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Plus la génération Z utilise l'IA, plus elle la déteste : 80 % d'entre eux estiment que l'IA les rend moins intelligents, en réduisant leur esprit critique et leur capacité à repérer les fausses informations

Le , par Anthony

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Plus la génération Z utilise l'IA, plus elle la déteste : 80 % d'entre eux estiment que l'IA les rend moins intelligents, en réduisant leur esprit critique et leur capacité à repérer les fausses informations

L'enthousiasme de la génération Z pour l'intelligence artificielle (IA) s'est effondré, selon les conclusions d'une récente étude de Gallup. La génération censée adopter l'IA se rebelle contre celle-ci : 80 % d'entre eux estiment en effet que les outils d'IA érodent leurs capacités cognitives en réduisant leur esprit critique et en affaiblissant leur aptitude à détecter les fausses informations. L'étude révèle également que le mécontentement envers l'IA est passé de 22 % à 31 % en seulement 12 mois, les utilisateurs quotidiens affichant la baisse de confiance la plus marquée. Ce mouvement de rejet se serait étendu au monde du travail, où près de la moitié de cette génération estime désormais que les risques liés à l'IA l'emportent sur ses avantages dans le milieu professionnel. Les organisations qui accélèrent l'adoption de l'IA se heurtent désormais au scepticisme, à la résistance, voire à une opposition active de la part de ces jeunes utilisateurs.

Les conclusions de cette étude s'inscrivent dans un contexte marqué par une hostilité croissante de la part de la génération Z envers I'IA. Un rapport précédent de l'université Stanford avait déjà mis en évidence un fossé grandissant entre l'optimisme des experts en technologie et les préoccupations du grand public, centrées sur la sécurité de l'emploi et l'augmentation du coût de la vie. Les données de ce rapport ont notamment révélé que les dirigeants de l'industrie sous-estiment souvent cette hostilité sociale, qui se manifeste parfois par des actes de violence à l'encontre des dirigeants du secteur.

La génération Z, souvent abrégée en « Gen Z » et communément appelée « Zoomers », est la cohorte démographique qui succède à la génération Y et précède la génération Alpha. Les chercheurs et les médias grand public situent le début de cette génération entre le milieu et la fin des années 1990, et sa fin au début des années 2010, la génération étant généralement définie comme regroupant les personnes nées entre 1997 et 2012.

La relation de la génération Z avec l'IA ressemble à cette relation toxique dont on n'arrive pas vraiment à se détacher. Bien qu'ils utilisent régulièrement ces outils, leur mécontentement envers l'IA est passé de 22 % à 31 % en seulement un an, selon une étude de Gallup. Cette génération, censée adorer les nouvelles technologies, mène un mouvement de résistance contre l'IA, et ses arguments sont plus pertinents qu'on ne le pense.


L'effet « la familiarité engendre le mépris »

Les outils d'IA utilisés au quotidien enregistrent les baisses d'enthousiasme les plus marquées, révélant ainsi une tendance inquiétante.

Plus révélateur encore : les utilisateurs quotidiens de l'IA ont vu leur enthousiasme baisser de 18 points et leur optimisme reculer de 11 points. Il semblerait que plus on se familiarise avec ChatGPT, moins on lui fait confiance. Il ne s'agit pas là d'une lassitude classique liée à l'adoption des technologies.

Les universités ont conclu des partenariats de plusieurs millions de dollars avec des entreprises spécialisées dans l'IA, transformant ainsi les étudiants en testeurs bêta bénévoles pour la dernière expérience en date de la Silicon Valley. Alex Hanna, directeur de recherche au Distributed AI Research Institute, appelle cela une approche « intégrer d'abord, trouver des cas d'utilisation ensuite » qui traite l'éducation comme une opportunité marketing.


Quand les outils deviennent des béquilles cognitives

80 % des membres de la génération Z estiment que les raccourcis offerts par l'IA les rendent moins intelligents, et les neurosciences leur donnent raison.

La génération Z prend conscience que l'IA est en train de remodeler leur cerveau, et cela ne leur plaît pas. Une étude du MIT a révélé une baisse de l'activité cérébrale chez les personnes écrivant avec l'aide de l'IA, ce qui entraîne une diminution de l'esprit critique et une capacité réduite à repérer les fausses informations. C'est comme avoir une calculatrice greffée en permanence à son cerveau : pratique, jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'on a oublié comment faire des calculs simples.

L'inquiétude au travail va plus loin. Près de la moitié de la génération Z estime désormais que les risques liés à l'IA l'emportent sur ses avantages dans le milieu professionnel, soit une hausse de 11 points de pourcentage par rapport à l'année dernière. Quelque 44 % reconnaissent saboter activement les déploiements de l'IA par leurs employeurs, un niveau de résistance organisée qui ferait la fierté des syndicalistes.


La rébellion de l'authenticité

Les réseaux sociaux ont appris à la génération Z à repérer les contenus artificiels à des kilomètres. Le fait d'avoir grandi en tant que créateurs de contenu sur TikTok et Instagram a appris à la génération Z à privilégier l'authenticité plutôt que la facilité. Le recours à l'IA pour générer des œuvres d'art, des essais ou des publications sur les réseaux sociaux est ainsi mal vu : cela est considéré comme fondamentalement ringard et inauthentique.

Les universités qui mettent en avant des outils tels que les résumés de cours générés par l'IA de l'ASU passent complètement à côté de cette évolution culturelle. Les étudiants ne veulent pas que leur éducation soit automatisée ; ils veulent qu'elle ait un sens. Le journal étudiant de l'Université de Pennsylvanie a parfaitement saisi ce sentiment, en affirmant que « l'IA ne peut pas coexister avec l'éducation — elle ne peut que la dégrader ».

Ce n’est pas de la technophobie, mais une question de reconnaissance des schémas. La génération Z a vu les réseaux sociaux promettre de créer du lien et ne faire que semer la division. Elle ne se laisse pas berner par le deuxième round du discours commercial de la Silicon Valley qui consiste à dire « faites-nous confiance, cette fois-ci, ce sera différent ». Son scepticisme vis-à-vis de l’IA représente quelque chose de plus rare que la simple résistance : un consentement éclairé à l’ère numérique.

Alors que le rejet de l'IA s'intensifie chez les jeunes utilisateurs, une étude de la British Standards Institution a révélé que les entreprises privilégient l'IA plutôt que les nouvelles recrues, confrontant ainsi la génération Z à une « apocalypse de l'emploi ».

Basé sur une enquête menée auprès de plus de 850 entreprises dans sept pays, dont la France, le rapport "Flourishing in the AI Workforce" souligne que les organisations misent de plus en plus sur des solutions d'automatisation basée sur l'IA pour réduire les coûts et pallier les pénuries de compétences. Cette tendance affecte particulièrement les postes de débutants, renforçant chez la génération Z le sentiment que les opportunités d'entrée sur le marché du travail se raréfient.

Ce malaise s'étend à une remise en question plus profonde de la valeur des parcours éducatifs traditionnels à l'ère de l'intelligence artificielle. En effet, un rapport publié par Indeed en avril 2025 révèle qu'un nombre croissant de jeunes diplômés considèrent désormais que leurs études universitaires ont été une perte de temps et d'argent.

Face à des systèmes d'IA capables de rivaliser avec leurs compétences, ces jeunes professionnels expriment un sentiment de frustration croissant. Ils ont été formés dans un système éducatif qui valorise les parcours longs et coûteux, mais constatent aujourd’hui que leurs compétences sont concurrencées, voire dépassées, par des technologies en constante progression. Ce constat renforce davantage leur scepticisme à l’égard de l’IA dans le monde professionnel.

Source : Étude de Gallup

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Voir aussi :

La plupart des membres de la génération Z sont terrifiés à l'idée que l'IA prenne leur travail, tandis que leurs patrons se considèrent comme immunisés

La génération Z estime que l'école ne lui donne pas les compétences nécessaires pour survivre dans un monde numérique, d'après une étude de Dell Technologies

Un nombre alarmant d'utilisateurs d'IA de la génération Z pensent qu'elle est consciente, après que l'IA a obtenu un QI de 136 au test Mensa
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Avatar de MisterMoa
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 20/05/2026 à 9:49
Citation Envoyé par Invité Voir le message
On ne peut pas miser 30 000 euros par an sur un employé...
C'est même pas le SMIC.
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 13/05/2026 à 4:55
Elle a raison nonobstant. L'IA va abolir une certaine caste de cols blancs. Et pour ceux qui resteront en poste, ce sont leurs qualités personnelles qui primeront.

Combien de fois ai-je entendu "je veux devenir ingénieur pour le salaire et la stabilité" ? Sans prédispositions pour le métier, ça ne servira bientôt plus à rien de se lancer dans les études.
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Avatar de TotoParis
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 14/05/2026 à 1:01
Vous avez vu son comportement presque hilarant ? Très dérangeant...
Certes l'IA est la nouvelle révolution industrielle, mais elle balaie tout sur son passage, rien à voir avec les précédentes.
Les licenciements se comptent par centaines de milliers dans le monde.
https://www.livemint.com/news/trends...122294547.html
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