Anthropic a franchi une étape majeure en vue de son introduction en bourse, que les analystes considèrent comme l'une des plus importantes de l'histoire. Anthropic a déposé auprès des autorités de régulation les documents définitifs en vue d'une introduction en bourse sous le symbole boursier ANT, qui, selon certaines sources, pourrait valoriser l'entreprise entre 1 500 milliards et 2 000 milliards de dollars. Le prospectus d'introduction en bourse d'Anthropic ne précise pas le nombre d'actions que l'entreprise proposera ni la fourchette de prix. L'entreprise a indiqué que son chiffre d'affaires au premier semestre avait bondi de 1 300 % pour atteindre 16,3 milliards de dollars. Cette introduction en bourse, qui pourrait avoir lieu dès novembre, sera l'une des plus attendues depuis des années.En ce mois d'octobre 2026, un cabinet de recherche financière indépendant de Wall Street, baptisé « New Constructs », qualifiait la prochaine introduction en bourse du géant de l’intelligence artificielle (IA) Anthropic d’« introduction en bourse la plus ridicule de 2026 ». Anthropic visait alors une valorisation de 2 000 milliards de dollars le jour de son entrée en bourse à Wall Street. New Constructs l’évaluait toutefois à seulement 150 milliards de dollars, soit 92 % de moins que l’objectif d’Anthropic. « Nous ne pensons pas qu’Anthropic dispose d’un modèle économique viable », écrivait New Constructs dans sa note. Selon New Constructs, Anthropic devait enregistrer un bénéfice sur l’année écoulée deux fois supérieur à celui de Nvidia.
En septembre 2026, Anthropic prévoyait déjà d’avertir les investisseurs potentiels lors de son introduction en bourse que l’IA avancée pourrait présenter des « risques catastrophiques ou existentiels pour l’humanité », un avertissement extraordinaire de la part d’une entreprise cherchant à tirer profit de cette même technologie. L’entreprise, qui se positionnait comme un laboratoire d’IA privilégiant la sécurité, avait consacré environ 80 pages du corps principal de 261 pages de son prospectus à la présentation des facteurs de risque, soit près du double des 48 pages consacrées à la description de son activité. Anthropic visait cette valorisation de 2 000 milliards de dollars bien qu'elle faisait état de pertes croissantes, de coûts d'investissement élevés et de problèmes de sécurité.
Récemment, la start-up spécialisée dans l’IA Anthropic, créatrice des modèles d’IA « Claude » extrêmement populaires, a franchi une étape majeure en vue de son introduction en bourse, que les analystes considèrent comme l’une des plus importantes de l’histoire. Anthropic a déposé en début de semaine auprès des autorités de régulation les documents définitifs en vue d’une introduction en bourse sous le symbole boursier ANT, qui, selon certaines sources, pourrait valoriser l’entreprise entre 1 500 milliards et 2 000 milliards de dollars.
Cela la placerait au même niveau que SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk spécialisée dans les fusées et l’IA, qui était valorisée à environ 1 800 milliards de dollars lors de son introduction en bourse en juin. Le prospectus d’introduction en bourse d’Anthropic ne précise pas le nombre d’actions que l’entreprise proposera ni la fourchette de prix.
Le dépôt auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) d’une version publique de la déclaration d’enregistrement, appelée « Formulaire S-1 », marque une étape majeure dans l’ascension fulgurante d’Anthropic. L’entreprise a été fondée il y a tout juste cinq ans par un groupe de chercheurs ayant quitté OpenAI, sous la houlette de Dario Amodei, qui craignaient que cette société, dirigée par Sam Altman, ne soit pas sur la bonne voie pour développer l’IA en toute sécurité.
Anthropic est depuis devenu un géant, et le principal concurrent d’OpenAI, avec certains des modèles d’IA les plus utilisés du marché. Mais l’entreprise a fait l’objet de polémiques, notamment un conflit avec le Pentagone concernant l’utilisation de ses modèles, ainsi que des interrogations sur les avertissements alarmistes d’Amodei concernant les risques liés à l’IA. Le prospectus soulignait néanmoins l’optimisme d’Anthropic quant à cette technologie. « Nous pensons que cette abondance d’IA va rapidement transformer tous les secteurs de l’économie mondiale, avec un impact supérieur à celui de l’industrialisation, de l’électricité, des semi-conducteurs et d’Internet », y était-il indiqué.
Dans son prospectus, Anthropic a mis en avant une croissance vertigineuse — tant au niveau du chiffre d’affaires que du résultat d’exploitation et des pertes. L’entreprise a indiqué que son chiffre d’affaires au premier semestre avait bondi de 1 300 % pour atteindre 16,3 milliards de dollars, tandis que son résultat d’exploitation ajusté — un indicateur de rentabilité potentielle — s’élevait à 1,6 milliard de dollars sur cette période, contre une perte de 1,8 milliard de dollars l’année précédente.
Anthropic n’a toujours pas réalisé de bénéfice annuel et a déclaré avoir enregistré une perte de près de 81 milliards de dollars entre janvier et juin, contre 13 milliards de dollars au cours du même semestre l’année dernière. Dans un communiqué, Raj Joshi, vice-président senior du groupe de finance d’entreprise de l’agence de notation Moody’s, a qualifié le passage du résultat d’exploitation ajusté d’Anthropic du négatif au positif de « signal très positif pour l’écosystème de l’IA ». Les indices boursiers américains étaient en hausse après l’annonce faite par Anthropic.
Les valeurs liées à l’IA ont été impactées par la volatilité
Cette annonce intervient à un moment où le marché boursier des entreprises liées à l’IA est marqué par la volatilité, les investisseurs oscillant entre l’exubérance face aux effets positifs que l’IA pourrait avoir sur l’économie et les inquiétudes concernant la sécurité et le tsunami d’investissements dans cette technologie. Cette introduction en bourse, qui pourrait avoir lieu dès novembre, sera l’une des plus attendues depuis des années. OpenAI, l’éditeur de ChatGPT, prévoit également une introduction en bourse, mais ces projets sont temporairement suspendus, Sam Altman ayant jugé « peu judicieux » de procéder à une cotation cette année, compte tenu des vives inquiétudes concernant la sécurité de l’IA.
« Entrer en bourse présente de nombreux avantages. Cela permet de lever des capitaux pour financer la croissance. Cela facilite la levée de capitaux supplémentaires auprès d’autres sources. Et cela permet à vos investisseurs existants de réaliser leurs plus-values », a déclaré Jim Angel, professeur associé et spécialiste des marchés à l’université de Georgetown. Mais, a-t-il ajouté, « on craint que nous ne soyons dans une bulle de l’IA. Nous évoluons dans un secteur pour le moins très dynamique, et nous pouvons nous attendre à une forte volatilité des marchés ». Néanmoins, a estimé Angel, il est logique pour Anthropic de « battre le fer tant qu’il est chaud » et d’introduire ses actions en bourse dès maintenant afin d’obtenir la valorisation la plus élevée possible.
Par ailleurs, le géant de l'IA Anthropic a enregistré une perte nette colossale de 80,7 milliards de dollars au premier semestre 2026 — principalement due à des charges comptables —, tout en avertissant que l'opposition croissante aux centres de données pourrait menacer ses activités. La société, qui se prépare à une introduction en bourse spectaculaire pouvant la valoriser jusqu'à 2 000 milliards de dollars, a fait part de ses inquiétudes face au mouvement grandissant des électeurs opposés aux centres de données et à l'IA. La résistance aux centres de données est « devenue plus organisée et mieux coordonnée d'une juridiction à l'autre », a déclaré Anthropic. La société doit faire face à plus de 600 milliards de dollars de coûts futurs liés au cloud computing et à la location de puces.
Un rapport publié récemment met en garde contre le fait que le boom des investissements dans l'IA constitue une bulle financière « sur le point d'éclater » et qui risque de nuire aux Américains de la classe ouvrière si les législateurs ne prennent pas de mesures concrètes pour les protéger. Ce rapport, rédigé par l'Open Markets Institute et l'Americans for Financial Reform Education Fund, souligne que les géants de la tech recourent à des méthodes de financement de plus en plus risquées, fondées sur l'endettement, ce qui a conduit à une surévaluation des marchés boursiers mondiaux à un « niveau historique ». Le rapport met en avant le rôle joué par les « accords de financement circulaire », dans le cadre desquels une entreprise s'engage à financer le projet d'IA d'une autre entreprise et, en échange, l'entreprise bénéficiaire achète les produits de l'entreprise investisseuse. Le rapport exhorte les législateurs à éviter de reproduire les mêmes erreurs que celles commises lors du renflouement des institutions financières après la crise de 2008.
Sources : Anthropic ; Securities and Exchange Commission
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