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Les valeurs technologiques liées à l'IA ont chuté pour la deuxième journée consécutive, les investisseurs s'inquiétant davantage du coût colossal du développement de l'IA et du retour sur investissement

Le , par Anthony

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Les valeurs technologiques liées à l'intelligence artificielle (IA) ont chuté pour la deuxième journée consécutive le vendredi 30 octobre 2026, les investisseurs s'interrogeant sur la rentabilité future des centaines de milliards de dollars investis dans cette technologie. Le S&P 500 a reculé de 2,3 %, l'indice composite Nasdaq de 3,5 %, et Intel a plongé de 30,7 %, frôlant sa pire journée depuis sa création en 1972. Le cours de l'action Nvidia, le fabricant de puces devenu le symbole de l’engouement pour l’IA, a quant à lui reculé de 4,9 %. Cette chute serait le principal facteur à l’origine de la baisse du S&P 500, plus encore qu’Intel. La veille, Alphabet avait chuté de plus de 12 %, enregistrant la pire journée de son histoire, après avoir dépensé davantage de liquidités au cours de l'été qu'au printemps. Amazon a reculé de 1,9 %, après avoir consacré 94,8 milliards de dollars en immobilisations corporelles, principalement via des investissements dans les technologies d’IA. Le secteur de l’IA est entré dans une phase où il doit « faire ses preuves », explique Joe Tigay, gestionnaire de portefeuille chez Equity Armor Investments.

Ces inquiétudes des investisseurs font écho aux avertissements lancés par le FMI qui a récemment mis en garde contre un krach boursier lié à la bulle de l'IA. Selon l'institution financière, l’endettement massif des géants de la technologie pour financer leurs centres de données dédiés à l’IA fait peser de graves risques sur l’économie mondiale. Elle souligne que si les hyperscalers dégagent certes de gros bénéfices, leurs flux de trésorerie disponibles fondent rapidement, alors que leur dette cumulée dépasse 1 300 milliards de dollars et que leurs engagements hors bilan avoisinent 3 000 milliards.

Le vendredi 30 octobre 2026, sur fond d'inquiétudes quant à l'engouement de Wall Street pour les technologies d'IA qui aurait poussé les cours à des niveaux trop élevés, la chute des valeurs technologiques s'est accentuée.

Le S&P 500 a chuté de 2,3 % et s'apprêtait à connaître sa pire journée depuis juin, ainsi qu'une troisième semaine consécutive de baisse. La faiblesse des valeurs technologiques a entraîné l'indice Nasdaq Composite vers le bas, avec une baisse de 3,5 % à 15 h 05, heure de l'Est, tandis que le Dow Jones Industrial Average reculait de 723 points, soit 1,4 %.


Le marché boursier américain ne se situe plus qu'à 3,4 % de son plus haut historique, ce qui a fait grimper la valeur des comptes 401(k) des salariés, mais il s'est montré de plus en plus instable à quelques jours seulement des élections de mi-mandat qui se tiendront le mardi 3 novembre aux États-Unis. Les inquiétudes concernant l'IA en général sont déjà devenues une préoccupation bipartisane pour les électeurs, et le président Donald Trump a toujours utilisé la performance du marché boursier comme un indicateur de sa propre réussite.

L'action Intel a entraîné le marché à la baisse et s'apprête à connaître sa pire journée depuis sa création en 1972, après avoir chuté de 30,7 %. Le fabricant de puces a publié des prévisions de bénéfices pour les trois derniers mois de l'année inférieures aux attentes des analystes, le PDG Lip-Bu Tan ayant déclaré que le secteur des ordinateurs personnels continuait de subir des pressions. Cette chute est survenue alors même qu'Intel avait annoncé pour le dernier trimestre un bénéfice supérieur aux prévisions des analystes.

Amazon a chuté de 1,9 % après avoir annoncé un bénéfice estival inférieur aux prévisions des analystes. Ce qui a peut-être davantage inquiété les investisseurs, c’est l’annonce par Amazon d’une consommation de 42,4 milliards de dollars de trésorerie au cours des 12 derniers mois, selon un indicateur appelé « flux de trésorerie disponible ». L’entreprise a dépensé 94,8 milliards de dollars en immobilisations corporelles, principalement via des investissements dans les technologies d’IA.

La veille, l’action d’Alphabet avait chuté de plus de 12 %, enregistrant sa pire journée de son histoire, et entraîné le S&P 500 à la baisse après avoir annoncé aux investisseurs qu’elle avait dépensé davantage de liquidités au cours de l’été qu’au printemps. La société à l’origine de Google et de YouTube a invoqué des investissements colossaux similaires dans l’IA.

Les inquiétudes grandissent quant à savoir si ces centaines de milliards de dollars généreront suffisamment de bénéfices et de productivité pour que l’investissement en vaille la peine. Parallèlement, les actions des fabricants de puces informatiques et d’autres entreprises bénéficiaires de la frénésie autour de la construction de centres de données IA sont sous pression, les investisseurs craignant que les taux d’intérêt élevés ne ralentissent la poursuite du déploiement de ces centres.

« Nous passons de la phase des espoirs et des rêves liée au secteur de l’IA à celle où il faut "faire ses preuves" », a déclaré Joe Tigay, gestionnaire de portefeuille chez Equity Armor Investments, dans une note adressée aux investisseurs.

La chute de 4,9 % du cours de l’action de Nvidia, le fabricant de puces devenu le symbole de l’engouement pour l’IA, a été le principal facteur à l’origine de la baisse du S&P 500, plus encore qu’Intel.

Dans le secteur des cryptomonnaies, par ailleurs, les cours ont chuté à la suite d’un piratage de la plus grande plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde. Le cours du bitcoin est passé sous la barre des 77 000 dollars, alors qu’il dépassait les 86 000 dollars au début du mois d'octobre, et une société américaine spécialisée dans l’analyse des blockchains a déclaré qu’une entité nord-coréenne était probablement à l’origine de l’attaque qui a entraîné la perte de plus de 6 milliards de dollars de cryptomonnaies sur Binance.

Coinbase Global a chuté de 13,6 % bien qu’elle ait publié des résultats trimestriels supérieurs aux prévisions des analystes. Strategy, qui affirme détenir environ 4 % de l’offre totale de bitcoins, a reculé de 8,3 %. La société a également annoncé un bénéfice trimestriel supérieur aux prévisions des analystes, tout en indiquant que son directeur financier démissionnerait la semaine de début novembre pour des raisons personnelles.

En dehors du secteur technologique, les actions se sont montrées plus résistantes, beaucoup d'entre elles ayant rebondi après avoir annoncé des bénéfices estivaux supérieurs aux prévisions des analystes. Au sein de l'indice S&P 500, le nombre de titres en hausse a été presque égal à celui des titres en baisse.

ExxonMobil a progressé de 1,8 % et Chevron de 1,7 % après que ces deux géants pétroliers ont annoncé des bénéfices estivaux supérieurs aux prévisions des analystes.

Mondelez International a progressé de 4 % après que la société à l'origine des biscuits Oreo et des crackers Ritz a annoncé une croissance supérieure aux prévisions.

Colgate-Palmolive a grimpé de 2,9 % après que la hausse des prix de ses produits dans une grande partie du monde lui a permis d'enregistrer un chiffre d'affaires et un bénéfice supérieurs aux prévisions des analystes.

Les attentes sont élevées quant à la capacité des entreprises américaines à dégager des bénéfices plus importants, même si, partout dans le monde, les gens se sentent découragés par la forte inflation et les prix élevés du carburant. Ce sont ces attentes qui ont propulsé l’indice S&P 500 à son plus haut niveau historique au début du mois.

Sur le marché obligataire, les taux des bons du Trésor ont baissé, signe que les investisseurs achetaient des obligations d’État américaines à la recherche d’un placement plus sûr. Le taux des bons du Trésor à 10 ans est tombé à 4,93 %, contre 4,98 % le jeudi 29 octobre au soir et plus de 5,30 % au début du mois d'octobre.

Les rendements des bons du Trésor ont baissé alors même que les cours du pétrole ont rebondi, un phénomène qui fait généralement grimper les rendements car il aggrave l’inflation. Le prix du baril de Brent a augmenté de 2,4 % pour s’établir à 113,43 dollars. Il se situe près du haut de sa fourchette depuis que la guerre avec l’Iran a fait grimper les cours du pétrole et l’inflation.

Sur les marchés boursiers étrangers, les indices ont affiché des résultats mitigés en Europe, après des fluctuations plus marquées en Asie.

Le Kospi sud-coréen a chuté de 3,5 %, les inquiétudes liées à l’IA ayant pesé sur ce marché à forte composante technologique, tandis que l’indice Hang Seng de Hong Kong a progressé de 1,5 %.

Au Japon, le Nikkei 225 a reculé de 2,1 % après que la Banque du Japon a décidé de maintenir ses taux d'intérêt inchangés, emboîtant le pas aux décisions prises plus tôt dans la semaine de fin octobre par la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne.

En Chine, la bulle de l'IA a déjà éclaté. Sur fond d'inquiétudes concernant la demande en IA et de restrictions pesant sur les exportations chinoises, l’indice STAR50, qui regroupe les leaders de l’IA et des semi-conducteurs du continent, a perdu 40 % en moins de quatre mois, soit environ 480 milliards de dollars de capitalisation boursière. Pour un gestionnaire de fonds basé à Pékin, cet effondrement est le résultat d'une course spéculative effrénée, un signal de mauvais augure pour les marchés mondiaux.

Reste à savoir si ces secousses annoncent un krach d’ampleur historique. Selon un analyste de MacroStrategy Partnership, la bulle de l’IA serait 17 fois plus importante que celle d’Internet au début des années 2000 et quatre fois plus grande que celle des subprimes. D'autres y voient pourtant une transformation plutôt qu’une bulle, ce qui pose la question de fond : la révolution de l’IA repose-t-elle sur des bases solides ou sur un mirage financier alimenté par la peur de « rater le train » ?

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Selon vous, cette tendance à la baisse est-elle appelée à se poursuivre au cours des prochains mois ?

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