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Une ingénieure logiciel obtient une exemption religieuse pour ne pas utiliser l'IA au travail, invoquant l'impact environnemental de l'IA et les risques de chômage : elle écrit désormais son code à la main

Le , par Anthony

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Une ingénieure logiciel obtient une exemption religieuse pour ne pas utiliser l'IA au travail, invoquant l'impact environnemental de l'IA et les risques de chômage : elle écrit désormais son code à la main

Erin Maus, une ingénieure informatique de Caroline du Nord, a obtenu une dérogation pour raisons religieuses lui permettant de ne pas utiliser des outils d'intelligence artificielle (IA) dans le cadre de son travail. Elle a expliqué que l'utilisation de l'IA était en contradiction avec sa foi, évoquant notamment les préoccupations liées à l'empreinte environnementale de cette technologie, à ses implications éthiques et aux risques de suppression d'emplois. Maus écrit et révise désormais son code entièrement à la main, prouvant ainsi que les méthodes de travail traditionnelles peuvent rivaliser avec la rapidité offerte par l'IA. Cette affaire met en lumière les interrogations croissantes concernant l'adoption de l'IA, les attentes sur le lieu de travail et la résistance à cette technologie.

Cette affaire survient alors que l'utilisation de l'IA dans le développement logiciel est de plus en plus présentée comme une évolution inévitable de la profession. L'ancien PDG de Google, Eric Schmidt, a récemment affirmé que l'époque où les ingénieurs écrivaient du code ligne par ligne était révolue. Selon lui, les programmeurs jouent désormais le rôle de superviseurs auprès d'équipes d'« amis IA » chargés de produire le code. Schmidt a reconnu éprouver une certaine nostalgie face à la disparition de son métier tel qu'il l'a connu, tout en avertissant que les professionnels qui continuent à développer des logiciels à l'ancienne perdent leur temps.

Cette transformation rapide alimente également des préoccupations qui dépassent le cadre du secteur technologique. Peu après son élection, le pape Léon XIV a identifié l'IA comme l'un des problèmes les plus critiques auxquels l'humanité est confrontée. Lors de sa première rencontre avec les cardinaux, il a estimé que cette technologie soulevait des enjeux importants pour la défense de la dignité humaine, de la justice et du travail.

Pour de nombreux employés de bureau, l'IA est devenue un peu comme le courrier électronique. On peut ne pas l'apprécier, mais les entreprises s'attendent généralement à ce que leurs employés l'utilisent. Certaines entreprises vont même jusqu'à classer leurs employés en fonction de la fréquence à laquelle ils utilisent des outils d'IA. Imaginez donc la surprise lorsqu'une femme travaillant dans une entreprise technologique a réussi à convaincre son employeur de la laisser faire exactement le contraire : ne pas utiliser du tout l'IA. Et non, ce n'était pas parce qu'elle n'aimait pas les chatbots ou qu'elle avait du mal avec la technologie. C'était en raison de ses convictions religieuses.


Erin Maus, une ingénieure logiciel de 34 ans, originaire de Caroline du Nord, a fait valoir que l'utilisation de l'IA était en contradiction avec sa foi en tant qu'universaliste unitarienne, une conception du monde selon laquelle les progrès technologiques doivent être guidés par une vision éthique de l'humanité.

En avril 2026, elle a officiellement demandé un aménagement lui permettant d'éviter d'utiliser des outils d'IA au travail. Erin Maus a invoqué des préoccupations liées à l'impact environnemental de l'IA, notamment ses besoins en énergie, en eau et en terres, ainsi que des préoccupations d'ordre éthique concernant le remplacement des travailleurs par cette technologie. Pour étayer son dossier, elle a consulté à la fois un avocat spécialisé en droit du travail et un pasteur de sa paroisse locale.

Un mois plus tard, elle a obtenu gain de cause.

Écrire du code à l'ancienne

Grâce à cet aménagement, elle peut continuer à faire quelque chose qui devient de plus en plus rare à l'ère de l'IA : écrire et réviser elle-même son code.

« J'écris mon code et je le révise à la main, ce qui peut paraître fou », a déclaré Erin Maus à Business Insider.

Elle a ensuite souligné un point que de nombreux programmeurs pourraient trouver amusant : « Il y a seulement deux ans, comment aurait-on pu faire autrement ? »

Dans un secteur technologique de plus en plus obnubilé par les assistants IA, son mode de travail fait presque figure de retour à une époque plus simple. Et selon elle, le fait de ne pas recourir à l'IA ne l'a pas ralentie. Elle a déclaré avoir récemment mené à bien une tâche de codage à la même vitesse qu'un collègue qui avait utilisé l'IA pour un travail presque identique.

« L'IA ne semble pas vraiment changer la donne », a-t-elle déclaré. « Ce sont vos principes qui comptent. »

Un signe d'une opposition croissante à l'IA ?

Le cas d'Erin Maus survient à un moment où la résistance à l'IA se fait de plus en plus sentir. Lors de certaines cérémonies de remise des diplômes universitaires cette année, des étudiants auraient hué des orateurs qui faisaient l'éloge de l'IA. Partout aux États-Unis, des habitants se sont opposés à la construction de centres de données dédiés à l'IA pour des raisons environnementales.

Les critiques à l'égard de l'IA proviennent également de sources inattendues.

Récemment, le pape Léon XIV a mis en garde contre les risques liés à l'IA, notamment le fait qu'elle pourrait aggraver les inégalités, attiser les conflits et porter atteinte à la dignité humaine si elle était principalement motivée par le profit plutôt que par des valeurs humaines. Cet avertissement figurait dans la première encyclique du pape consacrée à l'IA, intitulée Magnifica Humanitas, qui aborde à la fois les avantages et les risques liés à des technologies telles que ChatGPT, Claude et Gemini.

Le chef de l'Église catholique a également exhorté les prêtres à préserver leur jugement et leur réflexion personnels face à l'essor de cette technologie. Lors d'un échange à huis clos avec des membres du diocèse de Rome, qui a suivi un discours consacré au renouveau du ministère sacerdotal, il a abordé des questions liées à la prière, à l'étude et à la fraternité. Un prêtre présent lors de l'échange a rapporté que le souverain pontife avait invité les membres du clergé à « utiliser davantage leur cerveau et non l'intelligence artificielle » pour rédiger leurs homélies, estimant que cette pratique tendait à se répandre.

Sources : Erin Maus, Business Insider

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de cette situation ?
Trouvez-vous l'initiative de cette ingénieure informatique crédible ou pertinente ?

Voir aussi :

Le pape Léon appelle à « désarmer l'IA » et met en garde contre les nouvelles formes d'exploitation numérique, basées sur l'exploitation des travailleurs invisibles et la collecte massive de données

Le Vatican estime que l'IA contient "l'ombre du mal" dans sa capacité à diffuser des informations erronées et appelle les gouvernements à surveiller de près le développement de l'IA

Une version IA de Jesus écoute désormais les confessions des fidèles dans une église en Suisse, le tableau relance les questionnements autour de l'automatisation du clergé par l'intelligence artificielle
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Avatar de ovh
Rédacteur https://www.developpez.com
Le 11/06/2026 à 16:24
Citation Envoyé par Psycrow Voir le message
Intense utilisateur de l'IA depuis maintenant quelques mois pour le développement Java backend et frontend, le témoignage de cette développeuse qui code à la main aussi vite et bien que l'IA me laisse rêveur ; de deux choses l'une :
  • Elle est une mutante et peut faire bouger ses doigts sur un clavier à des vitesses quantiques, 24/7, avec un taux d'attention constant et une capacité de parallélisation encore inconnue chez l'humain ;
  • Elle se compare à une IA non agentique, manuelle, non intégré à son IDE, qui requière des cliques de souris pour validation de chaque étape prise, via des modèles anciens, voir même locaux à sa machine sans GPU ; plus une touche de mauvaise foi pour faire le buzz...


Pour prendre un exemple super simple, générer une API ReST depuis un backend Java qui manipule un schema de données existant prend environs 5 min avec Kiro. Je mets ma main à couper qu'aucun humain ne peut aller plus vite, et pas de quelques minutes ni heures, mais de jours entiers. Je ne compte même pas l’écriture des tests, de la doc, de sa publication sur un web serveur, ni de son export automatique sur un page Confluence ou wiki équivalent...

L'IA aujourd'hui, malgré ses très mauvais côtés et impacts sur notre environnement, nos emplois, l'éthique, etc., surclasse déjà de très loin les meilleurs développeurs, d'un facteur de plusieurs centaines aujourd'hui et bien plus demain. Si l'on peut encore trouver des cas pour lesquels l'IA fait moins bien que l'humain, la progression vertigineuse actuelle en fera un souvenir dans un futur proche.
Certes, mais le code généré est-il propre, sécurisé et apte à tenir une charge de production ?...
Car, oui, l'IA génère du code ultra-vite, ça c'est sûr; mais la véritable question est : de quelle qualité...
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Avatar de escartefigue
Modérateur https://www.developpez.com
Le 12/06/2026 à 10:07
Citation Envoyé par Anthony Voir le message
Une ingénieure logiciel obtient une exemption religieuse pour ne pas utiliser l'IA au travail, invoquant l'impact environnemental de l'IA et les risques de chômage : elle écrit désormais son code à la main
Au travail, c'est le droit du travail et le règlement intérieur de l'établissement qui s'appliquent. Les convictions religieuses ou de toute autre nature n'ont pas voix au chapitre.
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Avatar de Psycrow
Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
Le 11/06/2026 à 13:48
Intense utilisateur de l'IA depuis maintenant quelques mois pour le développement Java backend et frontend, le témoignage de cette développeuse qui code à la main aussi vite et bien que l'IA me laisse rêveur ; de deux choses l'une :
  • Elle est une mutante et peut faire bouger ses doigts sur un clavier à des vitesses quantiques, 24/7, avec un taux d'attention constant et une capacité de parallélisation encore inconnue chez l'humain ;
  • Elle se compare à une IA non agentique, manuelle, non intégré à son IDE, qui requière des cliques de souris pour validation de chaque étape prise, via des modèles anciens, voir même locaux à sa machine sans GPU ; plus une touche de mauvaise foi pour faire le buzz...


Pour prendre un exemple super simple, générer une API ReST depuis un backend Java qui manipule un schema de données existant prend environs 5 min avec Kiro. Je mets ma main à couper qu'aucun humain ne peut aller plus vite, et pas de quelques minutes ni heures, mais de jours entiers. Je ne compte même pas l’écriture des tests, de la doc, de sa publication sur un web serveur, ni de son export automatique sur un page Confluence ou wiki équivalent...

L'IA aujourd'hui, malgré ses très mauvais côtés et impacts sur notre environnement, nos emplois, l'éthique, etc., surclasse déjà de très loin les meilleurs développeurs, d'un facteur de plusieurs centaines aujourd'hui et bien plus demain. Si l'on peut encore trouver des cas pour lesquels l'IA fait moins bien que l'humain, la progression vertigineuse actuelle en fera un souvenir dans un futur proche.
0  1 
Avatar de Psycrow
Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
Le 12/06/2026 à 16:32
Citation Envoyé par ovh Voir le message
Certes, mais le code généré est-il propre, sécurisé et apte à tenir une charge de production ?...
Car, oui, l'IA génère du code ultra-vite, ça c'est sûr; mais la véritable question est : de quelle qualité...
C'est la responsabilité du développeur à qui il ne reste plus qu'à faire une revue de code avant de merger les changements proposés par l'IA, ou bien de faire une itération de plus si le code généré ne convient pas.
Mais de mon expérience jusqu'ici, le code pondu par l'IA est déjà de bien meilleure qualité que celui de l'ingé moyen. Il est aussi de la responsabilité des mainteneurs de repos de code de fournir des guides et directives à l'IA sous forme de fichiers markdown pour lui donner un contexte par défaut dont tous les utilisateurs profitent, e.g.:
Code : Sélectionner tout
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# MyGreatProject - Development Guidelines

## Core Principles
- **KISS**: Keep it simple. Prioritize readability.
- **SCP**: Single Concern Principle. One responsibility per component.
- **DRY**: Don't Repeat Yourself. Use existing abstractions.
- **No AI Spaghetti**: Avoid local patches; maintain architectural integrity.
- **Planning**: For complex tasks, start with a plan to survive context clearing and maintain it.
- **Sub Agents**: Use sub agents whenever possible to parallelize work and improve efficiency.
- **Gradle --no-daemon**: Always use `--no-daemon` when running Gradle commands, otherwise it blocks.
- ...
L'IA n'est pas une baguette magique mais un outil qui s'apprend et se configure, comme tous les autres, c'est pas un hasard s'il permet d'accélérer les équipe d'un facteur 10x, 100x et bientôt plus. Si tu files la bagnole la plus rapide du monde à un manche, il finira dans le mur encore plus vite que l'expert en trottinette et il viendra dire que c'est la faute de la bagnole...

Je ne défends pas l'utilisation de l'IA pour le plaisir, beaucoup de développeurs (dont je fais partie) n'écrivent déjà plus de code, le métier tel qu'on le connaît n'existe plus et je reconnais que ça pique très fort. Les personnes comme cette développeuse sont dans le déni, ça fait mal à voir ; le plus tôt tu t'appropries l'outil, le mieux tu évites de perdre ton job au profit de ceux qui le maîtrisent déjà.
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 10/06/2026 à 3:12
On rappelle que l'essor de l'informatique en entreprise dans les années 70-80 s'est accompagnée d'une destruction d'emplois massive. Personne ne se soucie de savoir ce que sont devenues les sténo-dactylos et autres métiers routiniers ou purement administratifs.

Je trouve donc ça cocasse que les développeurs n'apprécient pas le goût de leur propre médecine.
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