agents. Toutefois, cela n'a pas empêché le tollé.

Un détracteurs a commenté : « cet homme [Emil Michael] était autrefois un cadre chez Uber qui cherchait des moyens de contrer les autorités de régulation et de trouver des failles pour faire chanter les journalistes enquêtant sur les pratiques de l'entreprise. Ce n'est donc pas une surprise. Ses antécédents suggèrent également qu'il n'est probablement pas à cheval sur les règles. Pourtant, son rôle de fonctionnaire consiste à les faire respecter ».

La conformité juridique ne garantit pas l'adhésion du public

À en croire The Guardian, une partie de ses actions Perplexity était acquise et une autre non acquise ; dans son engagement éthique, il s'était engagé à ne pas tirer de profit des actions non acquises. Les informations communiquées ne permettent pas de déterminer clairement quelles actions il a vendues. La société xAI d'Elon Musk collabore avec le gouvernement fédéral ; il n'est pas clair si c'est également le cas de Perplexity et de Brex LLC.


Bien que l'existence d'un contrat entre Perplexity et le ministère de la Défense ne soit pas établie, l’existence d’une relation avec le gouvernement fédéral rend la situation plus délicate à percevoir. Emil Michael n’était pas simplement un investisseur : il détenait des parts dans un laboratoire d’IA en pleine expansion à un moment où le gouvernement fédéral américain cherchait activement à intégrer des systèmes d’IA commerciaux dans ses opérations.

Les règles fédérales en matière d’éthique sont conçues pour traiter les conflits d’intérêts et contribuer à préserver l’impartialité du processus décisionnel gouvernemental. Les agences peuvent recourir à des mesures telles que la récusation, la cession d’actifs, la réaffectation, les dérogations et d’autres solutions.

Les experts soutiennent qu'Emil Michael aurait dû céder certains investissements avant de prendre ses fonctions, même si le fait qu’il en soit propriétaire ne constituait pas automatiquement une violation de la loi fédérale. Cette distinction est très importante dans le secteur de l’IA, car les acteurs privés, comme OpenAI et Anthropic, peuvent connaître d’énormes fluctuations de leur valorisation en quelques mois plutôt qu’en plusieurs décennies.

Se dirige-t-on vers l'éclatement de cette bulle spéculative ?

À l'heure actuelle, le succès de l'IA générative repose sur son immense pouvoir de séduction auprès de cadres et de dirigeants déconnectés du travail réel. Les modèles de langage sont capables de simuler le travail accompli, flattant l'ego des managers en ne refusant jamais aucune directive, aussi absurde soit-elle. Selon l'analyste Edward Zitron, les dirigeants imposent une technologie extrêmement coûteuse simplement parce que la concurrence le fait.

L'analyste confirme un constat : l'IA n'est actuellement pas viable sur le plan économique, à l'exception de quelques acteurs très spécifiques. Nvidia est l'un des rares véritables bénéficiaires de cette course technologique. Le fabricant de puces et les entreprises de construction s'enrichissent en profitant de « l'exubérance irrationnelle » qui pousse les géants du cloud à investir des sommes colossales dans la construction massive de centres de données.

Edward Zitron estime que c'est précisément ce climat de mépris et d'épuisement qui s'apprête à détruire l'industrie de l'intérieur. Face à la maltraitance de leurs dirigeants, les employés révoltés ont commencé à exprimer leur mécontentement. Pour l'analyste, l'IA coûte trop cher et n'est rentable pour personne.

Source : dépôt légal

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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 05/09/2026 à 20:21
Les rats quittent le navire... Avant l'entrée en bourse... Intéressant non?
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 06/09/2026 à 11:14
Citation Envoyé par _toma_ Voir le message
OpenAI a levé des capitaux à hauteur de quasiment un million de million de dollars.
Et OpenAI a immédiatement "acheté" à "hauteur de quasiment un million de million de dollars" des services et prestations auprès de ceux chez qui OpenAI est sensé avoir levé des fonds

OpenAI n'a rien levé du tout, ce ne sont que des mouvements comptables sous couvert de la nouvelle pratique que l'industrie tech américaine a inventé: Le financement circulaire!!!

La seule levée de capitaux réelle que fera peut-être OpenAI un jour sera son entrée en bourse!
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Avatar de _toma_
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 06/09/2026 à 2:55
Mouef.
il vient de se séparer de 8.61% de ce qu'il détient en action microsoft.
Les actions ont grimpé, il encaisse sa plus-value. Ça représente même pas 6 mois de salaire pour lui.

Et les 43 millions sont à relativiser.
OpenAI a levé des capitaux à hauteur de quasiment un million de million de dollars.
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