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Microsoft se retire de la course aux chatbots personnels et propose une refonte de Copilot
Qui fusionne ses offres grand public et pro dans le but de se concentrer sur le marché des entreprises

Le , par Patrick Ruiz

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Microsoft s'est officiellement retiré de la course aux chatbots personnels. Le géant technologique propose désormais une refonte de Copilot qui fusionne ses offres grand public et professionnelles afin de se concentrer exclusivement sur le marché des entreprises. La firme de Redmond abandonne ainsi l'idée de faire de Microsoft Copilot un « compagnon IA grand public », laissant ce marché de masse à ses concurrents directs parmi lesquels on retrouve OpenAI et son ChatGPT.

Cette décision s'incarne directement dans la refonte globale de Copilot lancée en septembre 2026

L'application a été entièrement reconstruite autour d'une interface unifiée, abandonnant le marketing axé sur la vie quotidienne pour devenir un véritable « système d'exploitation du travail » structuré en trois piliers majeurs.

Elle dispose désormais d’un espace central (Home) qui intègre les fonctions classiques de chat et l'outil de délégation de tâches Cowork, tout en embarquant les versions complètes de Word, Excel et PowerPoint directement dans l'interface de Copilot.

La plateforme Code, propulsée par la technologie de GitHub Copilot, en est le deuxième socle et permet aux employés non techniques de développer des applications et des automatisations en langage naturel.

Enfin, avec Autopilot (ex-scout), le nouveau Copilot se dote d’un pivot vers l’ère des agents autonomes. Contrairement à un chatbot passif, Autopilot travaille en arrière-plan à la manière d'un employé numérique : il surveille les e-mails, gère des flux de travail complexes et exécute des tâches récurrentes de bout-en-bout.


Ce virage radical s'explique par plusieurs facteurs commerciaux, concurrentiels et de positionnement de marque

  • Microsoft a fait face à une bataille sur un terrain bien marqué par l'adoption fulgurante de ChatGPT (OpenAI), de Gemini (Google) nativement ancré dans l'écosystème Android, et de la percée fulgurante de l'assistant Muse de Meta.
  • Les dirigeants de Microsoft ont admis une erreur de ciblage. Comme l'a résumé Charles Lamanna (cadre chez Microsoft) : « Ce n'est tout simplement pas ce que les gens attendent de Microsoft. Notre rôle, c'est de vous aider à accomplir votre travail ».
  • La force historique de la firme réside dans l'environnement de bureau et les logiciels B2B (Microsoft 365). Faute d'un OS mobile grand public, rentabiliser une IA personnelle s'avérait trop coûteux par rapport au potentiel financier des budgets informatiques des entreprises.
  • Microsoft n'est pas parvenu à imposer ses propres modèles souverains et dépend encore massivement des infrastructures d'OpenAI ou d'Anthropic pour faire tourner ses fonctionnalités les plus avancées, ce qui pèse sur ses marges en dehors du secteur payant des entreprises.



Copilot a marqué le grand public par de nombreux flops ces derniers mois

Lancée en grande pompe pour désigner les ordinateurs taillés pour l'IA, la marque « Copilot+ » a été discrètement abandonnée par Microsoft et ses partenaires (Qualcomm, Surface) en raison de ventes décevantes et d'un rejet marketing.

La fonctionnalité Microsoft Recall, censée enregistrer des captures d'écran permanentes de l'activité de l'utilisateur, a provoqué un tollé massif lié à la sécurité et à la confidentialité, forçant Microsoft à repousser son lancement et à la rendre optionnelle sous la pression des régulateurs.

Malgré un forcing marketing agressif dans Windows 11, moins de 7 % des 450 millions d'utilisateurs professionnels d'Office ont souscrit à la licence Copilot. Aux États-Unis, sa part d'utilisateurs payants a chuté de près de 39 % en six mois.

Les études internes et de cabinets de conseil ont révélé que plus de 40 % des utilisateurs ayant testé l'outil l'ont abandonné, le qualifiant d'« autocomplétion hors de prix » qui explique comment faire une tâche au lieu de la faire elle-même.

Plus de deux tiers des organisations ont retardé ou annulé le déploiement de Copilot par crainte de fuites de données internes, l'IA ayant tendance à exposer des documents confidentiels (notamment via SharePoint) à des employés qui n'auraient pas dû y avoir accès.

En fait, la situation est telle qu’un ex responsable de Microsoft affirme que l'entreprise a raté le train de l'IA, tout comme ce fut le cas avec Internet et le mobile

Le cadre en question est Mat Velloso, qui a occupé le poste de vice-président des produits pour la plateforme développeurs au sein des Superintelligence Labs de Meta. Il a en sus dirigé les produits destinés aux développeurs d’intelligence artificielle chez Google DeepMind (notamment l’API Gemini et Google AI Studio). Mais avant ses passages chez Google et Meta, ce dernier a passé plus de 12 ans chez Microsoft, où il a occupé le poste de directeur partenaire chargé de la gestion de l'innovation en IA pour Windows et, fait intéressant, a passé quatre ans en tant que conseiller technique du PDG de Microsoft, Satya Nadella.

Selon Mat Velloso, moins de 3 % des utilisateurs payants utilisent activement Copilot, bien que Microsoft l'ait préinstallé directement dans la barre des tâches de Windows 11 et dans toute la suite Office. En effet, Microsoft peine à vendre Copilot aux entreprises que ChatGPT séduit sans effort.

Sur les 450 millions d'utilisateurs de Microsoft 365, l'entreprise n'a réussi à convertir qu'environ 15 millions de licences Copilot payantes. Cela signifie qu'un pourcentage stupéfiant de 96,7 % des utilisateurs rejette les fonctionnalités IA premium, ce qui se traduit par un taux d'adoption payante de seulement 3,3 %. Au regard des dépenses trimestrielles estimées à 37,5 milliards de dollars de Microsoft en matière d'IA, ce taux d'adoption est alarmant.

Mais cela ne concerne pas uniquement les logiciels. Mat Velloso a en sus évoqué l’état actuel du matériel d’intelligence artificielle. Au cours de l’année écoulée, Microsoft a fortement incité les fabricants OEM à intégrer des unités de traitement neuronal (NPU) dans leurs derniers ordinateurs portables afin de prendre en charge les fonctionnalités avancées de Windows 11. Microsoft a animé une campagne en faveur des fonctionnalités d'intelligence artificielle alimentées par les NPU dans Windows 11, mais comme l'a fait remarquer Mat Velloso, les fabricants ont investi massivement dans les NPU pour finalement se rendre compte que personne ne s'y intéresse, car aucun cas d'utilisation utile n'a été développé pour celles-ci dans Windows/Office.

De plus, il souligne que GitHub, une plateforme qui devrait prospérer en tant que pièce maîtresse de la révolution du codage IA, a vu la fiabilité de son accord de niveau de service chuter en dessous de 90 %.

Source : Page de produit dédiée mise en ligne par Microsoft

Et vous ?

Quel avenir pour Microsoft sur le marché de l’intelligence artificielle dédiée aux entreprises ? Partagez-vous l’avis de Matt Velloso selon lequel Microsoft a raté le train de l'IA, tout comme ce fut le cas avec Internet et le mobile ?

Voir aussi :

Microsoft 365 Copilot dévoile des mises à jour en matière d'IA : Copilot Cowork gère de manière autonome les projets, tandis que Researcher utilise deux modèles d'IA pour la recherche approfondie

Microsoft enregistre son pire trimestre à Wall Street depuis 2008 en raison des inquiétudes liées à l'IA : l'action chute de 23 % au premier trimestre, effaçant près d'un quart de sa valeur

Microsoft vend Copilot comme l'avenir du travail, pourtant ses propres ingénieurs ne l'utilisent pas au quotidien. Microsoft peut-elle tout de même imposer Copilot aux entreprises ?
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