Michael Burry a vivement critiqué les informations selon lesquelles Nvidia s’apprêterait à mettre en place une garantie de 250 milliards de dollars pour le gigantesque projet de centre de données d’OpenAI dans l’Ohio. Les critiques de Burry font écho à ce que les analystes dénoncent depuis longtemps concernant les méga-transactions dans le domaine de l’IA : des montages financiers circulaires qui exposent les investisseurs à un risque énorme en cas de revirement de tendance ou de ralentissement de la croissance. Son avertissement suggère que, alors que la demande en IA est en plein essor, la dépendance du secteur à l’égard de garanties complexes et de mégaprojets financés par l’endettement pourrait devenir sa plus grande vulnérabilité.Michael James Burry est un investisseur américain, gestionnaire de fonds spéculatifs et médecin diplômé. Il a fondé le fonds spéculatif Scion Capital, qui a ensuite pris le nom de Scion Asset Management. En novembre 2025, Burry a annoncé la fermeture de Scion Asset Management ; il a ensuite lancé, le 23 novembre, la lettre d'information Cassandra Unchained sur Substack. Il est surtout connu pour avoir été l’un des premiers investisseurs à anticiper la crise des subprimes — qui a contribué à la crise financière de 2008 — et à en tirer profit ; son parcours a par la suite été mis en scène dans le film The Big Short, sorti en 2015.
En novembre 2025, le célèbre investisseur américain s’est attaqué à ce qu’il considère comme la plus grande exubérance spéculative de notre époque : l’intelligence artificielle (IA). Il a misé 1,1 milliard de dollars sur la chute des actions du fabricant de puces Nvidia et de la société de logiciels Palantir, convaincu que la bulle de l’IA est sur le point d’éclater. Sa prédiction a suscité des inquiétudes quant à une possible bulle spéculative dans le domaine de l'IA, après que la valeur du secteur ait bondi cette année, les entreprises ayant investi massivement dans l'espoir de réaliser d'énormes profits à l'avenir.
Puis en janvier 2026, Michael Burry a parié contre Oracle. L'investisseur a révélé ses positions baissières à l'encontre de la société fondée par Larry Ellison après sa récente expansion dans le domaine des infrastructures d'intelligence artificielle (IA). Burry a révélé qu'il détenait des options de vente sur les actions Oracle et qu'il avait directement vendu à découvert ces actions au cours des six derniers mois.
Récemment, Michael Burry a vivement critiqué les informations selon lesquelles Nvidia s’apprêterait à mettre en place une garantie de 250 milliards de dollars pour le gigantesque projet de centre de données d’OpenAI dans l’Ohio. Selon un article du Wall Street Journal, ces garanties aideraient OpenAI à louer un site de 10 gigawatts développé par SB Energy (filiale de SoftBank), dont le coût total pourrait dépasser les 500 milliards de dollars.
Michael Burry n'apprécie pas les informations selon lesquelles Nvidia aurait investi 250 milliards $ dans OpenAI
Les critiques de Burry font écho à ce que les analystes dénoncent depuis longtemps concernant les méga-transactions dans le domaine de l’IA : des montages financiers circulaires qui exposent les investisseurs à un risque énorme en cas de revirement de tendance ou de ralentissement de la croissance. Nvidia, dont la valorisation s’élève déjà à 5 000 milliards de dollars, a investi 30 milliards de dollars dans OpenAI et envisage désormais de financer des achats de puces pour un montant supplémentaire de 350 milliards de dollars. Les détracteurs affirment que de telles structures pourraient rendre le secteur vulnérable, d’autant plus qu’OpenAI n’est toujours pas rentable et ne dispose pas d’une notation de crédit « investment grade ».
Le projet de l’Ohio bénéficie du soutien de terres fédérales américaines et d’investissements japonais dans le cadre d’un accord commercial, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick étant impliqué dans la répartition de l’électricité. Le Japon s’est engagé à verser 33 milliards de dollars pour la centrale au gaz naturel alimentant le site, tandis que le gouvernement américain réclamera à terme 90 % des recettes une fois que le Japon aura récupéré sa part. Situé sur un site d’enrichissement d’uranium désaffecté, le projet devrait fournir ses premiers 800 mégawatts d’électricité d’ici 2028.
Les critiques de Michael Burry soulignent le malaise croissant quant à la viabilité des structures de financement de l’IA, qui dépassent les 100 milliards de dollars. Son avertissement suggère que, alors que la demande en IA est en plein essor, la dépendance du secteur à l’égard de garanties complexes et de mégaprojets financés par l’endettement pourrait devenir sa plus grande vulnérabilité.
En novembre 2025, la panique d'une bulle spéculative autour de l'IA a commencé à s'installer dans le rang des gestionnaires de fonds. Ils jugent que les entreprises dépensent trop rapidement et massivement dans l’IA, notamment dans les infrastructures coûteuses comme les centres de données et les puces spécialisées. Et 20 % des gestionnaires de fonds interrogés par Bank of America sont de cet avis. C'est la première fois que cette opinion est majoritaire depuis 2005. Certains investisseurs se disent déjà prêts à vendre à découvert leurs parts dans les startups telles que Perplexity AI et OpenAI pour profiter du krach de la bulle de l'IA.
Michael Burry a réfuté les affirmations selon lesquelles les entreprises de logiciels seraient « mortes »
Le 29 mai, Burry a publié un rapport d’analyse sur le secteur des logiciels, qu’il a rendu accessible gratuitement le 21 juin. Il y identifie les entreprises qui, selon lui, sont les mieux positionnées pour l’ère de l’IA et celles qui sont exposées à des risques de disruption plus importants. Burry a réfuté les affirmations selon lesquelles les entreprises de logiciels seraient « mortes », arguant que les grands modèles de langage (LLM) ne peuvent pas remplacer la créativité humaine. « Les LLM, quelle que soit leur avancée en tant que tels, ne surpasseront jamais l’instinct créatif d’un être humain talentueux », a-t-il écrit.
Il a également cité Adobe comme une entreprise injustement sous-évaluée par les investisseurs, soulignant son offre croissante en matière d’IA, notamment Firefly, Firefly Foundry et Acrobat AI, ainsi que sa présence dans divers écosystèmes, notamment OpenAI, Anthropic, Google et Microsoft. Parallèlement, Autodesk a été mise en avant comme étant bien positionnée, compte tenu de son rôle dans des secteurs où l’expertise, la responsabilité et les exigences réglementaires restent des domaines clés dans lesquels les outils d’IA ne peuvent pas facilement se substituer à la supervision humaine.
Sa prise de position rappelle une analyse d'octobre 2025 qui avait révélé comment les acteurs de l'IA recyclent leurs milliards entre eux. De Nvidia à OpenAI, quelques géants technologiques financent mutuellement leur croissance dans un cycle qui pourrait soit soutenir la bulle de l'IA, soit le faire éclater. L’argent tourne en boucle à l'aide d'un réseau critique d'accords circulaires : les fabricants de puces, tels que Nvidia, gagnent d’abord de l’argent en vendant leur matériel, puis réinvestissent une partie de leurs revenus dans les entreprises comme OpenAI qui construisent ou exploitent les infrastructures d’IA. Ces entreprises, à leur tour, achètent à nouveau des puces aux fabricants initiaux, créant une dynamique circulaire où chaque acteur profite du cycle qu’il alimente lui-même.
Source : WSJ
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