Donald Trump obtient d’OpenAI qu’elle propose aux États-Unis une participation de 5 %, bien inférieure à l’objectif de Bernie Sanders, Sam Altman serait en pourparlers actifs avec l’administration TrumpLe PDG d’OpenAI, Sam Altman, aurait avancé une proposition visant à céder au gouvernement américain une participation de 5 % dans le créateur de ChatGPT, alors que l’entreprise cherche à consolider ses liens avec l’administration Trump et à atténuer la pression politique croissante liée à l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle (IA). Cette proposition pourrait représenter un coût colossal. Sur la base de la dernière valorisation privée d’OpenAI, estimée à environ 852 milliards de dollars à la suite de sa levée de fonds de mars, une participation de 5 % s’élèverait à environ 42,6 milliards de dollars. Bien que toute valorisation en vue d’une introduction en bourse dépende des conditions du marché, cette proposition figurerait parmi les participations fédérales les plus importantes jamais.
OpenAI est un organisme américain de recherche en intelligence artificielle (IA) dont le siège social est situé à San Francisco. Il est composé d’OpenAI Group PBC, une société d’intérêt public à but lucratif (PBC), partiellement contrôlée par OpenAI Foundation, une organisation à but non lucratif. OpenAI développe des modèles d’IA générative, en particulier la série GPT de grands modèles linguistiques. Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 est considéré comme ayant catalysé l’essor de l’IA et suscité un intérêt généralisé pour l’IA générative.
En juin 2026, le sénateur américain Bernie Sanders dévoile un projet de loi ambitieux visant à instaurer un fonds souverain de 7 000 milliards de dollars pour redistribuer les richesses de l'IA aux citoyens. Ce plan propose de financer le fonds par une taxe unique de 50 % sur les actions des plus grandes entreprises du secteur, impactant toute société dont les revenus annuels dépassent 200 millions de dollars. L'initiative prévoit des dividendes annuels directs pour chaque Américain, tout en finançant des services essentiels comme la santé et l'éducation. Mais la proposition est controversée, les critiques accusant le sénateur de vouloir transformer l'Amérique en un pays socialiste.
Dans ce contexte, le PDG d’OpenAI, Sam Altman, aurait avancé une proposition visant à céder au gouvernement américain une participation de 5 % dans le créateur de ChatGPT, alors que l’entreprise cherche à consolider ses liens avec l’administration Trump et à atténuer la pression politique croissante liée à l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle (IA). Sam Altman a fait valoir que donner au public une participation financière dans l’une des entreprises d’IA les plus valorisées de la Silicon Valley serait le meilleur moyen de partager les retombées économiques de cette technologie de pointe, rapporte le Financial Times.
Cette proposition pourrait représenter un coût colossal. Sur la base de la dernière valorisation privée d’OpenAI, estimée à environ 852 milliards de dollars à la suite de sa levée de fonds de mars, une participation de 5 % s’élèverait à environ 42,6 milliards de dollars. Ce chiffre pourrait encore grimper si l’entreprise atteignait son objectif annoncé d’une valorisation de 1 000 milliards de dollars lors d’une introduction en bourse prévue, ce qui valoriserait la participation gouvernementale de 5 % à environ 50 milliards de dollars.
Bien que toute valorisation en vue d’une introduction en bourse dépende des conditions du marché, cette proposition figurerait parmi les participations fédérales les plus importantes jamais envisagées dans une entreprise technologique privée.
La proposition d’OpenAI encouragerait d’autres grands développeurs d’IA à céder environ 5 % de leur capital à un véhicule d’investissement soutenu par le gouvernement, calqué sur le modèle du Fonds permanent de l’Alaska, qui investit les richesses pétrolières de l’État et distribue des dividendes aux résidents. On ignore encore si des concurrents tels qu’Anthropic, Google et Meta soutiendraient un tel projet.
Les discussions entre OpenAI et l’administration Trump en sont encore au stade préliminaire et pourraient, à terme, nécessiter l’approbation du Congrès, ont indiqué au Financial Times des sources proches du dossier. Altman a personnellement discuté de ce concept avec Trump, ainsi qu’avec le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et le secrétaire au Trésor Scott Bessent, ont déclaré au journal plusieurs personnes au courant de ces conversations.
Ces discussions interviennent alors que Washington se montre de plus en plus sceptique à l’égard du secteur de l’IA, dans un contexte d’inquiétudes liées à la construction massive de centres de données, aux cybermenaces et à l’impact potentiel de cette technologie sur l’emploi. OpenAI et son principal concurrent, Anthropic, font l’objet d’une surveillance fédérale accrue concernant leurs derniers modèles d’IA, tandis que certains républicains et conseillers de Trump ont plaidé en faveur d’un contrôle plus strict de ce secteur en pleine expansion.
La proposition d’Altman souligne un changement plus large dans la politique industrielle de l’administration Trump. Au lieu de se contenter d’offrir des subventions ou des incitations fiscales, l’administration cherche de plus en plus à acquérir des participations minoritaires dans des entreprises d’importance stratégique.
Intel a confirmé en août que le gouvernement fédéral avait accepté d’investir 8,9 milliards de dollars en échange d’environ 433,3 millions d’actions, ce qui représente une participation d’environ 10 %. Le fabricant de puces a précisé que le gouvernement resterait un investisseur passif, sans siège au conseil d’administration ni droits de gouvernance particuliers. L’administration aurait également conclu des accords similaires avec le producteur de terres rares MP Materials et un groupe d’entreprises spécialisées dans l’informatique quantique, dans le cadre d’un effort plus large visant à renforcer le leadership américain dans les technologies critiques.
À mesure que l’intelligence artificielle générative s’impose comme un pilier stratégique pour les grandes entreprises technologiques, la réalité économique qui la sous-tend apparaît de plus en plus contrastée. Derrière l’image d’une OpenAI toute-puissante, portée par le succès planétaire de ChatGPT, se dessine un modèle financier sous tension, marqué par des pertes colossales anticipées, environ 14 milliards de $ en 2026 selon les documents internes d'OpenAI, et une dépendance accrue à des partenariats géopolitiques et industriels. Entre projections internes alarmantes et tournées diplomatiques de son dirigeant, l’entreprise incarne aujourd’hui les paradoxes d’une IA devenue incontournable, mais encore loin d’être rentable.
Source : Financial Times
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