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« J'utilise l'IA pour faire ce que je ne sais pas bien faire, c'est un outil formidable si on sait s'en servir correctement », explique Linus Torvalds
Pour préciser pourquoi cela fonctionne pour lui

Le , par Eliora

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Un vif débat agite actuellement la communauté open source quant à savoir si le contenu généré par l'IA est autorisé au sein des projets. Alors que la communauté open source campe sur ses positions et se livre à des débats houleux, Linus Torvalds utilise l'IA pour faciliter le développement de Linux. Dans une récente interview, il a expliqué ce qui lui plaît dans la programmation assistée par l'IA et comment il l'utilise tant dans son travail que dans ses loisirs. « Je pense que l'IA est un outil formidable si on l'utilise correctement et qu'on la considère comme un outil », a-t-il déclaré. Torvalds explique qu'il utilise l'IA pour les tâches dans lesquelles il n'excelle pas.

Linus Benedict Torvalds est un ingénieur en informatique finlandais et américain, créateur et développeur principal du noyau Linux depuis 1991. Il est également à l'origine du système de contrôle de version distribué Git. Torvalds a été l'un des lauréats du Prix Millennium de la technologie 2012 « en reconnaissance de sa création d'un nouveau système d'exploitation open source pour ordinateurs, qui a donné naissance au noyau Linux, aujourd'hui largement utilisé ». Il a également reçu le prix Computer Pioneer Award 2014 de l'IEEE Computer Society et le prix Masaru Ibuka Consumer Electronics Award 2018 de l'IEEE.

Linus Torvalds voyait l'intelligence artificielle (IA) comme un meilleur outil pour les revues que pour la génération de code, et dans un cas comme dans l'autre, l'apport des développeurs humains était nécessaire pour corriger les productions de l'IA. En juillet 2026, en droite ligne avec sa déclaration lors de l'Open Source Summit en Inde, Linux autorisait l'utilisation de l'IA pour générer le code du noyau. À l'inverse du noyau Linux, plusieurs projets interdisaient alors les contributions de code ainsi que les rapports générés par l'IA. La Fondation Godot avait ainsi annoncé que les directives de Godot destinées aux contributeurs seraient modifiées afin d'interdire le code rédigé par l'IA, les pull requests soumises par des agents IA et le texte généré par l'IA dans les communications entre humains.

Un vif débat agite actuellement la communauté open source quant à savoir si le contenu généré par l'IA est autorisé au sein des projets. Certains responsables de projets ont interdit l'utilisation de l'IA, d'autres l'ont autorisée en imposant des règles strictes quant à son utilisation, tandis que d'autres encore l'ont d'abord interdite, puis à nouveau autorisée par la suite. Alors que la communauté open source campe sur ses positions et se livre à des débats houleux, Linus Torvalds utilise l’IA pour faciliter le développement de Linux. Dans une récente interview, il a expliqué ce qui lui plaît dans la programmation assistée par l’IA et comment il l’utilise tant dans son travail que dans ses loisirs.

L’IA est un outil formidable « si on l’utilise correctement », affirme Linus

Ses propos font écho aux lignes directrices adoptées par de nombreux projets favorables à l’IA. Linus Torvalds s'est entretenu avec Dirk Hohndel lors de la dernière édition de l'Open Source Summit Europe. Le sujet de l'IA a été abordé, et Torvalds a pris le temps d'expliquer sa position sur l'IA ainsi que les avantages et les inconvénients qu'elle peut présenter pour un programmeur. La position de Torvalds sur les outils d’IA est très similaire à ce que les distributions et les logiciels favorables à l’IA considèrent comme une bonne utilisation de cette technologie.


Même s’il est possible de saisir une commande et de générer une application en quelques minutes, Torvalds insiste sur le fait qu’il faut être « très prudent » lorsqu’on utilise des modèles de langage (LLM) pour créer quoi que ce soit de plus important qu’un simple projet de codage ludique ou un prototype :

« Avant, je pensais simplement que ce n’était pas très bon — mais aujourd’hui, j’en suis arrivé au point où j’apprécie vraiment d’utiliser l’IA. Pour être honnête, je ne fais pas beaucoup de programmation du noyau. Je suis responsable de maintenance. Le noyau Linux est un projet où ce sont d’autres personnes qui font le vrai travail, et je joue le rôle de point de ralliement. Mais j’apprécie toujours énormément la programmation. Je pense que l’IA est un outil formidable si on l’utilise correctement et qu’on la considère comme un outil, et je trouve qu’elle rend la programmation bien plus agréable. »
Torvalds explique que lorsqu’il a commencé à programmer en 1981, les processus étaient bien plus simples et l’on pouvait voir l’effet que son code avait sur le système. En comparaison, les logiciels d’aujourd’hui sont devenus des produits gigantesques et sophistiqués, au point qu’il est « difficile de considérer que ses propres petits efforts aient la moindre valeur ». Ainsi, pour les nouveaux programmeurs, utiliser cette technologie pour créer des applications est un « excellent moyen de trouver du plaisir dans la programmation ».

Torvalds conclut ses propos en précisant qu’il utilise l’IA pour les tâches dans lesquelles il n’excelle pas. Il cite notamment le cas où il a programmé une pédale de guitare en C : bien qu’il ait réussi à faire fonctionner quelque chose, il n’aimait pas le résultat qui, selon lui, « ressemblait à un truc des années 80 ». Il a alors utilisé l’IA pour créer quelque chose en Java (car, selon ses propres termes, « je ne fais pas de Java. Je m’occupe de noyaux »), et bien qu’il admette que le résultat était plutôt moche, il a pu constater que ce que l’IA avait produit correspondait essentiellement à ce qu’il avait fait en C, mais en Java.

En juillet 2026, la position de Linus Torvalds vis-à-vis de l’IA semblait s’assouplir. Après avoir souligné qu’en 2024, la technologie de l’IA relevait à 90 % du marketing et à 10 % de la réalité factuelle, Torvalds déclarait alors que Linux n’était pas un projet « anti-IA », et que toute personne qui y voyait un problème pouvait soit s’en détourner, soit créer un fork du noyau. Torvalds avait admis que l’IA n’était pas parfaite, mais il estimait que quiconque soulignait les problèmes de cette technologie ferait mieux de se regarder dans le miroir et de se pointer du doigt en même temps. Les commentaires de Torvalds suggéraient que l’IA avait déjà dépassé le stade expérimental pour Linux, même si les développeurs étaient encore confrontés à la charge de travail supplémentaire, aux correctifs discutables et à l’alourdissement occasionnel du noyau qu’elle engendrait.

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