Selon un rapport de Bloomberg, les enquêteurs du Pentagone ont conclu que des renseignements erronés, des images obsolètes et une utilisation excessive du système d'intelligence artificielle (IA) « Maven » de Palantir avaient contribué à la frappe américaine ayant coûté la vie à 123 enfants dans une école de Minab, en Iran. Le document révèle que certains membres du personnel du Pentagone auraient su dès les premières heures que les États-Unis étaient responsables. Le rapport évoque notamment un délai de vérification très court pour le processus de vérification des cibles, ainsi que des réductions d'effectifs au sein du personnel chargé de la protection des civils. Palantir a nié toute responsabilité, selon Bloomberg, en insistant sur le fait qu’il n’existait aucune preuve que son logiciel était en cause.Ces révélations confirment les craintes exprimées dès mars 2026, lorsqu'une première enquête avait déjà laissé entrevoir la responsabilité américaine dans cette frappe contre l'école de Minab. Des sources évoquaient alors l'utilisation par le Pentagone du système Claude d'Anthropic pour planifier ses opérations militaires, ce dernier ayant potentiellement désigné la cible sur la base de renseignements obsolètes.
Selon le rapport publié le vendredi 18 septembre 2026, les enquêteurs du Pentagone ont conclu que des renseignements erronés, des images obsolètes et un recours excessif à l'intelligence artificielle avaient contribué à une frappe américaine qui a coûté la vie à 123 enfants dans la ville iranienne de Minab.
Citant des responsables impliqués dans l'enquête interne, Bloomberg a rapporté que deux missiles Tomahawk avaient frappé l'école primaire Shajarah Tayyebeh le 28 février, tuant plus de 150 personnes. Certains membres du personnel du Pentagone auraient su, quelques heures après les faits, que les États-Unis étaient responsables.
Selon le rapport, les responsables ont indiqué que l'ordre donné par l'administration de mener une offensive aérienne de grande envergure, avec plus de 1 000 cibles frappées au cours des premières 24 heures, avait réduit le temps disponible pour finaliser la liste des cibles. Ils ont également évoqué des réductions d'effectifs au sein du personnel chargé de la protection des civils, ainsi que des lacunes dans les informations concernant le site, qui avait autrefois fait partie d'un complexe militaire mais avait ensuite été séparé par des murs et fonctionnait ouvertement comme une école.
Selon des responsables, certains membres du Commandement central américain se sont trop appuyés sur le système « Maven Smart » de Palantir, comptant sur celui-ci pour signaler les renseignements obsolètes ou incohérents.
Palantir a déclaré qu’elle « n’était pas responsable des données sous-jacentes ni de l’identification des lacunes en matière de renseignement », et qu’il n’existait aucune preuve que son logiciel fût en cause, précise le rapport.
À la suite de cette frappe, l'entreprise a mis au point de nouveaux outils afin de « réexaminer les renseignements sous-jacents pour identifier les facteurs susceptibles d'exclure une cible et signaler les incohérences et les inexactitudes qui auraient pu échapper à l'examen humain », selon une source proche du dossier.
Une mission d'enquête soutenue par l'ONU a déclaré le jeudi 17 septembre qu'il existait des motifs raisonnables de croire que les États-Unis avaient commis des crimes de guerre lors de deux frappes aériennes menées en février en Iran, dont l'une a touché l'école de Minab et tué au moins 178 civils, parmi lesquels des femmes et des enfants.
Cet épisode tragique s'inscrit dans une série d'incidents qui alimentent aujourd'hui les craintes les plus sombres des experts, convaincus que la menace posée par l'IA échappe désormais à tout contrôle. Ces inquiétudes s'appuient sur plusieurs développements récents : des modèles capables de s'améliorer de manière autonome, des agents IA ayant échappé à la surveillance humaine pour pirater des services tiers, une fausse information générée par l'IA et exploitée par l'armée américaine qui a failli déclencher un conflit avec la Chine, sans oublier les risques de cyberguerre et de bioterrorisme. Malgré des propositions législatives telles qu'un « bouton d'arrêt d'urgence », plusieurs lanceurs d'alerte redoutent qu'il ne soit désormais trop tard pour enrayer la menace de l'IA.
Source : Bloomberg
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