La Silicon Valley est confrontée à une résistance croissante contre l'IA. Celle-ci dépasse désormais la simple critique intellectuelle pour verser dans le vandalisme et la violence ciblée contre des figures comme Sam Altman. Cette colère est particulièrement vive chez la Génération Z, qui associe l'essor technologique à une précarité croissante sur le marché de l'emploi et à un sentiment de déception face aux promesses non tenues. Au-delà des risques existentiels, l'opposition s'enracine également dans des préoccupations locales concrètes, telles que l'impact environnemental et énergétique massif des centres de données. La bulle risque d'imploser sous cette pression.Initialement, l'IA semblait s'imposer de manière organique par le biais du "shadow AI", où les employés utilisaient secrètement des comptes personnels pour accélérer leurs tâches quotidiennes. Cependant, la situation a radicalement changé : les travailleurs se détournent de plus en plus de la technologie. De nombreux facteurs seraient à l'origine de ce rejet soudain : augmentation de la charge de travail, hallucinations, hausse du taux de bogues, etc.
Ce rejet met en évidence un scepticisme et une désillusion profondément ancrés vis-à-vis des capacités promises par l'IA, ce qui oblige à réévaluer l'intégration de cette technologie dans les flux de travail quotidiens ainsi que les discours exagérément optimistes entourant son potentiel transformateur.
Ce sentiment a été résumé dans une évaluation sans concession du professeur Steve Hanke, de l'université Johns Hopkins. « L’IA n’a pas tenu ses promesses. Bienvenue dans le monde réel. Oubliez la bulle de l’IA. Vous savez, elle n’a pas tenu ses promesses. Si vous regardez toutes les enquêtes, oui, tout le monde l’utilise un peu, mais quand on creuse un peu, on se rend compte qu’elle n’a pas apporté grand-chose », a-t-il déclaré à Fortune.
L'escalade de la violence contre les leaders de la technologie
La résistance à l'IA, auparavant limitée à des débats académiques ou des grèves contractuelles, a pris une tournure radicale et violente. Un jeune homme de vingt ans a récemment attaqué la résidence de Sam Altman, PDG d'OpenAI, avec un engin incendiaire avant de tenter de vandaliser le siège de l'entreprise. La police a découvert un manifeste dans lequel l'assaillant mettait en garde contre une potentielle extinction de l'humanité causée par l'IA.
Bien que les cercles médiatiques traditionnels condamnent ces actes, une partie de la jeunesse sur les réseaux sociaux exprime ouvertement son soutien à ces actions extrêmes, illustrant une fracture sociale croissante. Les autorités craignent que ces attaques se multiplient avec la montée de la grogne.
À la suite de l'attaque au cocktail Molotov, Sam Altman a publié un appel au bon sens sur son compte X, en joignant une photo de son mari et de son jeune enfant. « D'habitude, nous essayons de préserver notre vie privée, mais dans ce cas précis, je partage cette photo dans l'espoir qu'elle dissuadera la prochaine personne de lancer un cocktail Molotov sur notre maison, quelle que soit l'opinion qu'elle a de moi », a écrit Sam Altman dans son billet.
Sam Altman avait choisi de rendre cette affaire publique dans l'espoir que la transparence découragerait d'autres actes de violence similaires. Cet espoir a été déçu seulement deux jours plus tard, le dimanche matin, lorsqu'un second incident s'est produit devant le domicile du dirigeant. Selon la police, une berline Honda avec deux personnes à bord s'est arrêtée devant la maison après être passée une première fois quelques minutes auparavant.
Les images de vidéosurveillance ainsi que les rapports des agents de sécurité, qui ont entendu une détonation, indiquent qu'une main est sortie de la fenêtre du passager pour tirer un coup de feu avant que le véhicule ne s'enfuie. Grâce à l'identification de la plaque d'immatriculation par les caméras, la police a pu remonter jusqu'à Amanda Tom, 25 ans, et Muhamad Tarik Hussein, 23 ans. Les deux suspects ont été arrêtés à leur domicile, sans résistance.
Le ressentiment profond de la génération Z à l'égard de l'IA
La méfiance envers l'IA est particulièrement ancrée chez les jeunes adultes, dont près de la moitié déclarent que cette technologie leur inspire de la peur. Bien que la majorité utilise régulièrement ces outils, seul un faible pourcentage y voit une source d'espoir pour l'avenir. Ce ressentiment s'enracine dans un marché de l'emploi sinistré, où plus de 40 % des jeunes diplômés se retrouvent cantonnés à des postes sans rapport avec leur niveau de formation.
Contrairement aux générations précédentes qui percevaient les nouvelles technologies comme des gadgets, la génération Z voit en l'IA une force capable de transformer brutalement les normes culturelles...
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