Ben Affleck n'adhère pas à la panique suscitée par l'IA à Hollywood, l'acteur-réalisateur affirmant qu'elle ne remplacera pas de sitôt les scénaristes humains, car l'écriture de l'IA est « vraiment m*rdique »Ben Affleck a rejetté les craintes suscitées par l'intelligence artificielle (IA) à Hollywood, qualifiant l'écriture actuelle basée sur l'IA de « merdique » et peu susceptible de produire des scénarios significatifs. Il considère l'IA comme un outil de production, à l'instar des effets visuels réalistes, plutôt que comme un substitut aux scénaristes humains. L'acteur et réalisateur estime par ailleurs que l'IA ne peut reproduire le véritable art, soulignant le rôle essentiel de la créativité et du jugement humains dans la réalisation cinématographique.
Cette prise de position s'inscrit dans un contexte d'inquiétudes déjà exprimées au sein de l'industrie audiovisuelle face à l'usage croissant de l'IA. Ces dernières années, plusieurs figurants ont dénoncé le recours de studios hollywoodiens à des scans corporels pour créer leurs répliques numériques. Selon des témoignages relayés par NPR, des groupes comme Disney auraient demandé à des figurants de se soumettre à ces procédés sans préciser les conditions d'exploitation de ces avatars numériques. Les figurants, souvent rémunérés à la journée et dépourvus de droits d'auteur ou de royalties, craignent d'être remplacés par l'IA et que ces répliques numériques soient réutilisées dans d'autres productions sans leur consentement ni contrepartie financière.
Benjamin Géza Affleck est un acteur et réalisateur américain. Il a remporté deux Oscars, deux BAFTA Awards et trois Golden Globes. Affleck a commencé sa carrière dès son enfance en jouant dans la série éducative The Voyage of the Mimi (1984-1988) diffusée sur PBS. Il est révélé en 1997 par Will Hunting, un succès critique et commercial qu'il a coécrit avec son ami Matt Damon, et où ils remportent l'Oscar du meilleur scénario original.
Ben Affleck n'adhère pas à la panique suscitée par l'IA à Hollywood. L'acteur et réalisateur a déclaré à Joe Rogan que si l'intelligence artificielle peut changer la réalisation cinématographique, elle ne remplacera pas les scénaristes humains de sitôt, principalement parce que l'écriture actuelle de l'IA est, selon ses propres termes, « vraiment merdique ».
Lors de son passage dans l'émission The Joe Rogan Experience avec Matt Damon, Ben Affleck a écarté les craintes selon lesquelles des outils tels que ChatGPT, Claude ou Gemini pourraient créer des scénarios significatifs. « De par sa nature, elle tend vers la moyenne », a-t-il expliqué. La technologie pourrait aider les scénaristes à trouver des idées pour leur intrigue ou à surmonter leurs blocages créatifs, mais est-elle capable de générer quelque chose de vraiment captivant ? « Je ne pense pas qu'elle soit capable d'écrire quoi que ce soit de significatif. »
Ben Affleck considère l'IA comme un outil, pas comme un substitut
Ben Affleck considère que l'IA est au service des cinéastes plutôt que de les supplanter. Cette technologie pourrait prendre en charge les aspects coûteux et exigeants en main-d'œuvre de la production, comme les effets visuels réalistes qui éliminent la nécessité de tourner réellement au pôle Nord. « Nous pouvons tourner la scène ici, vêtus de nos parkas, mais la rendre très réaliste, comme si nous étions au pôle Nord », a-t-il fait remarquer dans le podcast. Cela permet d'économiser du temps et de l'argent tout en laissant les équipes se concentrer sur leur travail.
Le réalisateur de Live by Night s'est également insurgé contre le battage médiatique de la Silicon Valley. Il a suggéré que les entreprises exagèrent le potentiel révolutionnaire de l'IA pour justifier des investissements massifs dans les centres de données, alors qu'en réalité, cette technologie a atteint un plateau. Il a souligné que ChatGPT-5 n'est que 25 % plus performant que GPT-4, tout en coûtant quatre fois plus cher en électricité et en données.
La créativité humaine reste essentielle pour Hollywood
Ben Affleck a établi une distinction claire entre l'artisanat et l'art. « L'IA peut vous écrire d'excellents vers imitatifs qui ressemblent à ceux de l'époque élisabéthaine. Elle ne peut pas vous écrire Shakespeare », a-t-il déclaré lors du sommet Delivering Alpha de CNBC l'année dernière. Les grands modèles de langage croisent les œuvres existantes, mais ne créent rien de nouveau. « L'artisan sait comment travailler. L'art, c'est savoir quand s'arrêter », a-t-il déclaré.
Si les syndicats et les guildes devront protéger l'image des acteurs et établir des lignes directrices, Ben Affleck estime que les lois existantes couvrent déjà la plupart des préoccupations. L'acteur soutient que l'IA s'appuiera fondamentalement sur le jugement artistique humain, d'autant plus que le public apprécie de plus en plus les contenus authentiques, créés par des humains, plutôt que les alternatives générées par des algorithmes.
Si Ben Affleck relativise la menace que l'IA fait peser sur les scénaristes, Hollywood utilise déjà l'IA générative, souvent sans que le public n'en soit informé. Des studios et des sociétés d'effets visuels s'appuient sur ces technologies pour rationaliser la production, générer des éléments visuels ou assister certaines phases créatives, tout en maintenant une communication volontairement opaque sur ces pratiques. Cette adoption silencieuse s'explique à la fois par la crainte de réactions négatives du public et par les zones grises juridiques entourant l'utilisation de contenus générés par l'IA.
Des figures influentes de l’industrie expriment toutefois une opposition plus frontale. James Cameron, réalisateur de la franchise Avatar, s’est récemment montré très sceptique quant à l’usage de l’IA générative pour créer des « acteurs » ou des performances de synthèse. Dans une interview, il a qualifié cette perspective d’« horrible », estimant que l’IA ne peut pas produire quelque chose de véritablement inédit ou porteur de sens artistique.
James Cameron a insisté sur la dimension humaine du jeu d’acteur et du processus créatif, qu’il juge irréductible à une simple génération algorithmique à partir de prompts textuels. Selon lui, confier ces rôles à une machine reviendrait à nier ce qui constitue le cœur même du cinéma : la collaboration entre créateurs et interprètes, et l’imprévisibilité qui en découle.
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Trouvez-vous la position de Ben Affleck crédible ou pertinente ?
Selon vous, l'IA constitue-t-elle une menace pour la créativité humaine ou un catalyseur de nouvelles formes artistiques ?Voir aussi :
Disney a abandonné ses projets d'utilisation de l'IA pour deux films : un deepfake de Dwayne Johnson dans le film live-action « Moana » et un personnage généré par l'IA dans « Tron : Ares »
Les studios hollywoodiens envisagent de recycler les images de synthèse d'acteurs décédés sans l'autorisation de leur famille et ravivent le débat sur l'impact de l'IA dans le domaine du cinéma
James Cameron : l'IA pourrait réduire de moitié les coûts des effets visuels et sauver les films à gros budget, le réalisateur d'Avatar semble optimiste quant au rôle de l'IA dans la production de films
Vous avez lu gratuitement 2 230 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.