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La société chinoise DeepSeek développe sa propre puce d'IA afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de Nvidia et de Huawei
Une puce conçue pour l'inférence, où le modèle entraîné génère des réponses

Le , par Alex

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La société chinoise DeepSeek développe sa propre puce d'IA afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de Nvidia et de Huawei, une puce conçue pour l'inférence, où le modèle entraîné génère des réponses

La start-up chinoise DeepSeek développe actuellement sa propre puce d’intelligence artificielle (IA). Cette initiative pourrait lui permettre de réduire sa dépendance vis-à-vis des puces de Nvidia et de Huawei, sur lesquelles elle s’appuie actuellement pour entraîner et faire fonctionner ses modèles, très populaires à l’échelle mondiale. Cette puce est conçue pour l’inférence — l’étape du calcul IA au cours de laquelle un modèle entraîné génère des réponses pour les utilisateurs — plutôt que pour l’entraînement de nouveaux modèles.

DeepSeek est une entreprise chinoise spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA) qui développe des grands modèles de langage (LLM). Basée à Hangzhou, dans la province du Zhejiang, DeepSeek est détenue et financée par High-Flyer, un fonds spéculatif chinois. DeepSeek a été fondée en juillet 2023 par Liang Wenfeng, qui occupe également le poste de PDG des deux sociétés. La société a lancé un chatbot éponyme ainsi que son modèle DeepSeek-R1 en janvier 2025.

DeepSeek-R1 fournissait des réponses comparables à celles d’autres LLM contemporains, tels que le GPT-4 et l’o1 d’OpenAI. Son coût d’entraînement aurait été inférieur à celui d’autres LLM. L’entreprise affirme avoir entraîné la version V3 pour 6 millions de dollars américains, soit moins que les 100 millions de dollars américains déclarés par OpenAI pour le GPT-4 en 2023. DeepSeek a également affirmé utiliser environ un dixième de la puissance de calcul consommée par le modèle comparable de Meta, Llama 3.1. Le succès de DeepSeek face à des rivaux plus importants et mieux établis a été qualifié de « révolution dans le domaine de l’IA ».

DeepSeek a provoqué une hécatombe à Wall Street le 27 janvier 2025 à la suite des informations selon lesquelles les performances de son modèle d'IA R1 égalent celles du modèle o1 d'OpenAI pour une fraction du prix. Et la startup chinoise n'aurait eu besoin que de 2 048 puces Nvidia H800 pour atteindre ce résultat. Cependant, la société d'analyse SemiAnalysis indique que DeepSeek a dépensé plus de 500 millions de dollars en GPU au cours de son histoire. Le rapport affirmait notamment : « DeepSeek a dépensé plus de 500 millions de dollars en GPU au cours de son histoire. Bien que leur programme d'entraînement ait été très efficace, il a nécessité une expérimentation et des tests importants pour fonctionner. » Cette information a suscité des interrogations sur la transparence de DeepSeek. Elle ne semble pas toutefois remettre en cause ses efforts.

Puis en décembre 2025, un rapport a révélé que DeepSeek aurait importé clandestinement des puces Nvidia Blackwell soumises à des restrictions par l'intermédiaire de pays tiers afin de former ses modèles d'IA de nouvelle génération, contournant ainsi les contrôles à l'exportation américains. Le rapport suggère l'existence d'un réseau de contrebande sophistiqué impliquant des centres de données étrangers et des fournisseurs tiers, ce qui soulève des questions plus larges quant à l'applicabilité des sanctions relatives aux semi-conducteurs. Nvidia a nié toute implication dans cette affaire, mais cette révélation souligne les efforts déployés par les entreprises, notamment DeepSeek, pour s'assurer des technologies vitales dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes.

Dans ce contexte, un nouveau rappport a révélé que la start-up chinoise DeepSeek développe actuellement sa propre puce d’intelligence artificielle (IA), selon trois personnes proches du dossier. Cette initiative pourrait lui permettre de réduire sa dépendance vis-à-vis des puces de Nvidia et de Huawei, sur lesquelles elle s’appuie actuellement pour entraîner et faire fonctionner ses modèles, très populaires à l’échelle mondiale. Cette puce est conçue pour l’inférence — l’étape du calcul IA au cours de laquelle un modèle entraîné génère des réponses pour les utilisateurs — plutôt que pour l’entraînement de nouveaux modèles, ont précisé ces sources.


DeepSeek développe sa propre puce d'IA conçue pour l’inférence

En cas de succès, l’entrée de DeepSeek dans le développement de semi-conducteurs marquerait un tournant stratégique majeur pour une entreprise largement saluée en Chine comme le champion national de l’IA, ce qui pourrait venir s’ajouter aux défis auxquels est confronté le géant technologique chinois Huawei. « Nvidia est à zéro en Chine et y restera. DeepSeek n’a pratiquement aucune chance de vendre des puces en dehors de la Chine à moins d’avoir accès à des capacités de fabrication de pointe », a déclaré l’analyste Richard Windsor, ajoutant que cette évolution n’affectait pas le fabricant de puces.

DeepSeek s’est fait connaître à l’échelle mondiale il y a plus d’un an après avoir lancé deux modèles d’IA hautement efficaces qui sont devenus viraux dans le monde entier, surprenant de nombreux acteurs de la Silicon Valley et de Washington. L’entreprise est connue depuis longtemps pour mettre l’accent sur les avancées en matière de modèles d’IA plutôt que sur la commercialisation de sa technologie.

Bien que les produits de Huawei restent encore largement en deçà des puces les plus avancées de Nvidia, l’interdiction américaine d’exporter ces dernières vers la Chine a permis à Huawei de conquérir environ la moitié du marché national des puces d’IA, évalué à 50 milliards de dollars, en fournissant DeepSeek et plusieurs autres acteurs majeurs du secteur. Cependant, l’emprise de Huawei sur le marché s’affaiblit déjà, alors que ses rivaux technologiques Alibaba et Baidu développent leurs propres puces d’IA et gagnent des parts de marché.

Les efforts de DeepSeek pour se lancer dans cette course en sont encore à un stade précoce : l’entreprise prend contact avec des partenaires externes et mène des discussions avec des sociétés spécialisées dans la conception de puces, la fonderie et les mémoires, ont indiqué les trois sources. Ces efforts ont débuté il y a environ un an, a précisé l’une de ces personnes. L’entreprise basée à Hangzhou a également intensifié le recrutement d’ingénieurs spécialisés dans la conception de puces ces derniers mois, mais ce recrutement s’est fait en toute discrétion, sans publication d’offres d’emploi sur les plateformes publiques, ont précisé deux de ces sources.

Avec une puce développée en interne, DeepSeek rejoindrait d’autres développeurs mondiaux d’IA cherchant à exercer un plus grand contrôle sur le matériel sous-jacent à leurs modèles et à réduire leur dépendance vis-à-vis de Nvidia. Le mois dernier, OpenAI a dévoilé Jalapeno, sa première puce d’inférence sur mesure, développée en collaboration avec Broadcom, tandis qu’Anthropic envisage de fabriquer ses propres puces d’IA.

Cette initiative permettrait à DeepSeek de réduire sa dépendance vis-à-vis de Nvidia et de Huawei

Pour DeepSeek, cette initiative revêt une dimension stratégique supplémentaire. Les contrôles à l’exportation américains interdisent aux entreprises chinoises d’acheter les puces les plus avancées de Nvidia, et Pékin fait pression sur ses champions technologiques pour qu’ils développent des alternatives nationales. Le fondateur de DeepSeek, Liang Wenfeng, a déclaré lors d’une rare interview accordée en 2024 à un média chinois que les contrôles à l’exportation des puces constituaient un défi pour l’entreprise.

En juin 2025, lors du Forum économique mondial à Tianjin, Zhu Min (ex-gouverneur adjoint de la Banque populaire de Chine et conseiller spécial auprès du directeur général du Fonds monétaire international) a prévenu que la Chine était sur le point d’annoncer plus de 100 nouveaux projets comparables à DeepSeek au cours des 18 prochains mois, signalant une vague d’innovations en intelligence artificielle (IA) d’une ampleur sans précédent. Selon lui, ces avancées pourraient transformer en profondeur la structure technologique et économique du pays, renforçant la position de la Chine sur la scène mondiale.

DeepSeek a utilisé à la fois des puces Nvidia et Huawei. L’entreprise a indiqué que le modèle de base sous-tendant R1, le modèle de raisonnement dont les performances à faible coût avaient provoqué une chute des valeurs technologiques américaines en janvier 2025, avait été entraîné sur la puce H800 de Nvidia, une puce conçue pour le marché chinois que Washington avait interdite fin 2023.

Depuis, l’entreprise s’est de plus en plus tournée vers Huawei. En avril, elle a lancé son modèle V4 adapté aux puces Ascend de Huawei, et Huawei a indiqué que ses processeurs avaient été utilisés ⁠en partie pour l’entraînement de V4-Flash, une version allégée du modèle. Les commandes de puces Ascend 950 de Huawei de la part des conglomérats technologiques chinois ont bondi après ce lancement.

Une puce d’inférence DeepSeek ciblerait le segment de la demande en calcul IA qui connaît la croissance la plus rapide. À mesure que les applications d’IA se généralisent, une part croissante du travail de calcul du secteur passe de l’entraînement des modèles à leur exécution, ce qui repose sur des puces spécialisées pouvant être moins coûteuses et moins gourmandes en énergie que les processeurs graphiques à usage général.

Cependant, rien ne garantit le succès. La conception d’une puce d’IA compétitive nécessite généralement des années de travail et des investissements considérables. La fabrication constitue un autre obstacle, car les États-Unis interdisent aux concepteurs chinois d’accéder aux fonderies étrangères les plus avancées, tandis que d’autres restrictions américaines ont limité l’accès de la Chine à la mémoire à haute bande passante, un composant essentiel aux puces d’inférence IA.

L’offensive de DeepSeek dans le domaine des puces coïncide avec la première ouverture de l’entreprise aux capitaux extérieurs. La société devait lever 7 milliards de dollars lors d’un premier tour de table la valorisant entre 52 et 59 milliards de dollars, renversant ainsi sa stratégie de longue date consistant à rejeter les investissements extérieurs.

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