Peter Thiel qualifie le pape Léon XIV d'« agent communiste chinois » en raison de sa position sur la réglementation de l'IA, et accuse le pape Léon XIV de servir les intérêts chinoisPeter Thiel a profité d’une tribune à l’Aspen Ideas Festival pour affirmer que le pape Léon XIV, premier pape né aux États-Unis, « travaille en réalité pour les communistes chinois » en appelant à une réglementation de l’IA. Selon le reportage de CNN, le raisonnement de Thiel était d’ordre mécanique plutôt que théologique : le message du pape pourrait influencer certains Américains, mais a peu de chances d’être pris en compte en Chine ; ainsi, toute restriction qu’il entraînerait ne ralentirait qu’un seul des camps de ce que Thiel a qualifié de « course entre les États-Unis et la Chine » pour faire progresser l’IA.
Le pape Léon XIV, né Robert Francis Prevost, est le chef de l'Église catholique et le souverain de la Cité du Vatican. En tant que pape, Léon s’est toujours opposé aux conflits armés et au nationalisme, tout en défendant les droits des immigrés. Il a lancé de nouvelles mises en garde concernant l’utilisation des technologies d’intelligence artificielle. Léon a réaffirmé les enseignements de ses prédécesseurs, notamment en matière sociale concernant l’environnement, le mariage et la sexualité. Il n’a cessé de présenter les enseignements du Concile Vatican II comme l’« étoile polaire » de l’Église.
En mai 2026, il a notamment dénoncé avec fermeté la « culture du pouvoir » qui alimente l’essor rapide de l'IA. Dans son encyclique Magnifica Humanitas, le souverain pontife appelle à un « désarmement » de cette technologie afin d'éviter qu'elle ne domine l'humanité ou ne normalise la guerre autonome. S'excusant pour le retard de l'Église à condamner l'esclavage, il met aussi en garde contre les nouvelles formes d'exploitation numérique. Ce texte majeur exhorte les dirigeants mondiaux et la Silicon Valley à soumettre l'innovation à des contraintes éthiques rigoureuses pour protéger la dignité humaine. Le Pape Léon estime que l'IA doit être utilisée avec discernement.
Peter Andreas Thiel est un entrepreneur, investisseur en capital-risque et militant politique conservateur germano-américain. Cofondateur de PayPal (1998), de Palantir Technologies (2003) et du Founders Fund (2005), il a également été le premier investisseur externe de Facebook (2004). Thiel a été tour à tour décrit comme un libertarien conservateur et un autoritaire sceptique à l’égard de la démocratie. Il est décrit comme « avant tout, un théologien politique opérant au cœur de la Silicon Valley », et comme « l’architecte intellectuel de l’ethos contemporain de la Silicon Valley ». Les commentateurs et les chercheurs examinent fréquemment la cohérence et la nature de ses opinions.
En septembre 2025, Peter Thiel a déclaré que la réglementation de l'IA ou de la science en général pourrait conduire à l’avènement d’un pouvoir mondial autoritaire. Il a assimilé ce pouvoir redoutable à « l’Antichrist ». Ce discours à mi-chemin entre foi et politique a été perçu comme provocateur et une nouvelle campagne contre la réglementation. Il met en garde contre les promesses de « paix et sécurité » des projets de réglementation des technologies émergentes. Selon Peter Thiel, les peurs liées à des menaces existentielles comme l’IA, la biotechnologie ou la guerre nucléaire pourraient servir de prétexte à une centralisation excessive du pouvoir par les États.
Récemment, Peter Thiel a déclaré lors d’une table ronde organisée dans le cadre de l’Aspen Ideas Festival que l’encyclique du pape Léon XIV sur la réglementation de l’IA revenait à « travailler pour les communistes chinois ». L'encyclique « Magnifica Humanitas », publiée en mai par le pape Léon XIV, déclarait que l'intelligence artificielle « devait être désarmée » et appelait à une réglementation internationale plus stricte. Thiel a participé à une table ronde non enregistrée avec Francis Fukuyama intitulée « L'humanité à la fin de l'histoire ».
Peter Thiel a profité d’une tribune à l’Aspen Ideas Festival pour affirmer que le pape Léon XIV, premier pape né aux États-Unis, « travaille en réalité pour les communistes chinois » en appelant à une réglementation de l’IA. Selon le reportage de CNN, le raisonnement de Thiel était d’ordre mécanique plutôt que théologique : le message du pape pourrait influencer certains Américains, mais a peu de chances d’être pris en compte en Chine ; ainsi, toute restriction qu’il entraînerait ne ralentirait qu’un seul des camps de ce que Thiel a qualifié de « course entre les États-Unis et la Chine » pour faire progresser l’IA. Le public aurait ri à cette remarque.
L’encyclique en question, « Magnifica Humanitas » (« Magnifique humanité »), publiée en mai, déclarait que l’intelligence artificielle « doit être désarmée », appelant à une plus grande réglementation internationale de cette technologie. C’est à peu près tout ce que le reportage vous apprend en matière de détails doctrinaux. La table ronde elle-même, intitulée « L’humanité à la fin de l’histoire », réunissait Thiel et le politologue Francis Fukuyama ; elle n’a pas été enregistrée, mais les journalistes étaient autorisés à prendre des notes.
Pourquoi cela importe-t-il au-delà de la mise en scène ? L’argument avancé par Thiel est le même que celui qui a été utilisé contre presque toutes les propositions sérieuses américaines en matière de sécurité de l’IA au cours des deux dernières années, appliqué ici à une autorité morale plutôt qu’à un projet de loi. Si « toute retenue de notre part est un handicap unilatéral » devient la réponse par défaut, même face à une encyclique papale, il devient plus difficile de mener un débat national sérieux sur la régulation sans que celui-ci ne dégénère en géopolitique.
Il faut toutefois reconnaître que les informations disponibles ne permettent pas de savoir ce que « Magnifica Humanitas » propose concrètement au-delà du terme « désarmés », si Fukuyama a répliqué sur scène, ni si les institutions catholiques prévoient une réponse officielle. Ces tensions ne datent d’ailleurs pas d’hier : en mars, Thiel a donné à Rome, à proximité du Saint-Siège, une série de conférences sur l’Antéchrist réservées aux invités, ce qui aurait déconcerté le Vatican et poussé deux universités catholiques à prendre publiquement leurs distances.
Ce qu’il est plus intéressant d’observer, ce n’est pas la déclaration en elle-même, mais ceux qui se sentent désormais obligés d’y répondre : les voix proches du Vatican, les législateurs américains sensibles aux préoccupations du pape, ou la communauté des spécialistes de la sécurité de l’IA qui vient de voir son argumentaire publiquement présenté comme une sympathie envers des adversaires étrangers.
La situation rappelle qu'en juin 2026, Erin Maus, une ingénieure informatique de Caroline du Nord, a obtenu une dérogation pour raisons religieuses lui permettant de ne pas utiliser des outils d'intelligence artificielle (IA) dans le cadre de son travail. Elle a expliqué que l'utilisation de l'IA était en contradiction avec sa foi, évoquant notamment les préoccupations liées à l'empreinte environnementale de cette technologie, à ses implications éthiques et aux risques de suppression d'emplois. Maus écrit et révise désormais son code entièrement à la main, prouvant ainsi que les méthodes de travail traditionnelles peuvent rivaliser avec la rapidité offerte par l'IA. Cette affaire met en lumière les interrogations croissantes concernant l'adoption de l'IA, les attentes sur le lieu de travail et la résistance à cette technologie.
Source : CNN
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